Chaîne humaine pour l'agrandissement de l'école Sainte-Marie

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Près de 400 personnes ont fait une chaîne humaine autour de l'école Sainte-Marie afin de revendiquer son agrandissement.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Saint-Boniface) Lyne Montour est maman au foyer. Dans ses jambes, deux jeunes enfants de 7 ans et de 4 ans trépignent d'impatience de jouer dans les jeux gonflables installés dans la cour de l'école Sainte-Marie. Cette Louisevilloise d'origine n'entend cependant pas à rire. Son petit garçon de 4 ans, qui débutera la maternelle l'an prochain, devra peut-être parcourir 20 kilomètres d'autobus chaque jour, aller-retour, pour se rendre à l'école.

Lyne Montour espère que ses deux enfants, âgés... (Photo: Émilie O'Connor) - image 1.0

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Lyne Montour espère que ses deux enfants, âgés respectivement de 4 et 7 ans, pourront fréquenter la même école l'an prochain.

Photo: Émilie O'Connor

Mme Montour et sa famille se sont installés à Saint-Boniface justement parce que la municipalité est dotée d'une belle et grande école. Elle entrevoit déjà le «casse-tête» qu'elle devrait réaliser en septembre prochain afin d'inscrire ses deux enfants dans deux écoles différentes.

C'est que le ministère de l'Éducation, qui fixe la table des lois de la Commission scolaire de l'Énergie, estime que l'école Sainte-Marie est à pleine capacité et que, à défaut de l'agrandir, les élèves supplémentaires seront essaimés dans d'autres écoles de la région. Pour cette raison, la jeune mère a décidé de se joindre, dimanche, aux 390 personnes réunies à l'école Sainte-Marie pour se donner la main. Une chaîne humaine comme un bouclier pour dire au gouvernement: nos enfants, on veut les garder près de nous.

«Je ne veux pas envoyer mon fils dans une autre école, dans une autre ville. Il me semble que c'est la base. On s'est établi à Saint-Boniface parce qu'il y avait une école, une épicerie, ainsi que toutes les facilités. Pour nous, la présence d'une école était un poids important dans notre décision de s'établir ici. Je ne vois pas pourquoi j'enverrais mon fils dans une autre école parce que le ministère a décidé que ce serait ainsi. Si on a la possibilité de garder les enfants ici, qu'on les garde ici», souhaite Mme Montour.

D'autant plus que, selon elle, l'important est moins le respect de la bureaucratie que le maintien d'une certaine qualité de vie. Tous les midis, sa fille, qui est inscrite à Sainte-Marie, vient dîner à la maison. Quelques minutes à peine entre le foyer familial et la cour de récréation. Une réalité que ne pourra peut-être pas vivre son petit frère de quatre ans.

«Comment j'explique à mon enfant que lui, il sera pénalisé, qu'il devra faire une heure d'autobus tous les jours, mais que ce n'est pas de sa faute, car c'est le ministère qui a décidé ça. Dans mon coeur de mère, c'est impossible, je ne peux pas lui expliquer ça», renchérit Mme Montour, en disant craindre «d'écoeurer» son enfant si elle doit lui imposer une heure d'autobus quotidiennement. «Le ministère est by the book et ne pense pas aux enfants, au bien-être des enfants.»

À court terme, le maire de la Municipalité a mis à la disposition de l'école des locaux du centre communautaire pour pallier la demande. Mais pour Claude Caron, cette situation ne pourra pas perdurer, d'autant plus qu'en moyenne, une vingtaine de nouvelles familles s'enracinent chaque année sur le territoire. Et la courbe démographique bonifacienne ne cesse d'augmenter. Trois nouveaux développements sont actuellement en construction, cent-cinquante terrains sont toujours vacants, un taux de taxes municipales à faire rêver...

«L'école, c'est le coeur de notre village», lance d'emblée le maire Caron. «Pas d'école, tu n'as pas de village, tu éloignes les familles. Agrandir l'école, ce sont des nouvelles familles qui s'installent, de nouvelles constructions, c'est toute l'économie de Saint-Boniface qui va aller de mieux en mieux.» À son avis, le gouvernement ne peut pas refuser l'agrandissement de l'école après avoir accepté celui du Centre de la petite enfance. «S'il a agrandi le CPE, il devait bien savoir qu'il devrait agrandir l'école!»

Un logique qui, selon le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, trouve une oreille attentive auprès de son collège ministre de l'Éducation, François Blais. Présent à la manifestation, M. Giguère assure qu'il fera progresser cette «problématique majeure», ce «dossier extrêmement difficile» aussi souvent que l'occasion lui en sera donnée. Comme, de toute façon, le gymnase de l'école n'est pas conforme et que des travaux devront y être réalisés, le député estime intéressant de faire d'une pierre deux coups et d'augmenter du même souffle les mètres carrés disponibles.

«J'ai une excellente écoute de la part de François [Blais]. Pas une bonne écoute, une excellente écoute. Je le travaille beaucoup. Je le tiens au courant quotidiennement de ce qui se passe sur le terrain», assure M. Giguère.

Notons que le projet d'agrandissement de l'école est évalué à 2,8 millions $. Actuellement, 416 élèves sont inscrits à Sainte-Marie, un nombre qui pourrait grimper jusqu'à 523 en 2017-2018. Une pétition paraphée par 2200 signataires a déjà été déposée, par l'entremise du député Giguère, sur la table du ministère de l'Éducation. L'organisatrice de la chaîne humaine, Marie-Ève Landry, espère qu'elle n'a pas plutôt été déposée sur une tablette.

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