Auberge Le Florès: des employés sont passés à autre chose

L'auberge Le Florès a été vendue à un... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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L'auberge Le Florès a été vendue à un homme d'affaires de Shawinigan.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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(Shawinigan) Même si l'auberge Le Florès vient d'être vendue à un homme d'affaires de Shawinigan et devrait rouvrir ses portes en juillet, une ancienne employée, Marie-Thérèse Bernier, avoue avoir fait une croix sur l'établissement hôtelier bien connu.

Irritée par le traitement réservé aux employés lors de la fermeture de l'auberge alors en faillite, la dame s'est certes trouvé un autre emploi, mais souhaite récupérer le salaire impayé que lui doit toujours l'ancienne administration.

Le nouveau propriétaire de l'auberge Le Florès, Ken Xu Kun Ze - également propriétaire de la Pizzeria 67 et de l'hôtel Écono Confort et Spa du secteur Grand-Mère -, a souligné en entrevue mercredi avoir l'intention de rappeler les anciens employés afin de connaître leurs intentions quant à un possible retour au travail. Pour Marie-Thérèse Bernier, une ancienne préposée aux chambres, la réponse sera claire. Elle n'a pas l'intention de retourner au Florès.

«J'ai gardé un goût amer et je suis passée à autre chose. Je me suis débrouillée et j'ai du travail. Je ne suis pas intéressée à retourner au Florès», indique la dame qui ajoute que plusieurs de ses anciens collègues se sont déniché de nouveaux emplois depuis, notamment dans d'autres établissements hôteliers. «D'après moi, tout le monde s'est replacé, ou presque.»

Marie-Thérèse Bernier n'a que de mauvais souvenirs de la fin de son travail à l'auberge Le Florès. À l'instar de bien des anciens employés, elle attend toujours après ses dernières payes ainsi que son indemnité de départ de 4 %. Pour certains employés, les sommes impayées - combinant les salaires et les vacances accumulées - s'élèvent à quelques milliers de dollars, selon Mme Bernier. La responsabilité des salaires impayés par l'ancienne administration, les Entreprises CJS dont Carolle Charles est la principale actionnaire, ne revient toutefois pas au nouveau propriétaire des lieux.

«Des employés attendent après un mois de salaire. Ça n'a pas encore été payé», souligne Mme Bernier. «J'aimerai ça avoir mon argent. C'est à moi et j'ai travaillé pour le gagner. Je me suis retrouvée le bec à l'eau. Trois semaines sans payes et je n'avais pas droit à l'assurance-emploi. Il ne me manquait que 33 heures. Et la seule réponse que j'ai eue de la préposée à l'assurance-emploi, c'était de me mettre sur l'aide sociale. Je ne pouvais même pas, car j'ai une assurance vie. Tu te retrousses alors les manches et tu dis, j'ai 64 ans et je suis pigiste». J'avais quatre emplois en même temps. Maintenant c'est plus stable, j'ai un travail à temps plein.»

L'ancienne employée souhaite malgré tout un bon succès au nouveau propriétaire. Celle qui a déjà été agente immobilière affirme que le bâtiment nécessite toutefois d'importants travaux de rénovation. Marie-Thérèse Bernier souligne que le système de chauffage est en mauvais état, que certaines fenêtres sont à réparer et que les fondations laissent entrer de l'eau, causant régulièrement des inondations au sous-sol.

«J'ai déjà vu des clients qui ne pouvaient pas prendre leur douche, car il n'y avait plus d'eau chaude», indique-t-elle. «On devait aussi arrêter la buanderie parce qu'il n'y avait plus d'eau. J'espère que le nouveau propriétaire n'a pas payé l'auberge chère, parce qu'il a beaucoup d'argent à mettre dans les rénovations.»

Lorsqu'elle était encore au travail avant que l'auberge ne ferme en raison de la faillite de l'entreprise propriétaire, Mme Bernier se souvient d'une cliente qui fréquentait le site depuis près de 30 ans qui lui affirmait que «Le Florès avait perdu son âme». «Pour moi, c'était très significatif. Ça veut tout dire», note-t-elle. «Si le nouveau propriétaire décide d'investir et d'en faire quelque chose de bien, l'auberge Le Florès a un avenir. S'il n'investit pas, l'avenir va être court.»

Rappelons que le rapport du syndic concernant l'ancienne administration, déposé le 11 novembre 2014, affichait un bilan négatif de plus de 940 000 $, dont un passif de plus de deux millions de dollars. Les efforts de relance avaient laissé entrevoir des meilleurs moments, mais en mars, la direction avait annoncé la fermeture temporaire de l'établissement, jusqu'au 1er mai. Depuis l'ancienne direction n'a jamais rouvert les lieux.

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