Ouverture de l'Amphithéâtre Cogeco: «contre vents et marées»

Les deux hommes derrière l'Amphithéâtre Cogeco, le maire... (PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS)

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Les deux hommes derrière l'Amphithéâtre Cogeco, le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, et le directeur général de la Corporation des événements de Trois-Rivières, Steve Dubé.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ils pendront la crémaillère dimanche. Dimanche, le maire de Trois-Rivières et le directeur général de la Corporation des événements remettront les clés de l'Amphithéâtre Cogeco entre les mains de leurs propriétaires: les Trifluviens. Cinq ans de travail «contre vents et marées», pour reprendre l'expression d'Yves Lévesque. Steve Dubé opine du chef. Cinq ans de contestations que les deux hommes ont traversés comme un désert. Aujourd'hui, ils goûtent les fruits de leur labeur.

À quelques heures de l'ouverture officielle de l'Amphithéâtre Cogeco, quelques heures durant lesquelles les employés s'affairent à donner les derniers coups de balai, Yves Lévesque et Steve Dubé ont accepté de tourner leur regard sur les différentes étapes de ce projet né au sein de la controverse. Un passé mouvementé qui, espèrent-ils, ne sera pas garant de l'avenir. Érigé dans les gravats contaminés de l'ancienne usine CIP en 2009, ce mastodonte culturel de 50 millions $ aura passé à travers les embûches, une à une, du rêve préliminaire élaboré dans la tête d'un maire qui se dit «visionnaire» à l'ouverture des portes au public trifluvien.

Même si les deux hommes ne posent pas un oeil fielleux sur le passé, plus de cinq ans d'attaques laissent son lot de cicatrices. Avec de grands gestes balayant tantôt la scène, tantôt l'estrade de 9000 places, le maire estime que s'il avait écouté «ceux qui chialent», tout ceci et tout cela n'existerait pas. Sans son acharnement, croit-il, en lieu et place d'un amphithéâtre, on marcherait à l'heure actuelle dans un parc «avec des tables à pique-nique».

«Aujourd'hui je suis content, car on a livré la marchandise», estime le maire Lévesque. «À travers les embûches que l'on a connues, on a gardé le cap. Ça aurait été une erreur monumentale de reculer. C'est sûr qu'il y a eu de la pression incroyable. Tout grand projet fait peur, mais si on n'a pas de vision, on meurt.»

«Quand j'identifie qu'un projet est bon, c'est sûr que je vais le réaliser contre vents et marées», souligne-t-il.

L'autre homme derrière ce projet, Steve Dubé, a également essuyé son lot de polémiques sur la place publique. De la remise en question de son leadership lors des Fêtes du 375e anniversaire de la cité de Laviolette aux critiques émises à chaque étape de la construction de l'Amphithéâtre, les couleuvres ont parfois été difficiles à avaler, tant au niveau professionnel qu'au niveau familial. Lorsqu'on le questionne à ce propos, l'homme fort de la Corporation des événements ne cache guère que ce passé pas si lointain fait encore naître en lui des émotions physiquement palpables.

«Ça fait tout le temps monter l'émotion lorsque je pense à ça. Amer du passé? Je serai toujours amer de ce que ma famille a vécu par rapport à ça. C'est évident. J'ai encore des frissons quand j'en parle... Au niveau professionnel, j'ai toujours été un battant. J'avais la chance d'avoir à mes côtés M. le maire qui est aussi un battant, qui a toujours cru en moi, alors c'est certain que les embûches, pour moi, ça toujours été une source de motivation», assure M. Dubé en réglant, ici et là, quelques menus détails, allant jusqu'à essuyer la poussière sur le siège vissé devant lui. «On a eu des problèmes à la tonne, mais on les a tous réglés.»

«Mais au niveau humain, il n'était pas nécessaire qu'on ait autant d'attaques personnelles», ajoute-t-il, cette fois en faisant opiner le maire de la tête. 

