C'est le temps des vacances!

Les élèves de Lac-Édouard, tout comme ceux d'ailleurs... (PHOTO: AUDREY TREMBLAY)

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Les élèves de Lac-Édouard, tout comme ceux d'ailleurs en Mauricie, sont en vacances depuis mardi.

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(La Tuque) Ça y est, la fin des classes a sonné. À compter de mardi, les quelque 30 000 élèves des différentes commissions scolaires de la région, de la prématernelle à la cinquième année du secondaire, seront tous officiellement en congé pour la période estivale. Pour l'établissement le plus au nord de la Mauricie, le début des vacances a une signification bien particulière. Les deux premiers élèves de la petite école de Lac-Édouard ont salué, pour une dernière fois, leur enseignante des six dernières années.

La première cohorte de finissants de Lac-Édouard, c'est-à-dire Felix Bernard et Camille Chevarie, prendra la direction de l'école secondaire Champagnat à La Tuque l'an prochain. 

«J'ai toujours dit que c'était un cadeau que la vie m'a donné de pouvoir commencer ce projet-là avec les jeunes. On ne me l'enlève pas, mais je dois le laisser partir», lance Rollande Lecours, celle qui les côtoie comme enseignante bénévole pratiquement tous les jours depuis leur entrée à l'école.

«C'est ma première cohorte qui va quitter. Il s'agit d'un moment imprégné à la fois de tristesse, de tendresse et de joie», lance-t-elle.

C'est un groupe particulier pour Mme Lecours, parce que ces élèves étaient les premiers et qu'ils n'étaient que deux au départ de cette grande aventure de petite école.

«Les autres se sont intégrés graduellement, mais avec ces deux-là, j'ai eu un moment privilégié. Quand il y en a un qui s'en va, c'est comme si on m'enlevait une partie de moi-même», confie l'enseignante.

Les deux jeunes prendront le chemin du secondaire à La Tuque, où, pour eux, tout est format géant. Toutefois, on avait déjà pensé à leur adaptation. Depuis plusieurs mois, les élèves côtoient ceux de l'école Jacques-Buteux de La Tuque pour des cours d'éducation physique. L'enseignante croit qu'ils vont rapidement se familiariser.

«Il va probablement y avoir de l'insécurité, comme n'importe quel enfant qui arrive au secondaire, qui débarque tout à coup avec des grands. Ils vont faire comme tous les jeunes et s'adapter».

D'ailleurs, l'enseignante soutient qu'ils ont tous les outils pour affronter ce nouveau défi. Elle n'est pas sans rappeler que les jeunes ont suivi le programme du ministère, qu'ils se sont soumis aux mêmes examens que tous les autres et qu'ils ont eu des règles à respecter.

«Ils ont appris à respecter un environnement et à vivre en société. Ce n'est pas parce qu'on n'est pas beaucoup que c'est le free for all», insiste Mme Lecours.

Les principaux intéressés ont confié au Nouvelliste qu'ils avaient hâte, mais qu'en même temps ils n'avaient pas envie de quitter l'école de Lac-Édouard. «Ça va me faire bizarre, parce qu'on est habitué d'être avec les mêmes personnes», lance la jeune Camille Chevarie.

«J'ai hâte, mais en même temps j'ai quand même peur. Je trouve ça très grand», avoue Félix Bernard.

Les deux finissants ont souligné avoir développé beaucoup d'autonomie dans leur passage à la petite école de Lac-Édouard. Ils ont apprécié la proximité de l'enseignante. «Quand on avait un problème, on pouvait demander à la personne et elle pouvait prendre le temps de nous répondre», confie la jeune fille. 

Ils garderont en tête les nombreux souvenirs accumulés dans ces années, notamment la visite du parlement à Québec, et ils n'avaient qu'un seul mot à dire à Mme Rollande. «Merci, merci, merci et merci», a lancé Félix.

Rappelons qu'au départ, ce sont des parents qui s'étaient mobilisés et qui avaient demandé à la municipalité de faire quelque chose. La municipalité avait alors prêté un local. Ces mêmes parents avaient ensuite convaincu Mme Lecours, qui avait enseigné pendant 37 ans, de les suivre dans le projet. La retraitée est vite tombée à temps plein dans le projet, mais jamais seule. «Il y a plusieurs bénévoles qui ont travaillé avec moi, je n'ai jamais été seule dans cette aventure-là. [...] Je n'ai jamais rien demandé à qui que ce soit, ce sont les gens qui tranquillement ont réalisé la qualité du travail des jeunes et qui ont eu le goût de s'impliquer», précise Mme Lecours.

Ils ont cru au projet, et aujourd'hui, les gens de la petite école de Lac-Édouard prouvent à ceux qui ont trouvé l'idée un peu folle, il y a quelques années, que la mobilisation et la passion sont capables de grandes choses.

La graduation de ces deux jeunes a de quoi ravir la municipalité également. Le maire, Larry Bernier, est convaincu que l'école est désormais là pour rester. «Ça prend un village pour élever des enfants et ça prend des enfants pour qu'un village s'élève», soutient le maire.

«On est très fiers, et c'est un très beau résultat. Ce sont de bons élèves et on est convaincus qu'ils vont bien réussir. Tant qu'il va y avoir des enfants, il va y avoir une école. On est en train de structurer le projet pour qu'il perdure», a-t-il conclu.

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