Une glissade jugée trop dangereuse

Marie-Ève Ménard et son père, Gérard Ménard, propriétaire... (PHOTO: OLIVIER GAMELIN)

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Marie-Ève Ménard et son père, Gérard Ménard, propriétaire du Parc de la Péninsule à Sainte-Geneviève-de-Batiscan. À l'arrière, la fameuse glissade qui cause des blessés et... des maux de tête à l'administration du camping.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Sainte-Geneviève-de-Batiscan) «Les glissades, c'est ce qui nous cause le plus de maux de tête», lance d'emblée le propriétaire du Parc de la Péninsule. Après avoir engagés deux millions $ dans la construction d'un parc aquatique, Bernard Ménard espère que les «imprévus» dont il fait les frais depuis l'ouverture de sa nouvelle attraction se règlent rapidement. Des «imprévus» dans le délai de construction des installations, certes, mais surtout des «ajustements» rendus obligatoires après que certaines personnes s'y soient blessées.

Deux millions $, c'est ce qu'ont coûté les jeux aquatiques du camping situé à Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Au total, sept glissades d'eau, dont une de 65 pieds de hauteur, devaient être ouvertes au public dès le début du mois de juin. Au pied des glissades, un lac artificiel, une plage, des chaises longues. Autant d'activités qui, souhaite-t-on, permettront d'attirer davantage de visiteurs, sans compter la quinzaine d'emplois supplémentaires générés.

Si les gens bénéficiaient en masse, samedi matin, du lac et du sable, les glissades, elles, étaient toutes fermées. Quelques-unes ont accueilli les jeunes intrépides en après-midi, mais la plus grande, la verte, demeurera interdite jusqu'à nouvel ordre. Du moins jusqu'à ce que des réglages y soient apportés pour éviter que les blessés ne s'accumulent.

«Les glissades, présentement, ce sont des ajustements qu'il y a à faire», souligne M. Ménard. Lorsqu'on lui signale que des personnes s'y sont blessées en s'y lançant les pieds devant, il avoue que dans la verte, «ça cogne».

«Nous autres, on ne contrôle pas le monde qui glisse. Ils embarquent dans la glissade, mais un coup qu'ils sont dans la glissade, ils se cognent. Il y en a qui se cogne le nez. C'est sûr qu'il y en a qui ont le nez plus sensible que d'autre. Mais il y a personne qui est en train de mourir», insiste M. Ménard, en ajoutant qu'à sa connaissance, deux personnes auraient saigné du nez après s'être violemment frappées contre les parois composées d'un tube de plastique fermé qui descend jusqu'au sol dans une forme de colimaçon. «Ceux qui voulaient avoir des sensations, ils en ont», mentionne M. Ménard en pointant du doigt la fameuse glissade verte.

Des clients «nous disent que ça glisse trop vite», mentionne pour sa part la fille du propriétaire, Marie-Ève Ménard. «La verte a déjà été ouverte et on avait des commentaires comme quoi elle glissait super vite et que c'était vraiment intense. Il y a quelqu'un qui s'est pété le nez, mais ça arrive aussi partout ailleurs.»

«Comme je dis, on ne peut pas contrôler», répète M. Ménard. «Si le gars, dans la glissade, il décide de se faire virer à l'envers, il va se faire virer à l'envers. Ça, on ne le contrôle pas. On est capable de leur dire plus tard», renchérit le propriétaire. 

«À date, les problèmes qu'on a c'est avec des gens d'un certain âge. C'est pas les jeunes, c'est ceux d'à peu près trente ou quarante ans qui aiment les sensations. Ou bien ils ne nous écoutent pas, ou bien ils sont peut-être malchanceux.»

Pour éviter d'autres accidents, l'administration du camping a donc décidé de fermer temporairement ses glissades, le coeur de ses nouvelles installations, «avant qu'il arrive de quoi de plus grave», note Mme Ménard. D'ici la fin de l'été, son père espère que l'ensemble des activités aquatiques sera ouvert au public. 

Un délai qui n'est pas sans lui laisser un goût amer en bouche, et une insécurité financière dans le portefeuille. Dès que les «ajustements» auront été apportés, il prévoit tester lui-même la glissade verte pour en vérifier la dangerosité.

«Nous autres, on en a pour l'été en ajustements. Présentement, on annonce qu'il peut y avoir des interruptions. C'est pour la sécurité du monde qu'on fait ça, quand on voit qu'une glissade est trop dangereuse», conclut le propriétaire, en souhaitant que, l'été prochain, «tout va être correct et les gens auront oublié ça».

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