Comsep crie au secours

Marie-Josée et Sylvie Tardif ont présenté l'état des... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Marie-Josée et Sylvie Tardif ont présenté l'état des finances de Comsep mercredi matin.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Habitué de venir en aide aux plus démunis, Comsep vit à son tour une situation de précarité. L'organisme communautaire de Trois-Rivières doit faire face à un déficit de 47 000 $ en 2014-2015 et un déficit prévu de 75 000 $ pour 2015-2016, une situation qui entraînera vraisemblablement une réduction du personnel et du nombre d'heures de travail et qui amène l'organisme à demander l'aide financière de la population.

Sylvie et Marie-Josée Tardif, les deux têtes dirigeantes de Comsep, avaient le visage triste et inquiet mercredi matin, lorsqu'elles ont rencontré la presse régionale afin de faire le point sur la situation financière de l'organisme. La coupe de subventions associées à des programmes d'aide à l'alphabétisation, au soutien scolaire et autres pour les personnes démunies est l'explication de cette précarité financière, assure Sylvie Tardif.

«Le premier ministre Couillard a dit que les personnes les plus vulnérables ne seraient pas touchées (par la réorganisation des finances publiques). Et j'ai entendu le ministre régional dire que le communautaire ne serait pas touché. Ce qui est difficile est que cela n'était pas prévisible. On a un budget d'opération de 1,2 million de dollars, 1,3 million. C'était presque toujours équilibré. Un déficit de 47 000 $, j'ai beaucoup de difficulté à accepter ça. On a toujours fait preuve d'une gestion rigoureuse. Mais là, on est coupé de partout», raconte Sylvie Tardif, qui qualifie la situation actuelle de deuxième pire année après celle de 2004 durant laquelle le local de Comsep a été victime d'un incendie.

Comsep avait l'habitude de recevoir environ 90 000 $ par année pour le programme PAAS Action, qui aide à l'insertion sociale. La subvention a été réduite de 35 000 $. Le budget alloué au programme préparatoire à l'emploi n'est pas indexé.

La situation est encore plus préoccupante pour 2015-2016. Par exemple, un programme, qui provient de la Conférence régionale des élus de la Mauricie, permet des interventions auprès d'enfants de la maternelle des écoles Saint-Paul, Saint-Philippe et Cardinal-Roy. Ce programme disparaît, à l'instar de la CRÉ.

Malgré la cascade de mauvaises nouvelles, l'équipe de Comsep a décidé de se cracher dans les mains et de se mettre à la tâche pour trouver des solutions.

«On regarde les choses en face, déclare Marie-Josée Tardif. Notre plus grande force est notre force de mobilisation. On a crié: ''au secours'' à nos membres et à nos bénévoles et les gens ont répondu: ''présent''.»

Ce midi, Comsep tient un dîner au spaghetti à la Maison de la solidarité, rue Saint-François-Xavier. Quelque 330 billets ont déjà été écoulés. Demain, sept points de collecte seront tenus par l'équipe et les bénévoles pour récolter les dons des Trifluviens.

Par cette demande ponctuelle de soutien à la population, Comsep souhaite éponger le déficit de 47 000 $. Les prévisions pour 2015-2016 vont forcer l'organisme à diminuer ses coûts de fonctionnement: des heures de travail seront réduites, certains employés parmi la vingtaine de travailleurs risquent de perdre leur emploi et un gel salarial est envisagé pour ceux et celles qui resteront.

En tant que propriétaire de sa bâtisse, Comsep doit jongler avec le fait que d'autres organismes communautaires, qui y louent des locaux, vivent des heures difficiles. Ceux-là sont nombreux à réduire leur surface d'occupation. Les revenus locatifs s'en trouvent

diminués. Comsep se mettra donc à la recherche de nouveaux locataires.

«Il n'y a pas d'espoir pour les organismes qui sont dans le secteur social actuellement. Je n'ai pas vu autre chose que des attaques en règle à des regroupements, à nos moyens de concertation. Et je n'entends pas de nouvelles politiques sociales du gouvernement. Il y aura des impacts négatifs», déplore Sylvie Tardif.

À moyen terme, des représentations seront refaites auprès des élus afin d'avoir un peu d'oxygène de la part du gouvernement. Mais ce n'est pas le message perçu jusqu'à maintenant.

«Les élus nous disent de faire plus avec moins. Mais dans le communautaire, on le fait déjà. On devra faire moins avec moins», illustre Marie-Josée Tardif.

Les décisions concernant le resserrement des dépenses en vue de 2015-2016 seront prises par le conseil d'administration d'ici quelques jours.

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