Bunker des Hells Angels: place à la démolition

La démolition du bunker des Hells Angels a... (François Gervais)

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La démolition du bunker des Hells Angels a commencé.

François Gervais

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le bunker des Hells Angels situé sur le boulevard Saint-Jean sera démoli. Dès les petites heures du matin, mardi, les premiers marteaux perforateurs s'enfonceront dans les murs blanchâtres de l'édifice qui a fait couler beaucoup d'encre depuis que le groupe de motards criminalisés l'a transformé, il y a 26 ans, en véritable forteresse. Les travaux de démolition devraient durer tout au plus deux semaines.

L'information a été corroborée par le porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Jean Pascal Boucher. «Je vous confirme le début des travaux demain [mardi]», indique-t-il.

Rappelons que les bâtiments et le terrain où ils sont érigés ont été confisqués au profit de la ministre de la Justice du Québec le 7 mai dernier à la suite de l'ordonnance du juge André Vincent, pour être par la suite placés sous la responsabilité du DPCP.

C'est donc cette dernière instance qui supervisera les travaux de démolition et le nettoyage du terrain. Une fois que table rase sera faite, la Ville de Trois-Rivières récupérera le terrain vacant et, possiblement, le mettra en vente au bénéfice de l'entrepreneur le plus offrant. Une bonne nouvelle financière pour Trois-Rivières, car le groupe de motards accusait un retard de taxes municipales de l'ordre de 72 922 $. Le terrain, lui, est évalué à 60 000 $.

Pour le maire de Trois-Rivières, cette démolition est «un bon débarras», d'autant plus que le bunker est situé aux abords de l'autoroute, quasiment à l'entrée de la ville, donc l'image qu'il projetait était pour le moins douteuse. 

«Ça va être un bon débarras, surtout considérant l'emplacement qu'il occupait. Ils avaient [les Hells Angels] un emplacement de choix, une vitrine sur l'autoroute incroyable, alors ils donnaient une mauvaise publicité, déjà à mon ancienne ville de Trois-Rivières-Ouest. La première chose que j'ai faite lorsque j'ai été élu maire la première fois, c'est de demander à mes fonctionnaires de faire une intervention au bunker, car il y avait deux ou trois résidences identifiées à des membres des Hells Angels. On leur avait demandé d'enlever certains éléments de fortification, mais pour le reste on ne pouvait rien faire. Le drapeau flottait au-dessus du bâtiment, donc ce n'était pas l'image de commerce qu'on voulait avoir pour notre ville», mentionne M. Lévesque.

Au début des années 2000, l'administration municipale avait offert aux Hells Angels d'acheter leur bunker pour le transformer en centre communautaire. Par la suite, elle avait fait enlever certains éléments de fortification, comme des persiennes blindées et des vitres à l'épreuve des balles, jugées non conformes aux règlements municipaux. En 2006, le maire avait aussi fait retirer le logo lumineux des Hells Angels à l'extérieur de la bâtisse.

Par le passé, le bunker des Hells Angels a été l'un des quartiers généraux des cinq chapitres des Hells Angels sur le territoire québécois. Au tournant des années 2000, les Hells y ont tenu d'importantes fêtes annuelles visant à célébrer l'anniversaire du chapitre trifluvien.

En mai dernier, une quinzaine de motards et de sympathisants avaient dû vider le bunker. Le «déménagement» s'était fait sous haute escorte des policiers de la Sûreté du Québec et de la Sécurité publique de Trois-Rivières.

Une fois propriétaire du terrain, la Ville de Trois-Rivières n'escompte pas l'utiliser pour ses propres besoins, mais entend plutôt le vendre à des promoteurs pour y construire une résidence privée ou un local commercial.

«Lorsque la démolition sera effectuée, le conseil de Ville va se pencher là-dessus. Ce qui est certain, c'est que lorsque la démolition sera terminée et qu'on sera prêt à la construction, on est pas mal sûr qu'il y aura des entrepreneurs, des promoteurs qui vont être intéressés par ce terrain-là», souligne le porte-parole de la Ville, Yvan Toutant. «La Ville est plutôt pour le développement, alors je ne pense pas qu'elle va garder ce terrain-là pour une construction quelconque.»

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