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Service alimentaire au CPE Le Cheval sautoir: le ministère de la Famille va investiguer

À l'arrière, Nathalie Hébert, directrice des Services Le... (PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS)

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À l'arrière, Nathalie Hébert, directrice des Services Le Cheval sautoir et Daniel Beauvais, chef. À l'avant, Daniel Lemay, chef.

PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les Centres de la petite enfance, on le sait, ont la vie dure depuis quelque temps. Il existe toutefois un CPE, à Trois-Rivières, Le Cheval sautoir, qui a trouvé la recette pour se prémunir contre les effets des restrictions budgétaires du gouvernement. Il s'agit d'un service alimentaire qui fait la vie dure à certains traiteurs de la région. Le ministère de la Famille se rendra d'ailleurs sur place, sous peu, pour investiguer.

Il y a déjà 10 ans, Le CPE Le Cheval sautoir s'est apparenté à une entreprise d'économie sociale, Les Services Le Cheval sautoir, qui lui apporte des surplus confortables de 90 000 $ par année grâce à son service alimentaire qui utilise les cuisines du CPE.

Cette association ne fait pas l'affaire de certains traiteurs de la région qui y voient une compétition déloyale puisque le CPE reçoit des subventions du gouvernement.

Le ministère de la Famille a indiqué au Nouvelliste, vendredi, qu'il est au courant de la situation et qu'il ira voir de près, sous peu, ce qui se passe au CPE Le Cheval sautoir de Trois-Rivières et analysera aussi la nature de ses liens avec Les Services Le Cheval sautoir.

Nadia Caron, porte-parole du ministère de la Famille, explique que «le règlement sur les services de garde définit qu'une installation, c'est-à-dire le CPE, doit être réservée exclusivement aux activités de garde du titulaire pendant toutes les heures de prestations de services, soit de 7 h à 18 h. Donc, c'est ce genre d'élément-là que nous allons vérifier prochainement», explique-t-elle.

Le propriétaire du Service alimentaire Bénalie, Benoit Valentine, déplore d'avoir perdu des clients au profit de cette entreprise d'économie sociale.

La directrice générale des Services Le Cheval sautoir, Nathalie Hébert, affirme que son entreprise agit pourtant en toute légalité et qu'elle a déjà fait l'objet des vérifications d'usage dans le passé.

Mais Benoit Valentine, lui, croit que «le regroupement d'achat gouvernemental» fait bénéficier ce service alimentaire «d'un avantage certain lors des achats» d'aliments, un privilège dont son entreprise ne bénéfice pas.

De son côté, Nathalie Hébert explique que tous les CPE peuvent avoir des revenus autonomes.

La porte-parole du ministère de la Famille reconnaît que les CPE sont des entités autonomes et qu'elles peuvent faire des activités de collectes de fonds «pour faire de l'acquisition de matériel que les subventions du ministère ne couvrent pas», dit-elle.

Nadia Caron précise toutefois que les subventions accordées au CPE, notamment pour ses infrastructures, ne doivent servir qu'aux fins pour lesquelles elles lui ont été octroyées, «c'est-à-dire s'occuper des enfants, faire rouler le CPE pour des activités de garde. Donc, ce sont des éléments d'information que nous allons vérifier en visitant le CPE», explique-t-elle.

Même si les profits sont réinvestis dans le bon fonctionnement du CPE, reconnaît le ministère, ce dernier entend «s'assurer de tout l'aspect légal de tout ça», indique Mme Caron.

L'idée de créer l'entreprise d'économie sociale Les Services Le Cheval sautoir est arrivée à la suite d'un projet-pilote du ministère de l'Éducation appelé Famille, école, communauté qui a été mené par la direction des écoles Saint-Paul et Saint-Philippe à Trois-Rivières, en 2004, explique la directrice.

À ce moment-là, raconte-t-elle, les écoles Saint-Paul et Saint-Philippe étaient menacées de fermeture, parce qu'il n'y avait pas de service de garde dans les écoles, ce qui a suscité la création des Services Le Cheval sautoir.

Le CPE Le Cheval sautoir possédait la compétence, «mais nous, le CPE, on ne peut pas prendre un service de garde dans une école. On est réglementé au quart de tour. Il aurait fallu changer les fenêtres et le plancher dans l'école pour être réglementaire», illustre Mme Hébert. C'est donc de là que Les Services Le Cheval sautoir est né. «C'est une autre entité légale», explique-t-elle.

«On est apparenté», dit-elle, mais «chacun a son CA, chacun a sa mission.»

Outre le service de garde en milieu scolaire, Les Services Le Cheval sautoir a aussi démarré un service alimentaire.

Le CPE loue ses cuisines à Les Service Le Cheval sautoir et c'est cet élément-là qui interpelle le ministère.

Côté service alimentaire, indique Mme Hébert, «une portion est apparentée aux Services Le Cheval sautoir et l'autre portion est apparentée au CPE. On a une formule comptable qu'on s'est faite et une formule espace, temps, ratio. Tout est calculé pour que ça coûte tel montant au CPE, pour 80 enfants et 20 adultes et nous, ça nous coûte tant pour tous les autres aspects alimentaires», explique-t-elle. Aujourd'hui, le service alimentaire des Services le Cheval sautoir fait affaires avec sept écoles de la ville. Les Services desservent aussi quelques garderies. Il assure aussi un service traiteur pour des organismes communautaires, des conseils d'administration et des assemblées générales. «On a même un service cocktail et événements», ajoute la directrice. La cuisine peut servir en effet entre 400 et 500 personnes.

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