Amphithéâtre Cogeco: délais et budget respectés

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En 2012, des esquisses préliminaires avaient été réalisées avec des lettres géantes en pierre formant le nom «Trois-Rivières». Finalement, les lettres seront en bois et placées dans l'aménagement paysager au pied des gradins.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Alors que les artisans du Cirque du Soleil s'acclimatent et installent leurs pénates estivales dans l'Amphithéâtre Cogeco, l'architecte qui a allumé l'étincelle artistique du projet, Paul Laurendeau, se réjouit du résultat, final à peu de choses près. Comme l'artiste peintre qui achève son tableau, M. Laurendeau donne actuellement les derniers coups de pinceau sur une oeuvre qui, à ses yeux, mariera la beauté et la fonctionnalité. L'un des derniers traits, et non le moindre, sera l'installation de lettres géantes sur le côté fleuve du bâtiment.

L'architecte derrière l'Amphithéâtre Cogeco, Paul Laurendeau... (Olivier Croteau) - image 1.0

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L'architecte derrière l'Amphithéâtre Cogeco, Paul Laurendeau

Olivier Croteau

Début juin, Paul Laurendeau s'est rendu sur les lieux avec un photographe professionnel pour immortaliser son dernier né à la lueur du jour. Même si, au cours de la construction, il a mis de l'eau dans son vin pour respecter l'enveloppe budgétaire allouée, cela sans rogner sur la qualité visuelle de l'ensemble, il se dit satisfait de cette oeuvre quasi achevée. «Globalement, c'est un beau résultat. C'est un résultat intéressant, compte tenu du budget.»

«L'essence du projet est là. Si on regarde ce que j'ai soumis au concours et si on regarde ce qu'on a en ce moment, il n'y a pas grand différence. Les éléments dominants, c'est-à-dire les colonnes avec le toit, les grands principes fondateurs sont restés. Les sièges, les couleurs que j'ai choisies, les contrastes, les lumières, la planification intérieure, au bout du compte», résume M. Laurendeau, le bâtiment est fidèle aux plans d'abord sortis de son imagination, puis de son ordinateur.

Celui qui se considère comme le «gardien de la beauté», a dû faire valoir à maintes reprises auprès de son «client», la Ville de Trois-Rivières, que la fonctionnalité du bâtiment n'était pas incompatible avec le coup d'oeil recherché. Entre autres, il a parfois dû opter pour des matériaux de moindre qualité afin d'obtenir précisément l'effet désiré. Des considérations d'ordre artistique, en somme, qui ne sont pas toujours une priorité lorsque vient le temps d'ouvrir son porte-feuille.

Car après tout, rappelle M. Laurendeau, la Ville ne voulait pas seulement une boîte à spectacle, mais un icône, un «monument, un land mark pour la mettre sur la carte. «C'était ça le but du maire Lévesque. On ne fait pas un concours d'architecture pour, en bout de ligne, traiter ça comme un entrepôt municipal. Mais des fois, il faut le rappeler. Quand on commence à s'en prendre à des menus détails d'exécution quotidienne pour remplir un besoin, il ne faut jamais oublier, aussi, qu'il faut que ce soit beau.

«L'architecte, c'est le gardien de la beauté, parce qu'autour de la table, personne d'autre ne parle de ça. Si j'ai réussi, quand même, à préserver certaines décisions, c'est parce que j'ai convaincu avec des images», indique M. Laurendeau. Longueur des corridors, fenestration, hauteur des plafonds, revêtement extérieur, autant de «menus détails» importants pour l'architecte, mais que «le client» plus pragmatique ne considère pas du même oeil. «C'est un équilibre. Je ne m'oppose pas à la fonctionnalité, mais il y a des manières de faire», assure-t-il, pour marier beauté et fonctionnalité.

Selon lui, il faut voir l'amphithéâtre comme «une oeuvre, rattachée à son auteur, comme un artiste qui fait une sculpture. L'architecte fait des oeuvres et, dans ce cas précis, on espère un chef-d'oeuvre». Telle une oeuvre artistique, donc, qu'on dévoile sur la place publique, l'amphithéâtre n'appartient déjà plus à son créateur, mais à celui qui le regarde. Le Trifluvien seul, maintenant, pourra l'apprécier ou non, et juger si les 49 millions $ investis en valent la chandelle. 

Retour du lettrage fluvial

Même si certaines «déficiences» restent encore à corriger, déficiences «normales» dans ce type de projet, la bâtisse sera fin prête le 15 juillet prochain, et dans les limites de l'enveloppe prévue. «On est dans les coûts», assure le maire Yves Lévesque, ajoutant du même souffle que le calendrier sera respecté. «Il y a toujours des détails de dernière minute, mais globalement, ça va très bien.»

D'autres finitions seront ajoutées au fil des mois, entre autres le lettrage géant côté fleuve qui a fait couler beaucoup d'encre depuis 2011. 

Rappelons que cette idée était inscrite dans les plans architecturaux préliminaires déposés lors du concours. De prime abord, les lettres 3RVSSL y figuraient. Par la suite, la Corporation de l'Amphithéâtre avait jonglé avec l'idée de vendre au commanditaire le plus offrant l'opportunité d'y inscrire sa raison sociale. Une idée qui n'avait pas reçu un appui unanime de la communauté. M. Laurendeau s'était lui-même questionné quand à la pertinence de ce marchandage de la Ville. Le maire s'était rangé de son côté.

En mai 2014, la Ville décida finalement de biffer des plans l'installation de ces gigantesques lettres de pierre afin de respecter son budget. «Si, à la fin, on se rend compte qu'il reste suffisamment de budget pour ajouter cette décoration, on la gardera pour le dessert», avait alors mentionné Chantale Carignan, porte-parole de la Ville.

Dessert il y aura donc. Finalement, les passants et les plaisanciers pourront lire simplement le nom «Trois-Rivières» en grosses lettres, déposé dans l'aménagement paysager au pied des gradins. Un point de repère qui, espère l'architecte, deviendra l'image corporative... de la Ville. Une solution mitoyenne qui devrait, à son avis, trouver bonne grâce aux yeux de tous.

«Juste en écrivant Trois-Rivières, ça paraît tellement évident qu'il n'y a plus personne qui pourra remettre ça en doute. Ces lettres seront en bois et seront mises dans le cadre de l'aménagement, donc peut-être seulement au printemps prochain», précise Paul Laurendeau.

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