Kruger: les employés acceptent l'offre patronale

Martin Blais, secrétaire-trésorier du syndicat local, Stéphane Gosselin,... (photo: François Gervais)

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Martin Blais, secrétaire-trésorier du syndicat local, Stéphane Gosselin, président, Denis Tessier, vice-président, et Steve Saint-Pierre, représentant national d'Unifor.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'offre est acceptée. Les travailleurs de la section locale 136 affiliée Unifor ont paraphé la proposition de Kruger, jeudi. Pour le meilleur selon certains, pour le pire selon d'autres. Lors d'une assemblée houleuse tenue hier en fin d'après-midi, les 137 employés qui se sont déplacés pour voter au cours de la journée, sur les 159 votants inscrits sur les listes, ont ainsi accepté de suivre la ligne dictée par Unifor, alors que l'exécutif de leur syndicat local leur proposait plutôt de continuer le combat.

À majorité, les syndiqués présents ont refusé en retour de dévoiler le pourcentage des pour et des contre. Un employé rencontré à la sortie rapporte que les discussions ont été très animées, laissant présager du même souffle un vote serré.

«La seule affaire que je souhaite, c'est que la compagnie respecte ses employés. C'est sûr qu'on n'est pas dans un marché favorable, mais je reste convaincu qu'on aurait pu avoir un petit gain. Je trouve ça drôle qu'il [l'employeur] nous arrive avec un projet [d'investissement] au milieu de la négociation. C'est sûr qu'il joue sa game», souligne l'employé. «J'ai demandé à un de mes confrères qui était sur le comptage et il m'a dit que c'était très serré.»

Le représentant national d'Unifor, Steve Saint-Pierre, se réjouit de la décision des employés et espère que, malgré la visible dissension au sein des travailleurs, un climat de travail plus serein reviendra dans l'enceinte de l'usine du boulevard Gene-H.-Kruger.

«Nous, sur le côté syndical, on va travailler pour obtenir le projet, il y a un signal qui a été lancé à l'employeur. Je pense que l'employeur a un post mortem à faire au niveau des relations de travail. Le climat s'est grandement détérioré au cours des dernières années. Je pense qu'on devrait repartir sur ces nouvelles bases et aller de l'avant pour le futur de l'usine», signale M. Saint-Pierre.

«Il faut améliorer le climat de travail entre nous. Il faut que les gens se tiennent. Peu importe le résultat du vote, on n'est pas là pour se chicaner entre nous», ajoute le représentant d'Unifor.

Signée pour les quatre prochaines années, cette entente devrait permettre à Kruger de réaliser «un investissement majeur» qui, selon la direction, «consoliderait nos activités à Trois-Rivières et protégerait de nombreux emplois directs et indirects dans la région pour plusieurs années à venir», écrit l'employeur dans une lettre envoyée à tous les employés le 2 juin dernier.

«Nous sommes présentement à l'heure des choix et la société Kruger est prête à investir à Trois-rivières, mais seulement dans la mesure où les conditions de réussite seront réunies. [...] L'avenir de votre usine dépend donc de votre volonté», poursuivait alors la direction. Une demande patronale qui, en somme, aura porté ses fruits.

Visiblement déçu, le président de la section locale 136 n'a pas voulu commenter le résultat du vote, passant le micro à son homologue national d'Unifor. Ce dernier estime que les travailleurs ont réalisé des gains, bien que les avancées espérées par les travailleurs ne soient pas au rendez-vous.

En effet, les syndiqués escomptaient un rattrapage salarial de 10 % pour palier les concessions faites par le passé, sans compter le gel de leur salaire sur une période de cinq ans.

«Les gens voulaient récupérer ces pertes-là. On a tenté de récupérer certaines pertes. C'est sûr que le contrat, c'est un contrat à la hausse, il n'y a eu aucune concession de faite. Maintenant, on regarde pour le futur», renchérit M. Saint-Pierre.

«L'entente respecte l'entente cadre, même légèrement dépassée», ajoute-t-il, faisant référence à l'entente cadre qui réglemente actuellement les salaires et avantages des employés de l'industrie forestière au Canada.

Le contrat accepté jeudi est assujetti à 2 % d'augmentation salariale par année, à laquelle s'ajoutent

75 cents supplémentaires de l'heure pour les hommes de métier. Qui plus est, la nouvelle entente enregistre une bonification des avantages sociaux, ainsi que «la problématique au niveau du régime de retraite qui a également été réglée», précise M. Saint-Pierre.

Rappelons que les syndiqués appelaient de leurs voeux un retour à un régime de retraite à prestations déterminées et non à prestations ciblées tel qu'on les retrouvait avant l'entente de jeudi.

Avec cette entente signée avec ses employés de la section locale 136, Kruger pourra aller de l'avant avec son projet d'investissement de 200 millions $ en vue d'implanter une machinerie capable de fabriquer du carton.

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