Pour ce dernier, toutes les contestations passées ne ciblaient qu'une seule personne: lui-même. Selon le premier magistrat, les gens ne remettaient pas en doute l'Amphithéâtre, mais sa personne, son style de gestion, son leadership, sa nature propre. Autant de gens qui, à l'instar des conseillers municipaux qui se sont opposés au projet, à l'image des milliers de citoyens qui ont signé le registre pour s'opposer au projet, à l'exemple des autres qui ont pris la peine d'affirmer publiquement, via les médias, leur opposition au projet, autant d'opposants, donc, qui seront confondus, croit-il, le jour où ils mettront les pieds dans l'enceinte de l'Amphithéâtre.

«J'ai toujours dis aux gens: si vous ne m'aimez pas, attaquez-moi, n'attaquez pas le projet. Ils ont utilisé ce projet-là pour m'attaquer. Si vous n'aimez pas Yves Lévesque, vous avez le droit de ne pas m'aimer, mais n'utilisez pas un projet que j'ai réalisé pour la population et non pour moi. Les gens étaient contre parce qu'ils ne m'aimaient pas», soutient le maire Lévesque.

Un éléphant blanc?

Et les arguments économiques? Et les citoyens qui craignent que l'Amphithéâtre ne devienne un éléphant blanc, le stade olympique des Trifluviens? Le maire rejette du revers de la main ces arguments qui, à son avis, ne tiennent pas la route. Déjà, selon lui, l'investissement en vaut la chandelle. «De tous nos événements, de tous nos équipements sportifs municipaux, l'Amphithéâtre c'est le plus rentable. Au niveau des opérations, c'est le plus rentable», assure-t-il, en prenant l'exemple de la bibliothèque qui, à ses yeux, ne rapporte rien à la Ville, économiquement parlant.  

Selon les prévisions, le budget annuel de l'Amphithéâtre est évalué entre six et huit millions $, pour des retombées économiques directes de dix à douze millions $. «Des chiffres conservateurs», estime le maire, qui additionne à l'oeil les retombées économiques indirectes générées par cette infrastructure culturelle où 170 personnes travailleront les soirs de spectacle. Seulement 20 % du budget annuel, précise M. Lévesque, proviendront des coffres publics, alors que 80 % seront issus des activités liées à la programmation.

Journée portes ouvertes dimanche

La population est invitée à se rendre gratuitement dans l'Amphithéâtre Cogeco, dimanche entre 10 h et 16 h, pour l'ouverture officielle des portes. Le maire Yves Lévesque et Steve Dubé, directeur général de la Corporation des événements de Trois-Rivières, tenaient à cette visite guidée. Sans présumer de la réaction des citoyens, les deux comparses espèrent que cette réaction sera à l'image de celle partagée par les artistes du Cirque du Soleil et de leur président, Daniel Lamarre.

«On veut que les gens s'approprient l'Amphithéâtre. On veut que les gens le défendent autant qu'on l'a défendu. On veut que les gens réalisent que c'est vraiment quelque chose d'extraordinaire. On veut que les gens en viennent à la même conclusion que Daniel Lamare, que Gilbert Rozon, que les grands de ce monde, et qu'ils disent: c'est vrai, c'est un projet unique», suggère le maire Lévesque.

À quelques détails près, les citoyens pourront donc voir de visu, dimanche, l'Amphithéâtre tel qu'il sera lors de la première du Cirque du Soleil le 15 juillet. Une sculpture sera érigée sur le parterre côté centre-ville, à quelques mètres de la billetterie. M. Lévesque visualise là une fontaine. La Ville de Trois-Rivières vient de procéder à l'appel d'offre. À suivre...

Quant aux lettres géantes qui feront face au fleuve Saint-Laurent, elles devraient être installées seulement l'an prochain. Ce qui n'empêchera pas la Corporation des événements d'organiser des activités festives sur l'espace gazonné, à l'ombre du mur où les lettres se dresseront. 

Dans cette ligne, notons qu'à chaque soir du Cirque du Soleil, les amateurs seront conviés à un happening dès 19 h 30 où de l'animation et des sculptures grandeur nature des personnages réchaufferont l'atmosphère avant que les acrobates prennent la relève.

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