Québec-Montréal à la nage: mission accomplie

La Trifluvienne Heidi Levasseur a parcouru 250 kilomètres... (Photo: Le Soleil)

Agrandir

La Trifluvienne Heidi Levasseur a parcouru 250 kilomètres à la nage dans les derniers jours.

Photo: Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ce n'est pas la première fois qu'Heidi Levasseur plonge tête première dans le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Montréal pour descendre le courant, à la nage, jusqu'à Québec. Plutôt la troisième. Partie de Longueuil le 29 juin dernier, la sirène trifluvienne a accosté vers 13 h 15, dimanche, au parc de l'Anse-Tibbits à Lévis, après avoir défié les vagues, la marée montante et le froid pendant 36 heures et 30 minutes.

Un petit quinze minutes de plus au cumulatif. L'an passé, presque à pareille date, elle avait parcouru les 250 kilomètres qui séparent la métropole de la capitale en 36 heures et 15 minutes, mais sur une période de sept jours à raison de cinq à sept heures de nage par jour. En 2010, elle avait mis 48 heures pour franchir la même distance. Le triomphe du défi Montréal-Québec 2015, donc: avoir complété son exploit en six jours seulement.

«Ça c'est très bien passé. J'ai réussi l'objectif de parcourir ce trajet-là en six jours. C'est une première pour moi. Un quinze minutes de plus, ça ne fait pas une grande différence», avoue humblement Mme Levasseur, pointant du doigt le fil de l'eau qui n'a pas toujours été très coopératif. En effet, lorsque la marée monte, la nageuse doit se mettre au sec pour éviter de perdre inutilement le moindre kilogramme d'énergie. «Quand la marée monte, on ne peut pas nager, on recule.»

«Quelques étapes ont été plus difficiles que je m'attendais», renchérit-elle.

Outre la marée, le fleuve Saint-Laurent est un cours d'eau capricieux qui aura donné du fil à retordre à la nageuse originaire de Cap-Rouge. Entre autres, la température de l'eau aura entraîné quelques sueurs froides, frôlant les 18 degrés Celsius, l'obligeant ainsi à revêtir une combinaison plus chaude. «La température de l'eau a ajouté un élément de difficulté. Les deux dernières journées, j'ai dû adapter mon équipement pour me protéger du froid. Pour une heure ou deux, ça va, mais après quelques heures et la fatigue, ça va chercher beaucoup plus d'énergie.»

Somme toute, Heidi Levasseur ressort de l'eau «très fière», considérant que chaque défi n'est jamais gagné à l'avance. Si le corps tient la cadence, c'est parfois l'esprit qui veut jeter la serviette le premier. Alors la sirène doit reprendre le contrôle non de ses muscles, ni de l'environnement, mais de ses pensées. Le conditionnement positif, nourri par les exploits réalisés dans le passé, est un carburant psychique qui lui permet de repousser ses limites toujours d'un cran.

«Quand ça va très bien, mes pensées sont dirigées vers le défi que je suis en train de relever. Je suis heureuse d'être là. Lorsque ça devient plus difficile, c'est certain que je tente de m'encourager en me remémorant les bons moments qui me sont arrivés lorsque j'ai réussi mes objectifs. Je garde ça en mémoire lorsque je trouve ça plus difficile. Pour l'instant, ça m'a permis de ne jamais abandonner l'un de mes projets. Jusqu'à maintenant, mes projets, je les ai tous réalisés. Donc, à la fois ça me donne une motivation, peut-être une pression aussi, mais je me sers de ça pour garder le cap.»

«Une question que je me pose souvent, lorsque je trouve ça plus difficile, je me demande, sincèrement, si je suis encore capable. À cette question, la réponse est déterminante. Si je me dis oui, je suis encore capable, bien je n'ai aucune raison d'abandonner. Et j'ai toujours répondu oui. Même cette semaine, ça m'a passé par la tête d'abandonner, lorsque c'était plus difficile et parce que j'avais froid, mais j'ai misé sur mes possibilités. Comme je me fais ravitailler à chaque vingt minutes, j'y suis allée vingt minutes à la fois.»

Cap sur 2018

Heidi Levasseur était visiblement emballée, dimanche, d'avoir avalé autant de kilomètres sans boire la tasse. Qui plus est, elle était heureuse d'annoncer du bout des lèvres que son projet de traverser l'Atlantique à la nage, qu'elle souhaite réaliser en 2018, progressait à grands pas, pour ne pas dire à grandes brasses. En effet, «d'importants partenaires» se seraient montrés intéressés à l'accompagner dans cette aventure. Pour l'heure, la nageuse ne veut pas en dire davantage, les annonces viendront en temps et lieu, mais l'intérêt est manifeste et augure bien.

«Cette semaine, nous avons eu de bons développements, des partenaires qui souhaitent se joindre à moi au niveau matériel et au niveau personnel. Je ne peux pas encore en parler, il est un peu trop tôt, mais je peux déjà affirmer que oui, j'ai des partenaires importants qui croient en mon projet et qui veulent embarquer avec moi.»

Rappelons qu'Heidi Levasseur compte affronter l'Atlantique à la nage. Plus de 5000 kilomètres franchis en 100 jours, à raison de huit heures de nage par jour, soit trois millions de coups de bras dans l'eau salée.

«Le financement n'est pas encore là, mais lorsque j'aurai mis les données techniques sur papier, ça sera probablement plus facile», conclut la jeune femme, en invitant la population à visiter son site Internet pour faire un don ou pour en apprendre davantage sur cette odyssée estimée à 500 000 $ (www.heidilevasseur.ca).

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer