Saut en politique d'Yvon Boivin: des critiques bien senties

Yvon Boivin a confirmé sa candidature pour le... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Yvon Boivin a confirmé sa candidature pour le Parti libéral, mardi matin. Il était accompagné du du candidat libéral fédéral dans Saint-Maurice/Champlain, François-Philippe Champagne.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le député NPD de Trois-Rivières, Robert Aubin est passé en quelques instants d'allié d'Yvon Boivin à adversaire potentiel, mardi, lorsque le président de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite a annoncé qu'il devenait candidat libéral dans la même circonscription fédérale que lui.

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Robert Aubin

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Dominic Therrien, candidat conservateur dans Trois-Rivières.

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Ce qu'il «y a de plus surprenant», indique M. Aubin, «c'est le fait qu'il y a quelques semaines à peine encore, je discutais avec lui et l'on travaillait sur l'offre qu'allait faire le NPD aux victimes de la pyrrhotite alors qu'il aurait pu, peut-être, se retirer du dossier», raconte M. Aubin. «Peut-être que sa réflexion n'était pas terminée», analyse-t-il.

«Mais la plus grande surprise», indique M. Aubin, «c'est cette association avec le Parti libéral alors que depuis quatre ans, ce qu'on voit, c'est que toutes les fois qu'un député néo-démocrate, que ce soit moi ou Ruth Ellen (Brosseau), aborde la question de la pyrrhotite, systématiquement, les conservateurs ferment la porte alors que les libéraux, eux, ne l'ont jamais ouverte», dit-il. «Même Lise St-Denis, qui est une députée de la région, devrait être sensible au malheur qui se passe chez nous, mais elle n'a jamais formulé une question à la période de questions sur ce sujet-là», déplore M. Aubin.

Pour sa part, le candidat conservateur dans Trois-Rivières, Dominic Therrien, ne mâchait pas ses mots, mardi. «On comprend maintenant pourquoi il ne voulait pas travailler avec moi. Il y a deux ou trois semaines, il a refusé de me rencontrer. Vous vous rappellerez aussi qu'il avait eu des mots très durs à mon égard (sur la page Facebook de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite) m'invitant à ne pas participer à la marche de samedi», rappelle M. Therrien. Ce dernier a indiqué mardi qu'il allait prendre part néanmoins à la marche de samedi.

Quant au moment choisi par M. Boivin pour faire son annonce, M. Therrien trouve «qu'il y a quelque chose d'indécent là-dedans dans la mesure où, à ce moment-là, lorsqu'il a refusé de travailler avec moi, il est évidement maintenant qu'il poussait ses intérêts personnels, ses intérêts politiques, au détriment des intérêts des victimes de la pyrrhotite. Que M. Boivin veuille faire de la politique, il n'y a aucun problème avec ça, mais le timing de l'affaire... et de voir M. Boivin mousser la marche de samedi, refuser de me rencontrer pour placer de l'avant ses intérêts politiques, je pense qu'il y a quelque chose là-dedans qui n'est pas correct», estime M. Therrien.

De son côté, le professeur Jason Luckerhoff de l'UQTR, qui a récemment dévoilé les résultats préliminaires d'une recherche réalisée sur la pyrrhotite et ses victimes, estime que «dans le cas singulier où le président, porte-parole et cofondateur d'un organisme, annonce qu'il se présente en politique en faisant de la pyrrhotite son enjeu principal, une telle coalition n'a d'autre choix que de se retirer de l'espace public, le temps de la campagne électorale», dit-il.

Si tel n'est pas le cas, ajoute le professeur Luckerhoff, «il y aura toujours apparence de conflit d'intérêts, même si les bénévoles et employés font preuve d'une grande transparence, d'une grande intégrité et d'une éthique remarquable. La Coalition pourrait toujours avoir l'air de favoriser son ancien président», estime-t-il.

Plusieurs personnes ont émis des commentaires sur la page Facebook de la Coalition, mardi, et les opinions étaient fort partagées. L'une d'elles parle d'une «grosse perte pour la CAVP», alors qu'une autre estime que «le timing n'est pas vraiment bon».

«Quel avenir pour la CAVP si M. Boivin démissionne?», peut-on lire dans un autre commentaire. Certaines personnes croient qu'Yvon Boivin a abattu tout le travail à la CAVP pour lui-même et non pour les victimes.

Interrogé à ce sujet, mardi, M. Boivin a répondu ceci: «Ça fait combien d'années que je m'implique dans cette cause-là? Derrière moi, j'ai six ans de travail acharné, d'intégrité», dit-il en rappelant que sa maison a été réparée il y a déjà quatre ans et qu'il aurait pu se retirer alors du dossier.

Dominic Therrien estime que M. Boivin aurait toutefois dû se retirer «dès qu'il a eu des discussions avec le Parti libéral» concernant sa candidature.

Yvon Boivin reconnaît que lorsqu'il a interpellé M. Therrien sur Facebook, «j'étais peut-être en mode réflexion. Mais tout a été dit par rapport à ça, La Coalition a réagi», rappelle-t-il.

L'annonce d'Yvon Boivin promet une campagne électorale fédérale fort intéressante, s'il est choisi à l'investiture libérale, alors que les électeurs devront décider entre lui, le conservateur Dominic Therrien, le néo-démocrate Robert Aubin et le bloquiste André Vallois.

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