Daniel Lequin a couru 20 km aux côtés du pompier Maxime Fournier

Daniel Lequin, ici à gauche, portait le dossard... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Daniel Lequin, ici à gauche, portait le dossard 1262 lors du Demi-marathon des pompiers de Shawinigan. Le jeune Maxime Fournier, à droite, arborait le numéro 1208.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il a vu la mort de près. Trop près. Plutôt, la mort courrait derrière lui. Lorsqu'il s'est retourné, il était trop tard. La mort venait de frapper un jeune pompier de 21 ans avec qui il partageait la route depuis un peu plus de vingt kilomètres.

Le blogueur à RDS, Daniel Lequin, est également un marathonien de longue date. En août prochain, il franchira à Québec les 42,2 kilomètres de son 60e marathon. Dimanche dernier, jour fatal, le hasard a fait en sorte que Daniel Lequin foule les mêmes pas que Maxime Fournier. Dans le cadre de ses fonctions de blogueur, M. Lequin souhait s'inspirer pour écrire un article «original» sur la course à pied. Il a donc choisi le désormais tristement célèbre Demi-Marathon des pompiers de Shawinigan.

Le hasard, donc, a voulu qu'il accompagne l'équipe des pompiers de Shawinigan, l'équipe qui ouvrait la Course du bonheur. «Les cinq gars avec qui j'étais, c'étaient des athlètes», assure d'emblée M. Lequin.

Vingt kilomètres de sourire, de rire, de pure bonne humeur. Lorsqu'il s'est retourné, après vingt kilomètres, Daniel Lequin a vu dans le coin de son oeil le jeune Fournier chuter. Du moins, il croyait qu'il avait chuté. Il croyait si bien qu'il avait chuté que M. Lequin a continué sa course, persuadé que le pompier de 21 ans le rattraperait de quelques foulées de jambe. Il ne le rattrapera jamais. La mort venait de frapper.

«Je ne m'attendais pas à ça. Lorsque tu participes à une course, c'est la dernière chose que tu penses qui va arriver», signale M. Lequin. «Maxime courait en biais derrière moi. Je l'entendais courir lourdement. Pensant qu'il s'agissait d'un coureur qui voulait me dépasser, je me suis tassé, j'ai regardé au-dessus de mon épaule et je l'ai vu tomber. J'ai aussitôt pensé qu'il s'était accroché dans un trou, je ne sais pas, un canal.»

M. Lequin et les quatre autres pompiers de l'équipe ont continué leur course comme si de rien n'était. «On s'est tous dit: il va se relever et il va revenir nous rejoindre, comme on était à un kilomètre de la fin», se souvient le blogueur. «Tu ne penses pas à quelque chose d'aussi grave. Ça s'est passé tellement vite...» Effectivement, Maxime Fournier ne se relèvera jamais.

Le 30 août prochain, M. Lequin participera au Marathon de Québec. Quarante-deux kilomètres qu'il souhaite dédier à Maxime Fournier. Quatre-deux kilomètres où, M. Lequin en est convaincu, le jeune homme l'accompagnera pas à pas. Le marathonien réfléchit même à la possibilité d'inviter d'autres coureurs à se joindre à lui, peut-être via une annonce sur les réseaux sociaux.

«Lors de mon prochain marathon, j'ai décidé de courir pour lui», affirme-t-il. Sur un blogue, il écrit même, en s'adressant directement à Maxime Fournier: «Dorénavant, tu m'accompagneras lors de mes éventuels marathons. Je suis assuré que je sentirai ta présence à mes côtés et tu sauras bien me protéger.»

«Je vais courir en ton honneur. Nous en profiterons pour jaser, pour blaguer, pour se raconter des anecdotes. La vie a permis par un pur hasard de te mettre sur mon chemin. Ce n'est pas pour rien que l'on s'est croisé. J'en suis des plus reconnaissant. J'arrête d'écrire, car je ne vois plus très bien les lettres de mon clavier...»

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