Rien n'arrête Le Trou du diable

Le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, et le... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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Le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, et le trésorier de la microbrasserie Le Trou du diable, Luc Bellerive, ont le goût de célébrer un nouvel investissement de 1,7 million $ annoncé mardi pour le centre de production de l'ancienne Wabasso.

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Où s'arrêtera la croissance du Trou du diable? Dix ans après la création de la coopérative et deux ans après l'arrivée d'un nouveau centre de production dans l'ancienne usine Wabasso, l'entreprise cherche encore son souffle pour répondre à la demande.

Mardi matin, le gouvernement du Québec a annoncé un soutien financier de 441 500 $ sur un investissement total de 1,7 million $ pour la commercialisation des bières artisanales au Canada, aux États-Unis et en Europe, de même que pour l'acquisition d'équipements spécialisés pour accroître la capacité de production.

Le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, est venu confirmer cette participation au salon Wabasso de la Shop du Trou du diable. L'aide financière comprend un montant de 416 500 $ provenant du Fonds de diversification économique du Centre-du-Québec et de la Mauricie, dont 400 000 $ en prêt et 16 500 $ en subvention. Une autre contribution non remboursable de 25 000 $ est accordée, provenant cette fois du Programme d'appui au redressement et à la rétention d'entreprises du ministère de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations.

«L'engouement suscité par les bières artisanales de la microbrasserie Le Trou du diable ne cesse d'augmenter», constate M. Giguère, qui procédait à l'annonce au nom du ministre responsable de la Mauricie, Jean-Denis Girard. «Voilà des projets stimulants qui permettront d'accroître nos exportations, en plus de créer de la richesse et des emplois dans notre région.»

En effet, aux 27 employés actuels à la Shop du Trou du diable s'en ajouteront une vingtaine d'autres grâce à ces investissements. En combinant les activités du pub de l'avenue Willow, l'entreprise atteindra la barre des 100 emplois d'ici trois ans. Elle en comptait sept en 2005.

Luc Bellerive, trésorier de la coopérative, convient qu'il doit parfois se pincer pour réaliser l'ampleur de cette croissance.

«On va très bien... peut-être même un peu trop», sourit-il.

Déjà en janvier 2014, l'entreprise avait procédé à l'achat de quatre nouvelles cuves pour répondre à la demande.

En fait, avant 2013, Le Trou du diable produisait annuellement 1000 hectolitres de bière sur l'avenue Willow. L'entreprise visait quintupler ce rendement à son nouveau centre de production après trois ou quatre ans. Le défi est déjà relevé, au point où M. Bellerive croit réaliste d'atteindre 15 000 hl d'ici 2018. En poussant un peu la machine, l'automatisation du processus pourrait permettre d'aller jusqu'à 18 000 ou 20 000 hectolitres par année.

Les nouveaux équipements de production comprendront une enfûteuse plus performante, une centrifugeuse, une deuxième salle d'embouteillage pour les brassins spéciaux et un chai de vieillissement de bières composé de 1000 barriques de 200 litres et de quatre foudres de 5000 litres, la pierre angulaire du projet, précise M. Bellerive. De nouvelles cuves seront aussi achetées dans ce plan d'investissement et les réaménagements des espaces d'expédition et d'entreposage deviendront également nécessaire.

Notons que la Shop du Trou du diable accueille des spectacles et des événements corporatifs au salon Wabasso. Enfin, une boutique souvenirs a ouvert ses portes en décembre dernier. En fait, l'entreprise souhaite faire de ses installations de l'avenue de la Station une véritable attraction touristique.

Bonne décision d'affaires

La décision du Trou du diable d'intégrer un immeuble appartenant à la Société de développement de Shawinigan avait provoqué quelques murmures en 2013. Certains jugeaient que la Ville entrait directement en compétition avec des promoteurs privés du territoire.

M. Bellerive souligne que les espaces disponibles ont fortement contribué à rencontrer rapidement les perspectives de croissance dictées par le marché.

«Ça nous donne un bon coup de main», convient-il. «Surtout pour l'espace, pour la croissance. Construire une usine de 20 000 pieds carrés et avoir la chance d'en ajouter 10 000 en deux ans... C'est sûr que ça nous donne un bon coup de main que cet espace soit disponible.»

La qualité des produits de la microbrasserie lui a permis d'amasser une trentaine de prix internationaux jusqu'ici. La demande est devenue si forte que le retard de quelques semaines observé dans le projet d'agrandissement place certaines étiquettes en situation délicate. En avril et en mai, les ventes des produits du Trou du diable ont doublé par rapport à la même période l'an dernier.

«Personne n'aurait pu prédire ça», résume M. Bellerive. «Actuellement, le marché est en notre faveur. Je pense aussi qu'on travaille bien!»

«Le marché du Québec est un peu en retard sur le marché américain», ajoute-t-il. «Aux États-Unis, on se pose la même question depuis 15 ans: à quel moment la bulle va éclater? Je ne suis pas sûr qu'elle va éclater. Les grandes brasseries perdent beaucoup de plumes présentement, mais elles occupent encore 93 % du marché à domicile. Il y a encore beaucoup de place pour les nouveaux.»

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