Le Chaulk Determination pourrait couler à nouveau

Si rien n'est fait, le scénario de décembre... (PHOTO: ANDRÉANNE LEMIRE)

Agrandir

Si rien n'est fait, le scénario de décembre 2014 risque fort de se répéter, envoyant le Chaulk Determination par le fond, et avec lui l'huile qu'il contient.

PHOTO: ANDRÉANNE LEMIRE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Chaulk Determination, «ce n'est pas une coquille vide». Loin de là. Le célèbre rafiot, à quai au port de Trois-Rivières depuis février dernier, menace toujours de sombrer dans les eaux du fleuve Saint-Laurent. Idem pour l'huile qu'il contient encore. Au printemps, l'Administration portuaire de Trois-Rivières (APTR) a eu chaud, évitant de justesse que l'histoire se renouvelle. L'hiver à venir n'a rien de bien rassurant.

Gaétan Boivin, président-directeur général de l'APTR, se montre... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

Gaétan Boivin, président-directeur général de l'APTR, se montre inquiet à propos du navire Chaulk Determination.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Lorsque la Garde côtière canadienne (GCC) a finalisé le renflouement du remorqueur, le 21 février, tout semblait sous contrôle. Les lézardes dans la coque avaient été colmatées, les 22 tonnes d'hydrocarbures que contenait le navire pompées. Une opération de sauvetage environnemental de 3,7 millions $ durant lequel, assurait-on, le pire avait été évité. «On peut dire que le remorqueur est maintenant renfloué», s'était alors réjouit Michel Plamondon, porte-parole de la GCC.

Quatre mois plus tard, le président-directeur général de l'APTR, Gaétan Boivin, ne partage pas cet enthousiasme. Le Chaulk Determination ne repose pas tranquillement au port de Trois-Rivières, attendant qu'on le découpe en morceaux pour vendre le métal qu'il contient. Plus que jamais, le spectre d'un nouveau naufrage plane, et les risques environnementaux inhérents.

«La Garde côtière l'a mis à quai contaminé», lance d'emblée M. Boivin. «Je ne veux pas avoir ce bateau-là à quai pendant deux ou trois ans. D'autant plus qu'il va recouler l'hiver prochain, il est plein. Il est en pire condition qu'il était l'automne passé. Il va recouler l'hiver prochain, c'est sûr», répète M. Boivin, ajoutant que «ce n'est pas une coquille vide».

Déjà au printemps, le Chaulk Determination a failli boire la tasse une deuxième fois. «Si on ne s'en était pas occupé, il aurait coulé encore», assure M. Boivin. Comme le propriétaire du navire n'est plus dans les parages et que la GCC n'est plus responsable du remorqueur, l'APTR est maintenant seule maître à bord.

«On cherche à s'en débarasser, mais on n'a pas encore réussi», se désole M. Boivin. «Il est encore tapissé d'huile, l'eau qui est dedans est encore huileuse, faut tout sortir ça, nettoyer ça, après il faut trouver une place pour le monter, ça prend un chantier maritime pour le démonter et s'assurer que tout est fait selon les normes environnementales. Ça va être une grosse facture pour le port. On n'a pas le choix [de payer], la job n'est pas terminée.»

C'est aujourd'hui que le président-directeur général de l'APTR doit recevoir la réponse d'un entrepreneur et d'un chantier maritime outillé pour prendre en charge le Chaulk Determination. «La dernière fois qu'on en a parlé, c'est en début de semaine [passée] et il nous restait une seule possibilité d'un endroit où on pourrait le monter. Je dois en discuter avec mon directeur des opérations.»

S'il ne veut pas pour l'heure dévoiler les coûts engendrés pour fermer définitivement le livre de bord du Chaulk Determination, M. Boivin parle «d'un montant important». En espérant un éventuel acheteur, l'APTR devra donc avancer les fonds nécessaires pour maintenir le rafiot à flot. Si aucun acheteur ne se montre intéressé par cette coquille huileuse, l'administration portuaire tentera de se faire rembourser les sommes déjà déboursées, soit par la GCC, soit par la Caisse d'indemnisation des dommages dus à la pollution par les hydrocarbures causée par les navires, voire par le propriétaire, s'il est solvable.

Rappelons que le 26 décembre 2014, les canalisations du Chaulk Determination éclataient, entraînant le navire-remorqueur au fond du fleuve, et les 22 tonnes d'hydrocarbures qu'il contenait.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer