Mises à pied chez RCM: inquiétude, étonnement et incompréhension

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René Goyette, président de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Inquiétude, étonnement et incompréhension. C'est ainsi que la situation qui prévaut actuellement au sein du Groupe RCM a été reçue, jeudi, par divers intervenants, notamment par le président de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie, René Goyette, qui raconte avoir été «sous le choc» en apprenant la nouvelle dans Le Nouvelliste, jeudi matin.

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Jean-Guy Doucet a siégé pendant 25 ans au CA de RCM, dont 20 ans comme président. 

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

M. Goyette était d'autant plus inquiet que Récupération Mauricie, dont la Régie et le Groupe RCM sont propriétaires à parts presque égales, est sur le point de réaliser un projet de modernisation des installations de Récupération Mauricie de 2,4 millions $ à Saint-Étienne-des-Grès, dit-il.

Le problème, c'est que le directeur général du Groupe RCM qui est aussi directeur général de Récupération Mauricie, Michel Camirand, s'est fait demander, mercredi, de signer sa lettre de démission, effective aujourd'hui même, alors qu'il devait prendre sa retraite en septembre.

Avec lui, la mémoire organisationnelle, la connaissance et l'expérience s'en vont du même coup. La personne qui avait été entraînée pour prendre sa relève a elle aussi été congédiée récemment alors qu'une toute récente résolution du conseil d'administration lui accordait pourtant le poste.

«C'est vraiment dangereux», estime l'ancien président de RCM, Jean-Guy Doucet. «On enlève plusieurs personnes clés de la direction qui avaient une honnêteté, un respect et une reconnaissance des personnes. D'autres personnes qui ont signé pour tenir une assemblée spéciale sont menacées aussi», indique-t-il.

Le Nouvelliste a d'ailleurs eu des échos de l'intérieur en ce sens, jeudi.

Rappelons que ces deux mises à pied, de même que celle de la responsable des ressources humaines, Danielle Marchand, sont survenues après que RCM a découvert qu'Yvon Picotte, le président du conseil d'administration, et Guy Julien, le vice-président, reçoivent des jetons de participation (c'est-à-dire une rémunération) de l'entreprise Soleno Recyclage pour siéger au conseil d'administration de Soleno Recyclage.

L'affaire en soi n'est pas illégale, mais elle a suscité la colère de plusieurs membres du Groupe RCM qui souhaitaient changer le conseil d'administration parce que le fait n'aurait pas été déclaré, ce que réfutait mercredi Yvon Picotte.

Jean-Guy Doucet, qui fut bénévole pendant 25 ans au sein du Groupe RCM, dont il a aussi occupé la présidence pendant 20 ans, raconte avoir été «atterré», par ces mises à pied.

«J'ai travaillé plus de 15 ans avec Michel Camirand et avec Danielle Marchand. Ce sont deux personnes que j'ai toujours vues comme étant très honnêtes», dit-il, «très dévouées pour les personnes handicapées» qui composent la majorité du personnel de RCM. «Mme Marchand était payée 35 heures et elle en faisait souvent 50», illustre-t-il. Quant à Michel Camirand, dit-il, «il était intègre» au point d'en être parfois «rigide».

«Il a toujours pris l'intérêt de l'organisation», assure-t-il. Bien qu'il doive partir aujourd'hui, M. Camirand était d'ailleurs fidèle au poste, jeudi. Il a rencontré les employés, de même que le directeur général de la Régie et le président de Récupération Maurice, Claude Boulanger. Il a aussi envoyé un courriel aux membres de Récupération Mauricie afin de les informer des derniers développements dans le projet de modernisation de 2,4 millions $ du centre de tri de RM à Saint-Étienne-des-Grès.

M. Camirand sera remplacé par Lambert Bédard, un des membres du conseil d'administration de RCM.

M. Doucet signale que ça le fait «frissonner» quand M. Picotte justifie d'accepter des jetons de participation pour son travail bénévole pour la simple raison qu'il y met beaucoup de temps. Jean-Guy Doucet indique qu'il lui est arrivé de mettre entre 20 et 30 heures de bénévolat par semaine dans RCM sans en retirer un sou. «Il faut choisir son camp», plaide-t-il.

M. Picotte a déjà fait beaucoup de bénévolat, reconnaît-il, «mais s'il est tanné d'en faire et qu'il veut s'engager pour une entreprise privée, il faudrait qu'il le fasse», dit-il, mais «pas en fracassant toutes les structures», fait-il valoir.

Jean-Guy Doucet ne comprend pas sur quelles bases on a pu déplacer l'assemblée générale régulière qui devait avoir lieu le 17 juin et pour laquelle une convocation en bonne et due forme avait été envoyée à tous les membres. Le siège de président occupé par Yvon Picotte devait être en élection de même que deux autres postes. «Le rôle d'une assemblée générale, c'est justement de permettre aux membres du CA de s'expliquer», plaide-t-il, ce que MM. Picotte et Julien auraient pu faire à cette occasion, estime M. Doucet.

«Je trouve ça très, très pénible, dommage, inconcevable pour les personnes handicapées», dit-il. Les déclarations de M. Picotte à l'effet que Soleno pourrait «mettre les clefs sur la table» est source d'angoisse pour elles, estime-t-il. Il aurait mieux valu, selon lui, d'émettre «un message rassurant du président qui dit: on va travailler, on va essayer de se parler et de remettre les choses en place pour sauver vos jobs».

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