Mérule pleureuse à Saint-Tite: poursuite de plus de 400 000 $

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Marie-Andrée Trudel pose devant sa maison ancestrale de Saint-Tite.

Photo: Olivier Croteau

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Saint-Tite) «Mon coin de paradis s'est transformé en enfer.» Si la pyrrhotite est considérée comme le cancer des maisons neuves, la mérule pleureuse peut aussi porter ce triste titre pour les maisons ancestrales et Marie-Andrée Trudel est en train d'en vivre la douloureuse expérience.

Ce champignon est clairement visible dans la demeure... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Ce champignon est clairement visible dans la demeure de Marie-Andrée Trudel.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Propriétaire d'une maison à Saint-Tite depuis 2001, Mme Trudel vient d'intenter une poursuite de plus de 400 000 $ contre un entrepreneur en construction et l'ancien propriétaire des lieux. Elle a embauché des spécialistes afin de savoir ce qui se passait dans sa maison depuis quelques années et le verdict est tombé: la mérule pleureuse a envahi son domicile construit vers 1900.

De 2001 à 2006, Mme Trudel assure que tout allait bien dans sa résidence. Jusqu'à ce qu'elle décide de remplacer sa terrasse de bois par une terrasse de béton à l'été 2006.

«Un entrepreneur a fait une galerie de béton à l'arrière de la maison, avec un sous-sol intégré. À la suite de ces travaux, on a commencé à avoir des infiltrations d'eau au sous-sol. Mais on a réalisé qu'il avait bouché les chantepleures dans le bas du mur de briques. Ça a fait en sorte que l'eau (de pluie), au lieu de sortir de la brique, a pénétré dans le mur et c'est ce qui a réveillé le champignon. C'est l'hypothèse qu'avancent les experts», raconte Mme Trudel, qui est en train de subir la même situation vécue il y a cinq ans à Maskinongé par Claude Vadeboncoeur et Jessy Paillé.

Selon la version de la plaignante, l'entrepreneur en construction réalise des travaux à la suite des infiltrations d'eau, mais ne fait jamais référence aux chantepleures bouchées. Lorsqu'elle constate de nouvelles infiltrations d'eau, au printemps 2007, la propriétaire suit les recommandations de son entrepreneur en construction. Elle installe un tuyau d'air chaud dans la pièce ainsi qu'un déshumidificateur.

La mérule est découverte au sous-sol en mai 2014. Mme Trudel fait appel à des spécialistes pour mesurer la qualité de l'air, pour assécher les lieux, pour trouver la souche du champignon et pour savoir de quelle façon on décontamine les lieux.

«On a enlevé une partie des champignons. Deux semaines après, tous les champignons sont revenus», se désole Mme Trudel, qui souffre d'un rhume chronique depuis les derniers mois et dont les enfants sont victimes de saignements de nez à répétition.

Selon le document déposé en Cour supérieure, Marie-Andrée Trudel a engagé une firme de biologistes en septembre 2014 afin d'en avoir le coeur net. Le rapport délivré un mois plus tard précise que les lieux présentent une concentration élevée de spores de la mérule pleureuse.

La présence de ce champignon tenace et nocif entraînera la démolition de cette maison. Pour les différents dommages causés par ce problème et pour les coûts de destruction et de reconstruction, Marie-Andrée Trudel réclame 429 000 $ à l'entrepreneur en question et à l'ancien propriétaire pour vice caché.

«Je souhaite que le dossier soit réglé cet automne, car je ne passerai pas un autre hiver dans cette maison-là», conclut la plaignante.

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