Course à pied: les décès sont rares

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Les adeptes de la course à pied se font de plus en plus nombreux.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La course à pied gagne en popularité au Québec depuis une dizaine d'années. Plus d'un million de Québécois s'adonnent à ce sport. En un clin d'oeil, la rue devient une salle d'entraînement. Cela dit, cette accessibilité n'en fait pas une activité physique qu'il faut prendre à la légère.

Joint par Le Nouvelliste, l'athlète, entraîneur, conférencier et auteur des livres Courir au bon rythme, Jean-Yves Cloutier, destine quelques conseils à Monsieur et Madame Tout-le-monde qui choisirait la course pour se (re)mettre en forme. «Ce sont toujours des accidents malheureux, ce ne sont pas les premiers, ce ne seront pas les derniers, malheureusement», souligne d'emblée M. Cloutier en faisait référence tant au décès du jeune pompier de Shawinigan que du décès d'un homme de 49 ans qui s'est également écroulé à un kilomètre du fil d'arrivée le 31 mai dernier dans le cadre du Défi des entreprises tenu à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier.

«Comme on attire beaucoup de courses, je ne dis pas que les probabilités sont plus grandes, mais c'est sûr que la popularité du sport augmente les probabilités. Il n'y a pas eu trop de décès dans les années 1990 alors que la course était à la baisse. Depuis dix ans, la course a pris de l'ampleur et, malheureusement, ce sont des choses qui arrivent.»

Comme Maxime Fournier était pompier, jeune et, de surcroît, en bonne forme physique, M. Cloutier estime qu'un problème congénital ou héréditaire pourrait expliquer cette triste fin de course, «bien que je ne suis pas médecin. D'après moi c'est ça, car à premier vue, dans les pompiers, ils n'ont pas le choix de passer un test physique et un test médical assez soutenu, d'autant plus que ça ne faisait pas longtemps qu'il était pompier, donc il a certainement dû subir une évaluation de santé il y a quelques mois. C'est sûr qu'à partir de là... On est toujours surpris lorsque c'est un jeune. Mais souvent, les décès qu'on a eus dans les dernières années, la majorité des coureurs étaient tous en forme.»

M. Cloutier souligne que des règles de base doivent être respectées lorsqu'on choisit la course à pied comme tremplin vers une (re)mise en forme. D'emblée, il faut savoir se fixer «des objectifs réalistes, des objectifs à notre portée». Il n'est pas donné à toutes les chaussures de parcourir un demi-marathon de 21,1 kilomètres sans avoir préalablement monté une à une les marches d'un entraînement adéquat en fonction de son état de santé initial. Ainsi, une préparation minimale et un entraînement régulier sont des «polices d'assurance» à ne pas négliger, sans omettre du même souffle les signes avant-coureurs envoyés par le corps.

Une préoccupation reprise par la kinésiologue et entraîneuse des Demois'Ailes de Trois-Rivières, Judith Chalifour. «Avant de se mettre à la course, avant de se mettre au marathon, ce serait plus prudent de passer un test au niveau cardiaque. Il faudrait visiter son médecin pour voir, au niveau génétique, si on n'a pas des symptômes. Et ce, même pour les gens qui sont déjà en forme», conseille Mme Chalifour. «Mais souvent, les débutants ne connaissent pas leur état de santé.»

Cela dit, Mme Chalifour rappelle que malgré ces décès, malheureux mais rarissimes, il n'en demeure pas moins que la pratique de la course à pied procure beaucoup plus de bienfaits que d'effets néfastes. «En faisant de l'activité physique, tu as plus de chance de diminuer les risques cardiaques que de provoquer un décès comme en fin de semaine. L'avantage de faire de l'activité physique, c'est de diminuer les risques de contracter plus de vingt-cinq conditions physiques chroniques. Il y a donc beaucoup d'avantages, mais il faut pratiquer l'activité physique de façon sécuritaire.»

Quelques décès en course à pied

25 septembre 2011

Marathon de Montréal - Un homme de 32 ans

5 mai 2013

Marathon de Toronto - Une jeune fille de 18 ans à 1 km de la ligne d'arrivée

31 mai 2015

Course à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier - Un homme de 49 ans

7 juin 2015

Demi-marathon de Shawinigan - Un homme de 21 ans

On estime qu'un coureur de marathon (42,2 km) sur 100 000 est susceptible de succomber avant d'avoir franchi la ligne d'arrivée. Les probabilités de mourir en franchissant la même distance en voiture sont deux fois plus élevées.

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