Contrer la pauvreté par le ventre

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Jean-Guy Doucet et Gaétan Frigon, respectivement président du conseil d'administration de Moisson Mauricie-Centre-du-Québec et président d'honneur de la campagne majeure de financement.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Deux millions $, et pas un dollar en moins. Voilà l'enveloppe budgétaire dont souhaite disposer la banque alimentaire Moisson Mauricie-Centre-du-Québec pour pallier les besoins sans cesse grandissants des 18 000 bénéficiaires qu'elle rejoint annuellement, dont 33 % sont des enfants.

Deux millions $, c'est l'objectif que l'organisme compte atteindre lors de sa campagne majeure de financement. Dimanche, ils étaient près de 450 sympathisants réunis au Delta pour participer au brunch-bénéfice annuel. Pour l'heure, 1,4 million $ a été amassé.

Une brochette de députés, de maires de la région et d'invités de marque ont assisté à l'événement-bénéfice placé sous la présidence d'honneur de l'homme d'affaires Gaétan Frigon. Ce dernier, qui a fait ses études au Séminaire Saint-Joseph, n'a pas hésité à accepter le siège honorifique qu'on lui proposait, d'autant plus qu'à ses yeux, la cause de l'insécurité alimentaire mérite une plus grande visibilité publique. «Il y a des causes qui sont très populaires. Quant on parle du cancer, ça affecte tout le monde, tout le monde peut donner. Quant on parle du coeur, ça le fait. Quant on parle de Moisson Mauricie, aider les gens, souvent les gens oublient ça, ils oublient que les gens sont dans le besoin et qu'ils ont besoin de cette nourriture pour arriver à leur fin de mois. Donc, si je m'implique, c'est beaucoup plus parce que ce sont des organisations oubliées qui n'ont pas l'aura que d'autres ont. Lorsque tu parles de ramasser des cannes de bines... C'est un peu pour ça que je le fais. Tant qu'à le faire, aussi bien le faire là où il y a des besoins.»

Plus de 42 000 $ ont été récoltés uniquement lors du brunch-bénéfice de dimanche. Une somme qui, additionnée aux autres, permettra à l'organisme de s'enraciner davantage dans ses nouveaux locaux de la rue Laviolette, inaugurés en janvier dernier. Plus de deux millions de kilos de nourriture y sont entreposés chaque année, puis essaimés auprès d'une soixantaine d'organismes de la région, pour une valeur marchande de 8,6 millions $.

«L'argent sert à aller chercher la nourriture, la traiter et la redistribuer. En fait, on est comme un grossiste pour les organismes à but non lucratif», précise le président du conseil d'administration de Moisson Mauricie-Centre-du-Québec, Jean-Guy Doucet. À son avis, les nouvelles demandes continueront à affluer dans les prochaines années, d'où l'importance de conserver la garde haute.

En effet, dans un rapport publié en février dernier par l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS), les mesures d'austérité mises en oeuvre par le gouvernement du Québec participent à l'appauvrissement des personnes les plus vulnérables de la société, particulièrement les femmes. Ces dernières, souvent chefs de famille monoparentale, grossissent les rangs de la clientèle ciblée par les banques alimentaires. Selon l'IRIS, «les hommes ont été beaucoup plus favorisés par la relance, tandis que les femmes ont été plus durement touchées par l'austérité.»

Par exemple, la Table de concertation du mouvement des femmes Centre-du-Québec signale que les femmes centricoises sont en proportion plus nombreuses que les hommes à vivre sous le seuil du faible revenu, donc plus propices à avoir recours aux banques alimentaires.

Présent au brunch-bénéfice, le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, n'est pas prêt à mettre en parallèle les actuelles mesures de relance économique du gouvernement et l'augmentation des demandes de service d'aide alimentaire, entre autres auprès des femmes.

«Je ne suis pas d'accord en ce sens que les femmes sont plus touchées nécessairement. On doit structurer les finances de l'État. Vous savez, tous les déficits d'aujourd'hui sont les impôts de demain», résume M. Girard.

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