Des élèves de Chavigny se mobilisent pour Raïf Badawi

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le ministre fédéral des Affaires étrangères Robert Nicholson recevra sous peu les lettres de 120 élèves de quatrième secondaire de l'école Chavigny, l'enjoignant à l'action dans le dossier du blogueur Raïf Badawi. Les adolescents ont joint leur voix aux milliers d'autres qui réclament la libération de l'homme condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour avoir émis sur son site Internet des propos jugés comme une «insulte à l'islam» par les autorités saoudiennes.

Raïf Badawi est détenu en Arabie Saoudite depuis le 17 juin 2012 et a reçu les 50 premiers coups de fouet de sa sentence le 9 janvier dernier. Il devait recevoir 50 coups chaque vendredi, mais la pression internationale a contribué à l'épargner de la flagellation de semaine en semaine jusqu'à maintenant. Son épouse et ses trois enfants sont réfugiés à Sherbrooke et attendent qu'il soit libéré et vienne les rejoindre. Le prisonnier a d'ailleurs obtenu cette semaine son certificat de sélection du Québec, première étape pour l'établissement d'un immigrant au Québec.

À l'école secondaire Chavigny, au début de 2015, l'animateur à la vie spirituelle et à l'engagement communautaire Jean Martineau a été interpellé par la campagne d'Amnistie Internationale incitant les gens à écrire des cartes réclamant la libération de prisonniers d'opinion. Inspiré par la démarche, il a rencontré les enseignants de français de l'école pour leur suggérer de marier l'engagement humanitaire à la pédagogie du français.

«À l'époque, la cause de Raïf Badawi faisait partie de cette campagne d'Amnistie. J'ai proposé aux enseignants d'utiliser ce prétexte d'écriture pour écrire au ministre des Affaires étrangères pour ajouter à la pression et faire en sorte de réunir cette famille-là», raconte M. Martineau. Alain Gaillardetz, enseignant en quatrième secondaire, a entendu l'appel et a invité ses élèves à écrire une lettre d'opinion sur le sujet, conforme aux règles du programme ministériel.

Les élèves ont d'abord procédé à une revue de presse hebdomadaire concernant le sujet. «Cette séquence nous a permis de réfléchir sur les principes démocratiques et leurs étroites relations avec la liberté d'expression», explique l'enseignant en ajoutant que les jeunes ont dû se familiariser avec des documents comme les chartes des droits et libertés de l'ONU et du Canada, la convention internationale contre la torture ainsi que les publications d'Amnistie Internationale.

«On s'est questionné sur la position des différents États démocratiques, principalement la position du parlement québécois et du gouvernement fédéral canadien. Ensuite, nous avons ciblé parmi cette masse d'informations celles qui pourraient appuyer notre argumentation, puis nous avons déterminé notre intention d'écriture, qui était de dénoncer la timidité voire la mollesse du gouvernement canadien dans ce cas-ci», complète-t-il.

Hier, trois élèves ont lu leur texte devant le député néodémocrate de Trois-Rivières Robert Aubin, chargé de les remettre au ministre Nicholson. Les jeunes filles ont évoqué les enjeux de la liberté d'expression comme valeur fondamentale, en priant le gouvernement d'agir pour faire annuler la condamnation de Raïf Badawi. Elle ont aussi plaidé de façon touchante pour la réunification de la famille du prisonnier d'opinion.

Le député Aubin a félicité les jeunes et les a assurés que leur action fera une différence dans le flot de la pression internationale.

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