Des combats de femmes dans le Jell-O à Trois-Rivières suscitent la controverse

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Le Pub L'Alibi du secteur Pointe-du-Lac tiendra une soirée de combats de filles dans le Jell-O le 25 juillet prochain. Une situation dénoncée par la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie qui qualifie l'événement de «retour en arrière».

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Pub L'Alibi du secteur de Pointe-du-Lac sera l'hôte d'une activité que l'on croyait révolue. Une demi-douzaine de femmes s'élanceront dans l'arène pour un combat dans le Jell-O le 25 juillet prochain. La Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie dénonce cet événement qu'elle qualifie de «retour en arrière». La propriétaire du bar, quant à elle, se défend de faire preuve de discrimination et assure que les femmes seront nombreuses à assister au spectacle.

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Joanne Blais, directrice de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

Les femmes ont d'ailleurs été les premières à confirmer que son événement allait être couru: une trentaine de filles sont venues déposer leur nom pour entrer dans l'arène le soir du 25 juillet. «Les filles sont très volontaires», insiste Brigitte Grondin, propriétaire du Pub L'Alibi. «Les femmes le font parce qu'elles le veulent. C'est un jeu. Celles qui participent, je ne les ai pas forcées», assure-t-elle.

Pour sa défense, l'idée initiale de Mme Grondin était la tenue d'une soirée de danseurs ce soir-là. Devant le manque d'enthousiasme des femmes face à cet événement, elle s'est donc résignée à tenir ce combat dans la gélatine sucrée. «Ce sont des filles qui m'ont suggéré de faire un événement comme celui-là. Ce n'est pas moi qui ai eu l'idée», se défend Mme Grondin. Elle assure qu'il y aura autant «sinon plus» de femmes que d'hommes présentes ce soir-là.

Elle déplore que les femmes n'aient pas répondu présentes à la soirée de danseurs initialement prévue pour elles. «Aussitôt qu'on fait quelque chose pour les femmes, elles doivent demander à leur chum, ça dépend des hommes. Mais quand on fait quelque chose pour les hommes, ils sont là», constate-t-elle.

Quant à la nature de l'événement, Mme Grondin tient à apporter quelques nuances. «Elles sont en bikini, ce n'est pas de la nudité. Ce n'est pas pire que d'aller danser nue dans un bar», expose-t-elle. «J'aurais pu faire des combats d'hommes dans l'huile à moteur, mais les hommes sont réticents à participer à ça», répond-elle quand on lui demande d'expliquer l'absence d'hommes dans de telles activités.

La Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie considère la tenue d'un tel événement comme un retour en arrière pour la société. «C'est un recul. Ça ramène la femme dans des situations où elle est utilisée comme un objet sexuel. Socialement, ce n'est pas acceptable qu'on ait encore besoin d'expliquer que ce n'est pas un bon modèle», lance Joanne Blais, directrice de la Table de concertation. «Les femmes qui participent à ce genre d'activités vont utiliser l'argument d'une société de choix. Pour moi, faire de la lutte dans le Jell-O, ça ne relève pas d'un réel choix», martèle-t-elle.

Elle dénonce la forte résistance face à l'abolition de telles activités sexistes. «Pour les hommes qui aiment profiter de ce genre d'activités pour se divertir, ça leur déplaît quand on leur dit que c'est inacceptable, car ils vont devoir se trouver un autre jouet»», illustre Mme Blais.

Brigitte Grondin ne partage pas cet avis et ne considère pas qu'elle nuit à la cause des femmes. «Je suis quand même une femme qui a un bar. Je suis pour le pouvoir des femmes», répond à ses détracteurs celle qui a appris à évoluer dans un milieu majoritairement masculin.

Joint par téléphone, le Conseil du Statut de la femme n'a pas émis d'opinions sur le sujet alléguant qu'il ne se prononce pas sur ce genre d'événement.

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