CSAD: 50 000 $ réclamés à des organismes

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Selon l'actuelle direction, l'administration précédente du CSAD a mis par le passé ses locaux et son personnel à la disposition de certains événements sans se faire payer.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Complexe sportif Alphonse-Desjardins (CSAD) vient d'entamer le troisième chapitre de son plan de redressement. Après avoir aboli 33 emplois en juin dernier et avoir implanté un nouveau logiciel de gestion des plateaux, le CSAD vient de sortir la planche à factures. Selon l'actuelle direction, l'administration précédente, alors sous la gouverne de Jean-François Picard, a mis par le passé ses locaux et son personnel à la disposition de certains événements sans se faire payer. Parmi les activités sur la liste de recouvrement du CSAD, la défunte compétition de danse la Coupe d'art, fondée par Roger Picard, père de Jean-François Picard.

«Je confirme que l'événement la Coupe d'art est dans notre liste d'organisations qui ont fait l'objet de gratuité. On n'a pas de dossier de facturation d'ouvert [pour la Coupe d'art]. Tout ce qu'on a, ce sont des dates de réservations», certifie le directeur du CSAD, David Labrecque. «Je n'ai aucune facture émise», répète-t-il. 

M. Labrecque garantit qu'un peu moins de 50 000 $ en factures impayées seront ainsi réclamés à divers organismes et individus. Une somme confirmée par la directrice générale de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Hélène Corneau. Si ce n'est déjà fait, les enveloppes seront postées au courant de la semaine. Une source très au fait du dossier a précisé que, dans le lot, le Cercle des tourbillons de la Mauricie, soit l'entité chargée d'organiser la Coupe d'art, recevra un compte à payer de 14 325 $, avec copie conforme à Roger Picard. 

Ainsi, le Cercle des tourbillons de la Mauricie, un organisme à but non lucratif (OBNL) enregistré comme tel au Registraire des entreprises du Québec, aurait bénéficié gratuitement des installations administrées par le CSAD au moins «en avril 2011, en avril 2012 et en avril 2013», à raison d'une semaine chaque année. Les activités de la Coupe d'art avaient lieu à l'aréna Jean-Guy-Talbot, une glace propriété de la Ville de Trois-Rivières, mais gérée par le CSAD.

Le CSAD escompte bien récupérer les sommes qui, de l'avis de M. Labrecque, lui sont dues. Mais comme «il y a prescription sur les années sur lesquelles on peut reculer», indique le directeur, une seule semaine de location sera facturée à l'organisme derrière la Coupe d'art, soit 14 325 $ sur une créance totale de plus de 42 000 $. «On peut facturer 2013», soit la dernière année de la Coupe d'art. Peut-être 2012, mais «chose certaine 2013», précise le directeur du CSAD. «Antérieurement à ça, on ne pourra pas faire de démarche de recouvrement», souligne-t-il.

«Et on ne sait pas s'il y a d'autres factures connexes qui n'ont pas été payées. Ça fera partie de nos forages de cet été», ajoute M. Labrecque.

Joint au téléphone alors qu'il effectuait du porte-à-porte dans le district de Châteaudun en prévision de l'élection partielle du 12 juillet prochain, M. Picard assure que les factures ont toujours été payées à l'époque où il dirigeait la compétition de danse. 

«J'ai toujours payé mes factures, moi. J'ai aucun problème. On avait fait des échanges, oui. C'est vrai qu'il y avait eu... Mais ç'a été facturé, c'est sûr sûr sûr qu'on a payé. Il n'y a rien eu de gratuit là-dessus», mentionne-t-il. «On avait des gratuités comme les autres événements avaient avec la Ville, comme n'importe quelle corporation à but non lucratif avait», enchaîne l'actuel président du conseil d'administration de la Corporation des événements et candidat au poste de conseiller municipal dans le district de Châteaudun.

Invité à corroborer son affirmation en déposant les factures à l'appui, M. Picard s'est refusé à tout commentaire supplémentaire. Son organisateur de campagne électorale, Michel Lampron, a cependant réitéré que les comptes de la Coupe d'art étaient à jour et que «tout a été fait dans les règles de l'art».

Du côté de la Ville de Trois-Rivières, on indique que l'administration municipale ne s'occupe pas de la gestion de l'aréna Jean-Guy-Talbot, même si elle en est propriétaire. Cette tâche revient entièrement au CSAD.

À la direction de la culture, des loisirs et de la vie communautaire de la Ville, une source indique que c'est le CSAD «qui gère l'aréna». Si la Ville désirait appuyer un OBNL en lui proposant, par exemple, l'espace de l'aréna Jean-Guy-Talbot, elle subventionnerait plutôt directement l'organisme qui, lui, serait facturé par le CSAD. «On ne se mêlera pas de la tarification avec le CSAD», précise la source. Cette façon de faire a été instaurée afin d'éviter qu'un système de deux poids, deux mesures, se mette en place, système où certains organismes seraient privilégiés au détriment des autres.

Ainsi, toujours selon cette source, la Coupe d'art a été subventionnée par le passé à même l'enveloppe budgétaire municipale dédiée à la culture pour défrayer les débours nécessaires au fonctionnement général de l'activité, incluant, donc, la location de l'aréna Jean-Guy-Talbot.

Planche à factures

Au delà de la Coupe d'art, des factures impayées, «il y en a pas mal», avoue M. Labrecque. «On a retracé qu'il y en a plusieurs dont les choses ont été régularisées. C'est que certaines locations étaient déjà sous couvert d'entente préalable, donc on enlève ça. Actuellement, on est à facturer pour des heures de glace non facturées, non payées par des individus, par des groupes, entre autres des heures de glace, des heures de location du terrain de tennis, du soccer synthétique et, aussi, l'aréna Jean-Guy-Talbot», précise-t-il.

M. Labrecque indique que la location d'espace récréatif au CSAD inclut généralement la main-d'oeuvre nécessaire pour s'occuper des installations. «La normalité ici, quand une organisation fait un événement, il y a une tarification avec main-d'oeuvre qui est faite, c'est-à-dire que c'est l'équipe technique du Complexe qui procède au montage et au démontage des installations. On est propriétaire de ça, alors on s'occupe de nos affaires.»

Cette démarche s'inscrit dans le vaste plan de redressement que le CSAD a entrepris à la suite de l'enquête menée par le vérificateur général du Québec (VG) et dont la publication du rapport avait été tout juste précédée par la démission de son directeur général, Jean-François Picard. Quelques jours après le dépôt du rapport du VG, le président du conseil d'administration du CSAD démissionnait à son tour.

Rappelons qu'en mai dernier, la Commission scolaire du Chemin-du-Roy avait mandaté la firme Morency avocats afin d'analyser ses possibilités de recours à la suite du dépôt de rapports préliminaires de la firme Accurancy, experts en juricomptabilité. 

Ce troisième chapitre s'inscrit donc «dans le cadre du redressement des opérations financières» du CSAD, souligne M. Labrecque. «Quand quelqu'un, un individu ou un groupe, une corporation a utilisé les plateaux, faut qu'il s'attende à être facturé pour ça. Pourquoi ne l'a-t-il pas été dans le passé? Je ne suis pas en mesure de répondre. Mais pour nous, c'est sûr qu'on va se permettre de récupérer les sommes qui sont dues au Complexe», conclut-il.

Cet été, l'équipe du CSAD fera du «forage», pour reprendre le terme utilisé par le directeur du CSAD, afin de dénicher d'autres locations et factures non payées, ce tant par la Coupe d'art que par d'autres événements ou individus.

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