Du tournoi de golf à l'ascension de montagnes

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Amélie Vallée, directrice de la Fondation du CSSS de l'Énergie.

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les fondations, organismes et associations dont une partie du budget dépend du financement populaire sont constamment confrontés à l'enjeu du renouvellement des événements à organiser, et s'adapter aux tendances émergentes. Les classiques tournois de golf et cocktails-bénéfices rivalisent désormais avec des activités du type défi sportif impliquant par exemple des randonnées cyclistes, des courses ou des ascensions de monts.

Danielle Saint-Amand a dirigé la Fondation du CHRTR... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Danielle Saint-Amand a dirigé la Fondation du CHRTR de 2000 à 2007. 

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

La directrice générale de la Fondation du CSSS de l'Énergie Amélie Vallée reconnaît que ces activités participatives touchant l'activité physique et le plein air «sont très tendance. Les gens veulent se dépasser. C'est à la mode!». Mme Vallée peut en témoigner, puisqu'après avoir amassé 84 000 $ avec un voyage d'ascension du mont Kilimandjaro en 2013, la fondation qu'elle dirige a organisé un autre périple du genre pour septembre 2015, au mont Acotango en Bolivie cette fois.

La Fondation du CSSS de l'Énergie organise également une randonnée vélo de 200 km sur le territoire qu'elle dessert. Chaque participant doit amasser 1500 $ pour y participer et défrayer 120 $ pour l'inscription. «C'est une façon d'aller chercher des fonds auprès d'autres acteurs. Ça nous permet de varier les solliciteurs», observe Mme Vallée.

D'autres organisations vont encore plus loin en intégrant les bénéficiaires à ce type d'activités de financement participative. La fondation Le Parrainage, liée au Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants du développement, a amené dix représentants de sa clientèle escalader le mont Washington avec 42 autres personnes l'automne dernier.

«Le milieu philanthropique se transforme et s'adapte. Les fondations qui s'en tirent bien doivent être créatives», constate l'ancienne députée Danielle St-Amand, qui a dirigé la Fondation du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières de 2000 à 2007 et qui s'implique dans plusieurs causes dont Moisson Mauricie et la Fondation Étoiles de mère, qu'elle a contribué à mettre sur pied.

Mme St-Amand remarque aussi cette tendance à intégrer les citoyens dans des activités de financement de type sportif.

«Ça permet aux gens de faire quelque chose qui leur tient à coeur tout en soutenant une cause», considère-t-elle.

Du temps où elle dirigeait la Fondation du CHRTR, cette forme d'implication émotive s'actualisait par les dons à des fonds dédiés. Par exemple, les fonds Francine-Lachance ou Gilles-Rousseau honoraient la mémoire de quelqu'un tout en profitant à un secteur de l'hôpital en particulier.

«Le don est stimulé par quelque chose qui touche les gens, qui va les chercher, qui les fait vibrer», formule-t-elle en commentant la personnalisation des causes et aussi la mode aux événements participatifs. Elle donne l'exemple de l'activité Compostelle en tandem au profit de la Fondation québécoise du cancer. «Les gens qui participent ont leur propre objectif. Il faut qu'ils aillent chercher de l'argent. Leur participation réussit à stimuler le don.»

Les tournois de golf et les 5 à 7

Parmi les activités de collecte de fonds classiques figurent les fameux tournois de golf et cocktails-bénéfices. Ces rendez-vous s'adressent généralement à une catégorie de gens, souvent associée au milieu des affaires. Occasion de réseautage, ces événements peuvent autant profiter aux associations caritatives qui les organisent qu'aux participants qui développent et entretiennent leurs contacts.

«Ce sont de grosses activités et on doit les faire pour que les gens nous voient», soutient Amélie Vallée. «Chez nous le tournoi de golf est remis au goût du jour. Les gens ne veulent plus rester le soir après la journée de golf. On fait des activités moins longues», mentionne Natalie Villemure, directrice générale de la Fondation régionale pour la santé de Trois-Rivières.

Le constat est partagé par la directrice générale de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières Natalie Rousseau. «Les activités qui prennent trop de temps, qui sont trop longues, fonctionnent moins. Une activité-bénéfice, il ne faut pas que ça dépasse deux heures. La formule du 5 à 7 est idéale pour ça.»

Les tournois de golf moins populaires?

Même si les tournois de golf demeurent des classiques des événements-bénéfices pour les organisations caritatives, certains clubs de la région observent tout de même une baisse dans le nombre de participants à ces activités. Clément Ladouceur, du Club de golf Métabéroutin, et Serge Gendron, de celui de Louiseville, remarquent tous deux que le nombre de tournois-bénéfices demeure stable mais que le nombre de joueurs est en déclin. Et ce sont souvent les mêmes, observent-ils. 

«Il y a peu de relève», indique M. Gendron, qui travaille depuis plus de 30 ans au club de Louiseville.

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