Le maire de Trois-Rivières envisage toujours de se retirer de l'UMQ

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Le maire Yves Lévesque estime que l'adhésion de sa Ville à l'UMQ ne rapporte pas autant que les dollars qui y sont investis.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Ce ne sont pas les assises annuelles de l'Union des municipalités du Québec, tenues en fin de semaine, qui auront convaincu le maire de Trois-Rivières de renouveler coûte que coûte son adhésion à cet organisme. Bien au contraire.

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Pour Michel Angers, il est indispensable pour Shawinigan de demeurer au sein de l'UMQ afin d'y faire entendre sa voix et, par ricochet, se faire entendre du gouvernement.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

La cité de Laviolette ayant payé sa cotisation jusqu'au 30 juin, soit pour une demi-année, il y a fort à parier que le deuxième chèque ne suivra pas. Du moins, selon le maire Lévesque, le conseil de Ville devra se pencher «sérieusement» et à court terme sur la question.

Joint au téléphone, M. Lévesque estime que dans les corridors de l'UMQ, on entend les mêmes débats, les mêmes revendications, les mêmes critiques depuis plus de vingt ans. En retour, les fruits ont été plutôt rares dans le panier des gains que les municipalités ont réussi à recueillir auprès du gouvernement.

Homme d'action, le premier magistrat, qui se dit «désappointé» par sa fin de semaine, croit qu'il est maintenant temps de passer de la parole aux actes. «Un moment donné, quand une recette ne marche pas, il faut en trouver une autre, recette», image-t-il.

«C'est triste de voir que depuis vingt ans, ce sont toujours les mêmes demandes qu'on formule et on obtient toujours les mêmes résultats. Ce que je trouve triste là-dedans, c'est que les gens, dans les corridors, disent qu'ils ne sont pas contents, qu'ils ne sont pas satisfaits, à chaque année c'est toujours la même affaire, les mêmes demandes, mais on ne fait pas de gains, on ne bouge pas. Un moment donné, il faut que tu passes à l'action», souligne M. Lévesque.

«Soit on change la recette [de l'UMQ], soit on agit en fonction de nos besoins à nous», c'est-à-dire en faisant bande à part.

Est-ce que l'UMQ est encore le véhicule idéal pour passer un message clair auprès du gouvernement? «La question se pose», avoue le maire.

À ses yeux, visiblement, l'UMQ n'est plus la «voix des gouvernements de proximité» comme elle se targue de l'être sur son site Internet. De ce constat, M. Lévesque se questionne s'il est toujours pertinent, pour sa Ville, de débourser plus de 100 000 $ annuellement pour être membre d'un regroupement qui, mis à part pour le «réseautage», n'apporte pas grand-chose à ses concitoyens. «Du moment où tu payes plus de 100 000 $ pour être membre d'une telle association, c'est pour faire des gains. Et les gains, en vingt ans, j'en ai pas vu. Au contraire, on fait juste reculer. Quand on fait un chèque, il faut se demander si ce chèque va nous donner une valeur ajoutée, s'il va nous rapporter plus que notre argent. Nous, au conseil municipal, on s'est dit qu'on allait donner une dernière chance à l'UMQ», rappelle M. Lévesque. Cette chance se termine le 30 juin prochain.

En mars dernier, le premier magistrat menaçait de quitter les rangs de l'Union si le prochain pacte fiscal ne contenait aucun bénéfice pour les municipalités. Les grandes lignes dudit pacte pourraient être écrites d'ici la fin du mois d'août et le projet de loi vraisemblablement déposé par le gouvernement au printemps 2016, soit après la date limite d'adhésion de Trois-Rivières. Trop peu, trop tard? «Rien ne nous empêchera de rembarquer un jour [dans l'UMQ], mais pour le moment...», conclut M. Lévesque en suspendant sa pensée.

«C'est important que Trois-Rivières soit là», affirmait encore le mois dernier la présidente de l'UMQ, Suzanne Roy.

Shawinigan s'enracine

Du côté de Shawinigan, le maire Michel Angers revient «partagé» des dernières assises. S'il se dit convaincu que l'Union des municipalités du Québec demeure pour l'heure un porte-voix essentiel pour défendre les droits des municipalités, il garde en mémoire les beaux discours de l'an dernier qui se sont traduits, en bout de piste, par des coupes de 300 millions $. Somme toute, celui qui dit ne jamais mettre en pratique la «théorie de la chaise vide», assure que la voix de Shawinigan porte «haut et fort» dans les instances de l'UMQ et, par ricochet, auprès du gouvernement.

«Je suis au conseil d'administration et à l'exécutif de l'UMQ. Je sais que j'ai un pouvoir de persuasion auprès de mes collègues. Je suis assez convaincu que Shawinigan y prend sa place et de la bonne façon. Je suis d'accord avec Denis Coderre lorsqu'il affirme que l'UMQ doit être le véhicule nécessaire pour une négociation avec le gouvernement du Québec», mentionne M. Angers. «On a tout à gagner, comme moyenne municipalité de 200 000 habitants et moins, à continuer de croire que l'UMQ est un excellent véhicule.»

Entre autres gains récoltés par Shawinigan lors des assises, il a été demandé à l'UMQ d'inclure dans les prochaines négociations un meilleur partage des redevances issues des ressources naturelles, par exemple celles liées à l'hydroélectricité. Cette semaine, les maires qui possèdent sur leur territoire un barrage hydroélectrique doivent justement se rencontrer afin de «planifier une argumentation pour le gouvernement du Québec. Cette fois-ci, on va frapper un grand coup», avertit M. Angers.

Seulement à Shawinigan, les trois barrages hydroélectriques rapportent plus de 44 millions $ de redevances annuellement, une somme qui, de l'avis de M. Angers, doit être «obligatoirement» partagée avec la municipalité.

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