Quatre millions $ pour accéder à l'Amphithéâtre

Il en coûtera 700 000 $ pour aménager... (François Gervais)

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Il en coûtera 700 000 $ pour aménager une traverse qui permettra d'enjamber le chemin de fer situé à l'embouchure de la rue des Ursulines.

François Gervais

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les Trifluviens paieront le gros prix pour emprunter, à pied ou à vélo, la rue des Ursulines jusqu'à l'Amphithéâtre Cogeco. Au moins 700 000 $. C'est le coût estimé du passage à niveau que la Ville souhaite faire construire pour chevaucher le chemin de fer qui sépare Trois-Rivières sur Saint-Laurent du centre-ville. Et ce, sans compter les deux autres passages à niveau prévus, cette fois pour véhicules motorisés, à l'embouchure de la rue des Commissaires et de la rue Hart. Une facture qui pourrait avoisiner les 4 millions $.

Une facture salée, donc, pour désenclaver l'Amphithéâtre Cogeco. Très salée. Une facture qui a surpris tout le monde à l'hôtel de ville de Trois-Rivières. «On ne s'attendait pas à ça», admet d'entrée de jeu le porte-parole de la Ville, Yvan Toutant. «C'est très dispendieux, on en convient, mais c'est le coût à payer pour le niveau de sécurité... il semblerait», suggère-t-il en se résignant. Et si la Ville n'accepte pas d'ouvrir ses coffres? Les Chemins de fer Québec-Gatineau inc. installeront tout bonnement une clôture, bloquant ainsi toute possibilité d'accès à l'amphithéâtre par le centre-ville. 

Ainsi, l'administration municipale a les deux mains attachées et doit se plier aveuglément aux exigences de la compagnie les Chemins de fer Québec-Gatineau inc., propriétaire de la voie ferrée. Après avoir effectué les travaux, la compagnie refilera la facture aux contribuables. Qui plus est, la Ville de Trois-Rivières doit d'emblée allouer les deux tiers de la somme globale pour que l'entreprise ferroviaire plante le premier clou.

«On n'a aucun droit de regard sur ces travaux-là», affirme M. Toutant. «Pour ce qui est des coûts et de la façon de faire, c'est la compagnie Québec-Gatineau qui nous arrive en disant: voici ce qu'il faut installer pour la traverse. Et même si on veut négocier, par exemple en postant un préposé qui fera arrêter les piétons [lorsqu'un train passera], on nous dit non et non, ce sont les normes de sécurité ferroviaire qui priment. C'est eux qui font les travaux, et une fois les travaux faits, on complète la facture.»

Selon M. Toutant, les nouvelles normes fédérales expliqueraient cette explosion des prix. «Il n'y a pas ni une, ni deux. Pour eux [Chemins de fer Québec-Gatineau inc.], c'est la sécurité ferroviaire qui prime, c'est comme ça. On nous dit: si vous ne l'acceptez pas, c'est votre droit, mais on va empêcher les gens de passer», rapporte M. Toutant.

Pour la Ville, le passage piétonnier sur la rue des Ursulines est incontournable, et pour le développement du site Trois-Rivières sur Saint-Laurent, et pour celui de l'Amphithéâtre. Ce passage permettra aux piétons, aux cyclistes et à certains véhicules d'urgence de se rendre directement à l'embouchure de la rivière Saint-Maurice sans avoir à effectuer un détour d'un peu plus d'un kilomètre via les rues Hertel et des Commissaires, puis par l'avenue des Draveurs. Un méandre qui pourrait décourager plus d'un festivalier, à moins de sept jours de l'ouverture officielle de l'Amphithéâtre. 

«C'est une des entrées principales pour aller à l'Amphithéâtre, la billetterie va être de ce côté-là, alors pour les gens qui vont vouloir y aller, il y en a plusieurs qui vont passer par-là.»

Ainsi, aux 700 000 $ qui seront déboursés pour le passage de la rue des Ursulines, il faut ajouter les débours inhérents aux passages sur les rues des Commissaires et Hart. «Si ça coûte 700 000 $ pour une traverse ferroviaire pour piétons et cyclistes, on s'imagine la facture lorsque les automobilistes pourront passer», se désole M. Toutant, en avançant le chiffre de 3 à 4 millions $ au total. Cela sans compter l'installation d'une clôture qui devra se dresser tout le long de la voie ferrée, toujours aux frais des contribuables. «La clôture, elle ne se posera pas toute seule, et il n'y a pas personne qui va nous la donner», fait valoir le porte-parole municipal.

La compagnie Les Chemins de fer Québec-Gatineau inc. doit fournir sous peu l'évaluation des coûts pour la traverse sur la rue des Commissaires. «Va falloir y aller par étapes», conclut M. Toutant.

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