Bébé Victoria, un an plus tard

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Mélissa McMahon, Simon Boisclair et leur fille Victoria ont assisté lundi à l'annonce faite par Facebook Canada de la publication des alertes Amber sur son réseau.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Tout le Québec était bouleversé il y a un an par l'enlèvement d'un bébé naissant à l'hôpital de Trois-Rivières. Heureusement, la petite Victoria a été retracée quelques heures après son enlèvement, grâce notamment à la diffusion par la police d'un avis de recherche sur les médias sociaux. Toute cette histoire a incité Facebook Canada à publier les alertes Amber sur son réseau, une fonction accessible dès maintenant.

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Victoria, qui fête aujourd'hui son premier anniversaire, avait l'air de trouver bien intéressant ce micro de reporters présents lundi à Ottawa pour assister à la conférence de presse de Facebook Canada qui annonce que les alertes Amber sont disponibles sur son réseau. On aperçoit la bambine dans les bras de son père, Simon Boisclair. 

Sean Kilpatrick, La Presse Canadienne

Cette image du lieutenant trifluvien Roland Brouillette ramenant... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 1.1

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Cette image du lieutenant trifluvien Roland Brouillette ramenant Victoria à ses parents a fait le tour des médias en mai 2014.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Le 26 mai 2014 en début de soirée, Victoria est enlevée par Valérie Poulin Collins. Cette dernière, vêtue d'un uniforme d'infirmière, s'est présentée à la chambre des parents de Victoria en prétextant qu'elle devait aller peser le bébé. Elle a plutôt quitté l'hôpital avec le poupon, ce qui a entraîné une vaste opération policière visant à les retracer.

Quatre jeunes adultes de Trois-Rivières ont vu l'avis de recherche publié sur Facebook et ont aidé la police à retrouver Valérie Poulin Collins dans son logement. Saine et sauve, Victoria a été ramenée à ses parents quelques heures plus tard. Pour sa part, Valérie Poulin Collins a reconnu sa culpabilité d'avoir enlevé l'enfant et a écopé d'une peine d'emprisonnement de 31 mois en octobre dernier.

Simon Boisclair et Mélissa McMahon étaient à Ottawa lundi en compagnie de leur fille âgée d'un an afin d'assister à l'annonce faite par la direction de Facebook Canada.

«On prend ça avec beaucoup de joie et on est vraiment très heureux. Mais c'est sûr qu'on a une pensée pour les enfants qui n'ont pas eu cette chance d'avoir cet outil-là et qui sont encore à ce jour disparus», témoigne Mélissa McMahon, en faisant référence à Cédrika Provencher, disparue depuis près de huit ans.

Le souvenir du dossier de Cédrika Provencher était d'ailleurs bien présent au quartier général de la Sécurité publique de Trois-Rivières lorsque l'appel pour la disparition de Victoria est entré en ce début de soirée du 26 mai.

«C'est un gros événement, un événement d'importance qui a impliqué beaucoup de ressources, techniquement et émotionnellement. On avait tous en tête le spectre de Cédrika Provencher. On n'est pas sans y penser», confie l'agent Michel Letarte, porte-parole de la Sécurité publique de Trois-Rivières.

L'agent Letarte indique qu'une grande fébrilité se dégageait du poste de police.

«Autant ça a marqué la population, autant ça a été marquant pour les policiers. On se disait: "Voyons donc, c'est incroyable." Mais ça a amené très rapidement tout le monde à mettre le focus sur ce dossier. Tout le monde voulait la retrouver.»

La constitution d'une cellule de crise, l'apport d'enquêteurs, le travail du service d'identité judiciaire qui a réussi à extraire une image de qualité de Valérie Poulin Collins du système de caméras de surveillance de l'hôpital, la collaboration avec la Sûreté du Québec, l'enclenchement de l'alerte Amber, tout a été mis en place pour que l'opération policière ait du succès.

«Le dossier répondait aux critères de l'alerte Amber. On avait un enfant, un véhicule, la photo d'une personne suspecte. Le procédé a fonctionné, on a eu un dénouement heureux. Plus vite on a l'information, plus vite on peut réagir», explique l'agent Letarte.

Le Centre hospitalier affilié universitaire régional (l'hôpital du boulevard du Carmel) a apporté certaines modifications à son protocole de sécurité entourant les bébés à la suite de cet événement. L'arrivée en octobre d'un bracelet électronique pour les poupons fait partie de ces améliorations, de même que le rehaussement du système de surveillance par caméras.

«C'est une famille sur deux qui fait le choix d'utiliser le bracelet électronique pour son poupon. C'est une mesure volontaire», rappelle Audrey-Ann Milot, porte-parole du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, tout en soulignant que l'expérience bouleversante de l'enlèvement de Victoria a causé un accroissement du niveau de vigilance des gens de l'hôpital.

Cette vigilance accrue a d'ailleurs entraîné deux fausses alertes de disparition de poupons. La Sécurité publique de Trois-Rivières confirme qu'au moins deux appels de disparition de bébés ont été logés à ses services depuis quelques semaines. Heureusement, ces appels étaient non fondés, le bracelet ayant sonné en raison possiblement d'un mauvais désactivage de ses fonctions lors du départ du bébé et de ses parents. 

Une inspiration

Les alertes Amber sont émises après le signalement de disparition d'enfants. Le succès de ces alertes repose sur leur diffusion à large échelle et sur le bouche-à-oreille, comme ce fut le cas pour la disparition de Victoria.

Kevin Chan, chef des politiques publiques de Facebook Canada, ne cache pas que la compagnie s'est inspirée de l'histoire de Victoria pour mettre de l'avant sa nouvelle fonctionnalité.

«Quand on a vu ça, on s'est dit: "Les gens utilisent déjà Facebook pour partager de l'information sur les enfants disparus et on peut bâtir quelque chose de plus automatique qui va nous aider à retrouver les enfants disparus. Pour nous, ce qui est important, c'est de partager l'information avec les bonnes personnes au bon moment", a raconté M. Chan lors de cette annonce faite lundi à Ottawa dans le cadre de la Journée internationale des enfants disparus. 

Les alertes Amber apparaîtront uniquement sur les fils d'actualités des utilisateurs de Facebook mobile qui vivent dans la zone de recherche ciblée par les autorités policières. Ces utilisateurs pourront à leur tour relayer l'information à leurs contacts.

Selon Facebook Canada, il y a 15 millions d'utilisateurs de l'application Facebook mobile au pays.

Facebook États-Unis a lancé cette fonction en janvier dernier et celle-ci a permis de retracer il y a un peu plus d'un mois un enfant de l'État de Washington.

Avec la collaboration de La Presse Canadienne

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