Enquête d'éduc'alcool: les Mauriciens, les plus modérés au Québec

C'est en Mauricie que les automobilistes sont les... (PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS)

Agrandir

C'est en Mauricie que les automobilistes sont les plus susceptibles d'être interceptés à un barrage routier.

PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les Mauriciens sont les plus modérés au Québec. Du moins lorsqu'il s'agit de prendre un verre. Ils sont les plus vieux, les plus sujets aux barrages routiers dressés par les forces de l'ordre et, de surcroît, les buveurs les plus raisonnables. C'est du moins la conclusion qui ressort d'une vaste enquête menée par Éduc'alcool dans toutes les régions du Québec.

Le coup de sonde a été mené auprès de 2400 personnes en décembre dernier, un échantillon d'envergure, une première pour l'organisme de prévention. Les données régionales sont depuis diffusées au compte-gouttes et devraient être publiées prochainement. Rejoint par Le Nouvelliste, le directeur général d'Éduc'alcool, Hubert Sacy, a bien voulu dévoiler en primeur les chiffres colligés pour la région 04. Les données pour le Centre-du-Québec et pour les autres régions seront diffusées au cours des prochaines semaines.

Une pôle position, donc, pour les citoyens de la Mauricie, qui pourrait s'expliquer par trois considérants. Considérant que les données démographiques démontrent que la Mauricie compte dans ses rangs une population vieillissante et qu'il existerait une corrélation directe entre l'âge et le niveau de consommation d'alcool; considérant que les Mauriciens sont parmi les Québécois les plus susceptibles de frapper un barrage routier et, enfin, considérant que 98 % des Mauriciens affirment connaître le slogan d'Éduc'alcool, soit «La modération a bien meilleur goût»; ceci expliquant cela, «la Mauricie, vous êtes les plus petits buveurs du Québec», lance d'emblée M. Sacy.

D'abord l'âge. «Les gens réduisent leur consommation d'alcool à mesure qu'ils prennent de l'âge, parce qu'ils ont appris ou pour des raisons de santé, par exemple parce qu'ils prennent des médicaments contre-indiqués avec la consommation d'alcool», souligne le directeur général. «Le niveau de consommation plus faible observé en Mauricie peut être ainsi associé au fait qu'on y retrouve une proportion élevée de gens âgés de 65 ans ou plus (26 %).»

Deuxièmement, les barrages routiers. Au cours de la dernière année, 33 % des automobilistes ont affirmé avoir vu un barrage routier érigé sur les routes du Québec en rapport avec la sobriété. Un pourcentage qui grimpe à 46 % en Mauricie, ce qui en fait la région où les automobilistes sont les plus susceptibles, après l'Abitibi-Témiscamingue (47 %), de souffler dans un alcootest.

«Vous êtes davantage surveillés qu'ailleurs. Il y a un lien direct entre consommation d'alcool au volant et barrage routier. Lorsqu'on s'époumone à dire que la meilleure façon de réduire la conduite avec les facultés affaiblies, c'est d'augmenter la perception qu'on va se faire prendre, c'est vrai. Plus tu as de barrages policiers, moins tu as de conduite avec les facultés affaiblies», résume M. Sacy.

Selon lui, les peines encourues pour l'automobiliste qui conduit sous l'effet de l'alcool importent moins que la perspective de se faire prendre. «Le citoyen qui n'a jamais vu de barrage de sa vie est plus porté à prendre une chance. Notre étude démontre que le lien est ici direct.»

Notons qu'en 2014, la Sécurité publique de Trois-Rivières (SPTR) a arrêté 285 personnes pour conduite avec les facultés affaiblies par l'alcool, comparativement à 380 deux ans auparavant. Dans son rapport annuel 2014, la SPTR remarque «une diminution constante [du nombre d'arrestations], malgré le fait que notre contrôle en la matière et le nombre de patrouilleurs affectés à la surveillance routière soient demeurés les mêmes».

Enfin, le slogan d'Éduc'alcool, répété ad nauseam depuis des années, porterait ses fruits partout au Québec. La quasi-totalité des Québécois (92 %) affirme connaître la phrase fétiche des buveurs modérés, une proportion qui avoisine les 98 % en Mauricie. Idem pour le Centre-du-Québec. «Notre slogan est hyper

connu en Mauricie. Vous faites parti des tops régions qui le connaissent, et ça c'est génial», se réjouit M. Sacy.

Éduc'alccol compte utiliser ces nouvelles données pour mieux sensibiliser la population aux risques d'une consommation d'alcool abusive, voire pour adapter ses campagnes d'information en fonction des réalités régionales.

Données en bref

De l'étude menée par Éduc'alcool, notons quelques résultats en bref spécifiques à la  Mauricie. Ainsi, 74 % des gens interrogés ont affirmé avoir bu de l'alcool au cours des 12 derniers mois, le vin étant la boisson la plus populaire dans une proportion de 29 %. Et c'est à la maison (80 %) et non au restaurant (54 %) ou dans un bar (19 %) que les Mauriciens aiment lever le coude avec modération,

bien qu'un endroit n'exclut pas l'autre. 

Sur une note plus éméchée, 3 % des citoyens habitant au nord du pont Laviolette admettent boire plus de neuf consommations par jour (0 % à l'échelle du Québec), une proportion qui monte à 6 % lorsqu'on ajoute un verre supplémentaire (9 % au Québec). Somme toute, 24 % des gens se contentent de boire 2 ou 3 fois par mois, voire moins d'une fois par mois (12 %). 

Selon les plus récentes données de Statistiques Canada, le Québec demeure la province où il y a le plus grand pourcentage de consommateurs d'alcool au pays. De fait, près de 83 % des Québécois âgés de 15 ans et plus sont des buveurs, comparativement à 76 % à l'échelle canadienne. En 2012, le Québec comptait 2,7 % de consommateurs présentant de graves problèmes liés à l'alcool (3,3 % au Canada), alors que ce taux était de 4 % dix ans auparavant.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer