Quel avenir pour le comté de Saint-Maurice?

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Me Lucie Fiset, présidente de la Commission de la représentation électorale du Québec.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(SHAWINIGAN) Le scénario préliminaire présenté par la Commission de la représentation électorale du Québec en mars sera assurément modifié en Mauricie, à la lumière des interventions formulées lors de l'audition publique de jeudi, à Shawinigan. Mais l'unanimité exprimée au sujet de l'importance du maintien de cinq comtés dans la région sera-t-elle entendue? Voilà la grande question.

Après quatre heures d'écoute et d'échanges au centre communautaire de la 3e Rue au cours desquelles neuf mémoires ont été présentés, la présidente de la Commission de la représentation électorale, Me Lucie Fiset, a bien saisi la volonté du milieu de conserver cinq comtés en Mauricie. Pour son équipe, Shawinigan constituait le dernier arrêt d'une tournée de dix villes à travers la province amorcée le 21 avril.

La grande majorité des intervenants ont souligné à grands traits les efforts réalisés au cours des dernières années pour stimuler l'entrepreneuriat dans la région afin de lui permettre de diversifier son tissu économique, ce qui devrait attirer de nouveaux arrivants. De son côté, la CRE se base sur de froides prévisions démographiques pour avancer que la croissance de la population régionale, particulièrement celles des comtés de Saint-Maurice et Laviolette, tire de la patte par rapport à la moyenne provinciale.

Difficile, dans ce contexte, d'évaluer à quel point l'optimisme des intervenants régionaux sur les perspectives d'avenir peut ébranler les plus fines analyses. Me Fiset assure toutefois que ces cris du coeur ne sont pas pris à la légère autour de la table. Cette dernière est complétée par Serge Courville, professeur retraité de l'Université Laval spécialisé en géographie historique, et Bruno Jean, professeur à l'Université du Québec à Rimouski, une sommité en développement régional.

«Tout a du poids», mentionne la présidente. «Nous prenons en considération une multitude de facteurs. Aucun n'est pris isolément. On les conjugue.»

L'importance historique du comté de Saint-Maurice, soulignée avec insistance par l'ex-député de Saint-Maurice, Luc Trudel, et le président d'Appartenance Mauricie, Mario Lachance, entre également en ligne de compte.

«Ça joue aussi un rôle», confie Me Fiset. «Une projection est toujours basée sur le passé dans ce domaine. On comprend que Saint-Maurice, c'est important. On comprend que le nom a une histoire. Tout cela sera pris en considération dans nos réflexions.»

Le cas Shawinigan-Sud

Si on ne peut encore présumer l'avenir de l'actuel comté de Saint-Maurice, il faut à tout le moins s'attendre à ce que le secteur Shawinigan-Sud ne déménage pas du côté de Maskinongé si jamais la région se retrouvait avec une circonscription en moins.

Ce message a aussi été martelé jeudi. La Ville de Shawinigan était particulièrement indisposée par cette proposition, qu'elle qualifie d'«inacceptable».

«Les deux messages principaux que je retiens, c'est qu'il faut maintenir les cinq circonscriptions... et le cas de Shawinigan-Sud», résume Me Fiset. «Shawinigan-Sud avec Maskinongé, ce ne serait pas une bonne idée!»

Rappelons que cette suggestion était formulée dans la perspective où Saint-Maurice disparaissait. Saint-Boniface et Saint-Mathieu-du-Parc se joindraient aussi à Maskinongé, tandis que les secteurs Shawinigan, Saint-Gérard-des-Laurentides et Lac-à-la-Tortue traverseraient du côté de Laviolette. Enfin, Notre-Dame-du-Mont-Carmel serait déplacé dans Champlain.

Ces modifications étaient suggérées en raison de la faible croissance du nombre d'électeurs dans la région par rapport au reste du Québec. Dans ses travaux, la CRE est notamment guidée par le principe d'équité du poids de chaque électeur à travers la province. Sur ce plan, le mémoire déposé par l'Association du Parti libéral de Saint-Maurice démontre que si la proposition préliminaire était respectée à la lettre en soustrayant un comté, le poids représentatif de la Mauricie au Québec passerait du cinquième au quatorzième rang. Le nombre d'électeurs par député bondirait alors de 42 708 à 53 385.

La CRE propose également que le secteur Trois-Rivières-Ouest situé à l'est de l'autoroute de l'Énergie passe de Maskinongé à Trois-Rivières, un scénario qui n'a pas alimenté les débats jeudi.

Au cours des prochaines semaines, la CRE analysera les propositions soumises et surtout, leurs conséquences sur la carte électorale du Québec et leur conformité à la loi.

Les discussions se poursuivront ensuite à la commission de l'Assemblée nationale. Cette étape conduira à la publication d'un deuxième rapport. Celui-ci fera l'objet d'un nouveau débat à l'Assemblée nationale. Dix jours plus tard, les délimitations des circonscriptions électorales du Québec seront définitivement arrêtées pour les élections générales de 2018 et 2022.

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