• Le Nouvelliste > 
  • Actualités 
  • > Cause de l'ancien vice-recteur Martin Gélinas de l'UQTR: la défense veut présenter de nouvelles... 

Cause de l'ancien vice-recteur Martin Gélinas de l'UQTR: la défense veut présenter de nouvelles preuves

L'ancien vice-recteur Martin Gélinas.... (François Gervais)

Agrandir

L'ancien vice-recteur Martin Gélinas.

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Me René Duval, le procureur de l'ancien vice-recteur de l'UQTR, Martin Gélinas, a déposé une requête à la cour d'appel du Québec, vendredi après-midi, pour demander la permission de présenter une preuve nouvelle.

Si cette demande était acceptée par la cour d'appel, Me Duval estime qu'il pourra alors attaquer la crédibilité de l'ancienne directrice des communications de l'UQTR, Guylaine Beaudoin, car cette preuve nouvelle est «essentielle pour élucider les motifs que pouvait avoir Mme Beaudoin d'incriminer la partie appelante (M. Gélinas)», peut-on lire dans la requête.

Pour mieux saisir la portée de cette requête, rappelons brièvement les faits.

Le 12 avril 2013, Martin Gélinas, alors vice-recteur aux ressources humaines à l'UQTR a été appelé à comparaître pour répondre à des accusations de harcèlement à l'égard de Mme Beaudoin.

Un procès s'en est suivi et le 9 juillet dernier, M. Gélinas a été condamné à purger une peine décrite comme suit: «absolution conditionnelle avec une probation d'une année».

Le 5 août suivant, M. Gélinas a porté cette décision en appel.

C'est que peu de temps après ce verdict, de nouveaux éléments ont été portés à l'attention de M. Gélinas et de son procureur.

Pour bien comprendre ces éléments, il est important de rappeler que l'histoire entre Martin Gélinas et Guylaine Beaudoin est survenue dans le contexte très particulier qui se vit à l'UQTR depuis l'entrée en poste de la rectrice Nadia Ghazzali, en 2012.

Il faut se rappeler que M. Gélinas vit deux situations indirectement liées. Il avait en effet porté plainte contre la rectrice pour harcèlement psychologique et congédiement abusif. Cette cause-là est présentement entendue par la Commission des relations du travail. Cette affaire n'est pas totalement étrangère à la cause Gélinas-Beaudoin selon les documents déposés à la cour d'appel par Me Duval.

Juste après la condamnation de M. Gélinas, une dame du nom d'Évelyn Mailhot aurait raconté à M. Gélinas que le vice-recteur qui l'a remplacé par intérim à son poste, Gilles Charland, lui aurait affirmé que si M. Gélinas retirait sa plainte de harcèlement contre la rectrice de l'UQTR, Nadia Ghazzali, il (M. Charland) pourrait, par des moyens occultes, régler son dossier criminel.

Mme Mailhot ne serait pas le seul témoin de cette affaire, toujours selon la requête déposée par Me Duval. Benoit Séguin, président de l'Association des cadres de l'UQTR aurait lui aussi indiqué à M. Gélinas que Mme Beaudoin lui aurait admis, au printemps 2014, que Gilles Charland aurait effectivement tenté d'intervenir auprès de la poursuite.

Me Duval veut donc faire témoigner M. Séguin, Mme Beaudoin et M. Charland pour les questionner à ce sujet.

Sur les entrefaites, Me Duval a aussi obtenu une copie caviardée datée du 23 mai 2014 qui établirait, selon lui, que l'UQTR aurait versé la somme de 132 000 $ à Mme Beaudoin ainsi que son plein salaire, entre le 4 mars et le 31 mai de cette année-là, sans qu'elle soit tenue de fournir de prestation de travail.

Me Duval veut faire entendre Benoit Séguin aussi parce que Guylaine Beaudoin lui aurait dit avoir déposé une plainte de harcèlement contre la rectrice de l'UQTR auprès de la Commission des normes du travail quelques jours avant son congédiement.

Rappelons que Mme Beaudoin a toutefois nié catégoriquement cette information pendant son contre-interrogatoire, le 9 juillet 2014.

Autre raison pour laquelle Me Duval veut faire entendre Évelyne Mailhot à la cour d'appel, c'est que M. Charland lui aurait dit que M. Gélinas allait être détruit s'il ne retirait pas sa plainte contre la rectrice.

Me Duval souhaiterait aussi faire entendre un professeur de l'UQTR, Éric Chartier, à la cour d'appel. Ce dernier aurait en effet informé M. Gélinas, avant même que des accusations soient portées contre lui, que l'UQTR avait l'intention de le congédier, une affirmation qu'il attribuait à Gilles Charland.

Selon Me Duval, «la présentation de cette nouvelle preuve est pertinente, plausible et susceptible d'influencer le résultat de l'appel» du jugement porté il y a près d'un an contre son client.

Un des principaux intéressés, l'ancien vice-recteur Gilles Charland, a fait savoir que «le dossier de M. Gélinas et Mme Beaudoin ne me concerne pas et ne concerne pas l'Université. D'autre part, ce sont des faits déjà connus que j'ai déjà niés en bloc et je continue à nier avoir tenu ces propos-là qui me sont attribués.»

Selon lui, deux affidavits dont il est question dans cette requête «ont été rejetés, un devant la Cour supérieure et l'autre devant la Commission des relations du travail», dit-il. 

Il estime qu'il s'agit d'un «drôle de concours de circonstances», que ces affidavits soient ressortis à quelques jours des prochaines audiences de la CRT de M. Gélinas.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer