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«L'UMQ doit se tenir loin» de Montréal et de Québec, affirme le maire de La Tuque

Selon certains maires, dont celui de La Tuque,... (Photo: La Presse Canadienne)

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Selon certains maires, dont celui de La Tuque, Québec et Montréal devraient se retirer de l'Union des municipalités du Québec.

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(Trois-Rivières) Assis à toutes les tables d'honneur des différentes instances proposées lors des dernières assises annuelles de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), le maire de Montréal, Denis Coderre, et le maire de Québec, Régis Labeaume. À l'instar des hauts dignitaires invités, les magistrats des deux villes les plus influentes du Québec en prennent large. Trop large? Réactions de certains élus régionaux.

Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, considère que les grandes villes du Québec occupent trop de place au sein de l'UMQ, cela au détriment des petites municipalités comme la sienne qui, en bout de piste, n'ont plus qu'à suivre le train. S'il donne encore une chance à l'UMQ et ne souhaite pas exclure sa ville du regroupement, du moins à court terme, il appelle de ses voeux une cure minceur où les municipalités les plus populeuses seraient de facto remerciées. M. Beaudoin attend avec une ardente patience le nouveau pacte fiscal du gouvernement, et la position de l'UMQ, avant de jauger son soutien à venir. Pour l'heure, il juge que contrairement à Montréal et à Québec, le pouvoir d'influence des municipalités de taille modeste a rétréci comme une peau de chagrin.

«Les deux métropoles n'ont pas besoin de l'UMQ. Elles se servent de l'UMQ pour dire au gouvernement: voici, c'est ça qu'on veut. Moi je ne suis pas d'accord avec ça. Les grosses villes, lorsqu'elles dépassent les 200 000 de population, ont tous les moyens pour s'adresser directement au gouvernement. Ni M. Labeaume, ni M. Coderre n'ont besoin de l'UMQ pour parler au premier ministre ou au ministre. Sauf qu'ils s'en servent comme bras de force pour renchérir leurs affaires. Alors moi je dis que l'UMQ doit se tenir loin de ces gens-là, car sinon elle va perdre l'appui de plusieurs maires de région, comme moi. Nous, les petites villes, on est pris en otage», souligne M. Beaudoin.

Sans aller aussi loin dans sa réflexion, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, avoue que les municipalités de moindre envergure ne pèsent pas bien lourd dans la balance de l'UMQ. «Le débat est à savoir: est-ce que Bécancour doit se retrouver à la même table que Québec et Montréal? C'est sûr qu'on est bien petit. Dans toutes les occasions des assises, le maire de Québec et le maire de Montréal sont toujours assis à la table d'honneur, en avant, tout le monde les salue chacun leur tour lorsqu'ils vont au micro. C'est sûr qu'ils n'ont pas salué beaucoup le maire de Bécancour», résume M. Dubois.

Cela dit, ce dernier donne une note globale de huit sur dix au dernières assises, estimant que sa ville y a enrichi son réseau de partenaires, tout en ramenant dans son patelin une foule d'informations pertinentes à son développement.

Une absence justifiée

Même s'il ne remet pas en cause la pertinence de l'UMQ comme porte-voix du monde municipal québécois, le maire de Nicolet, Alain Drouin, a décidé de ne pas assister aux assises 2015. Au moins deux raisons expliquent son absence: l'une financière, l'autre plus idéologique.

«Nous, la Ville de Nicolet, on souhaitait envoyer un signal en n'allant pas aux assises. On nous demande de couper, alors on coupe», note d'emblée M. Drouin. «Et puis où est-ce qu'on coupe? Auprès de nos organismes communautaires? On coupe auprès de nos organisations sportives? On coupe auprès de... Où on coupe? Bien, nous, on a coupé le Congrès.»

M. Drouin est d'avis que l'UMQ a encore sa place dans le paysage québécois, certes, tout comme la Fédération québécoise des municipalités. Cependant, le premier magistrat nicolétain estime que les combats qui sont menés dans l'enceinte de ces deux instances auraient avantage à viser les mêmes cibles et non pas à défendre les intérêts «partisans» d'une poignée de membres.

«Si ces deux organisations ne sont pas capables d'en faire une seule, elles auraient tout intérêt à travailler ensemble sur les grands enjeux municipaux. Il y a encore des guerres de clochers là-dedans, qui sont peut-être plus nuisibles que n'importe quoi d'autre», croit M. Drouin, en réitérant l'importance, malgré leurs défauts, des unions municipales.

«On ne remet pas en question notre membership à l'intérieur de l'UMQ. Les organisations municipales sont là pour défendre les intérêts des municipalités, mais parfois elles défendent d'autres intérêts, parfois des intérêts partisans», mentionne M. Drouin.

D'autant plus, croit-il, que des tribunes comme les assises de l'UMQ n'offrent pas forcément aux élus un micro dans lequel ils peuvent exprimer sans ambages leurs desiderata. «Parfois les élus vont fermer leur gueule, je le dis comme ça, par crainte des représailles. Peut-être qu'il y a des gens à l'État québécois qui ont l'épiderme un peu plus sensible. Si on parle, il y a des chances que M. le Ministre vienne nous donner des petites tapes sur les fesses.»

Notons que le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, n'a pas assisté aux diverses discussions présentées durant la fin de semaine, se contentant de la cérémonie de clôture. En retour, quatre conseillers municipaux de Louiseville ont participé aux assises. «On va quand même chercher des bons contacts. Pour moi, l'UMQ est encore importante. Faut pas quitter le bateau, sinon il n'y aura plus personne pour nous défendre», souligne M. Deshaies.

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