Bisbille au sein du Groupe RCM

RCM a congédié deux de ses employés en... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

Agrandir

RCM a congédié deux de ses employés en plus de demander à son directeur, Michel Camirand, de démissionner.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Trois employés du Groupe RCM, dont le directeur général, Michel Camirand et la directrice du personnel, Danielle Marchand, ont fait les frais d'une lutte intestine qui se joue présentement au sein de l'entreprise d'économie sociale. Mme Marchand a été congédiée, mercredi, tandis qu'on a demandé à M. Camirand de démissionner vendredi, lui qui devait prendre sa retraite en septembre. Une troisième personne a déjà été congédiée.

Yvon Picotte, président du Groupe RCM.... (Photo d'archives, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

Yvon Picotte, président du Groupe RCM.

Photo d'archives, Le Nouvelliste

Tout cela est arrivé après que 25 des 164 membres du Groupe RCM aient convoqué une assemblée extraordinaire de leurs membres actifs, le 22 juin prochain. M. Camirand et Mme Marchand ont toutefois reçu une mise en demeure, mercredi matin, demandant l'annulation de cette assemblée qui serait illégale. Une injonction sera prise si les membres persistent.

Les membres veulent rien de moins que la destitution du conseil d'administration composé d'Yvon Picotte, le président, de Guy Julien, Lambert Bédard, Patrick Hamelin, Yvan Lemay, René Bourassa et Lise Brouillette. Ils veulent aussi nommer un tout nouveau conseil d'administration.

Ce n'est pas la première tentative faite par les membres de RCM, depuis quelques semaines, pour tenir une assemblée spéciale afin de débattre de cette question. Même l'assemblée générale annuelle, qui devait avoir lieu ces jours-ci, a été reportée au mois d'août par le conseil d'administration, alors que des élections étaient prévues.

Yvon Picotte et Guy Julien sont les représentants désignés par le conseil d'administration de RCM au conseil d'administration de Soleno Recyclage depuis janvier 2014.

Rappelons que Soleno Recyclage inc. s'est associé avec le Groupe RCM, l'an dernier, ce qui avait évité de justesse la fermeture de RCM.

Le Groupe RCM possède 40 % des parts de Soleno Recyclage alors que 60 % appartiennent à Soleno.

MM. Julien et Picotte, reçoivent des jetons de présence, c'est-à-dire une compensation financière de la part de Soleno Recyclage, pour leur implication au CA de Soleno Recyclage qui totaliserait quelque 9000 $ par année.

Cette histoire de jetons n'aurait été découverte par RCM que tout récemment toutefois, selon les informations obtenues par Le Nouvelliste. Yvon Picotte, à qui nous avons parlé mercredi, affirme au contraire en avoir parlé. Selon lui, RCM a même adopté «en 2014, des prévisions budgétaires dans lesquelles c'était indiqué».

M. Picotte estime qu'il est tout à fait normal de recevoir des jetons de participation puisque son implication au CA de Soleno Recyclage nécessite un investissement de temps considérable. «L'an passé, je suis sorti 20 fois pour la compagnie un peu partout (au Québec)», illustre-t-il. «Soleno nous demande de rencontrer des groupes comme la Coop Fédérée, comme les agriculteurs. C'est comme si nous autres, il faudrait partir et aller passer une journée à Québec avec des agriculteurs bénévolement», plaide Yvon Picotte. «Tout ce qu'on va chercher comme clients additionnels, ça bénéficie aux deux entités à 60 %-40 %», fait-il valoir.

Mercredi midi, le conseil d'administration s'est donc réuni pour discuter de cette crise qui ébranle RCM. Il en est ressorti un «plan de redressement» qui touche trois employés cadres, dont une qui était en probation et qui a déjà été congédiée, indique M. Picotte.

Ce dernier ajoute qu'il s'est fait notamment dire, par cette employée-là, que l'association avec Soleno Recyclage était la pire entente que le CA ait pu faire. Cette employée a été congédiée pour ses propos, dit-il.

L'association avec Soleno, plaide Yvon Picotte, avait été recommandée par un rapport pour permettre de sauver RCM de la fermeture. En mettant fin au contrat de cette employée, «comme par hasard, la bisbille est partie», raconte M. Picotte.

Dans les coulisses, on nous indique que cette personne aurait plutôt été mise à pied quand elle a déterré l'affaire des jetons de participation et questionné les bienfaits, pour RCM, de l'association avec Soleno.

«On se parle par avocat», reconnaît Yvon Picotte «et notre partenaire (Soleno), qui n'a rien à voir là-dedans, pensez-vous qu'il trouve ça drôle?», plaide l'ancien ministre. «Ce qui risque d'arriver un bon matin, c'est qu'il va mettre les clefs sur la table et il va dire: Payez-moi mon 60 %, je m'en vais», prévient l'ancien ministre. S'il fait ça, non seulement RCM, mais les installations de recyclage de Saint-Étienne-des-Grès de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie seront dans le trouble, signale-t-il, car la moitié des actifs du Centre de tri de Saint-Étienne-des-Grès de la RGMRM appartient à RCM.

Toutefois, plusieurs personnes à qui Le Nouvelliste a parlé mercredi et qui sont interpellées personnellement ou indirectement par cette affaire estiment que la rémunération de MM. Picotte et Julien n'est pas éthique. Cela pourrait, croient certains, engendrer des situations de conflit d'intérêts.

RCM a obtenu un avis juridique à l'effet que la situation dans laquelle sont plongés MM. Picotte et Julien est pourtant légale.

Cette bisbille, qui a cours depuis plusieurs semaines, crée un climat de terreur au sein de l'OSBL puisque les informations ont coulé parmi les employés, a-t-on appris. Ces derniers, des personnes handicapées pour la plupart, auraient peur de perdre leur travail.

Le président du Groupe RCM indique que l'assemblée générale annuelle, qui devait avoir lieu ce mois-ci, a été remise en août. Yvon Picotte entend présenter à nouveau sa candidature à la présidence du conseil d'administration, en rappelant que c'est lui qui a sauvé RCM de la fermeture en suscitant une association avec Soleno en 2014.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer