Les Roses: rouler sur la route de la remise en forme

Les deux organisatrices du Défi des Roses du... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Les deux organisatrices du Défi des Roses du parc national de la Mauricie, Chantal Guimont et Marie-Josée Gervais.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Elles étaient près de 250 Roses, samedi, sur la route sinueuse du parc national de la Mauricie. Chacune enfourchant la selle étroite d'un vélo, elles étaient tantôt poussées par le désir du dépassement, tantôt motivées par le long et cahoteux chemin qui mène vers une remise en forme physique. Toutes, cependant, partageaient cet esprit de corps qui, depuis quatre ans, nourrit l'Équipe féminine du parc national et dont les membres se surnomment affectueusement les Roses.

Prémisse au grand Défi du parc qui aura lieu à l'automne prochain, les Roses étaient accompagnées pour l'occasion de leur conjoint, leurs enfants, leurs amies et leurs voisines. Beaucoup de monde sur la route, en somme. Un cortège de femmes âgées en moyenne de 45 ans, parmi lesquelles une petite poignée d'athlètes seulement. Autant de Roses qui, depuis plusieurs mois, se préparent à vivre une aventure de taille: 105 kilomètres de vélo sur un trajet où se dressent 44 côtes comme autant de murs et plus de 1800 mètres de dénivellation. Ouf!

Aucune athlète, ou presque, patientait sur la ligne de départ. L'objectif de ces femmes était bien plus simple (et plus compliqué à la fois) qu'une balade de vélo, soit (ré)intégrer l'activité physique dans leur vie quotidienne. Le Défi des Roses leur propose, sur une base annuelle, un programme d'entraînement structuré où, semaine après semaine, les minutes d'activité physique s'additionnent jusqu'à l'ultime départ à l'automne prochain. Rencontres mensuelles, page Facebook, présence de mentors, tout a été mis en place pour permettre aux femmes de coincer l'activité physique dans des cases horaires parfois saturées d'obligations.

«Le Défi est un processus de mise en forme. On veut amener les filles à être capables de faire le grand Défi en septembre. On ne veut pas juste leur dire «on se revoit en septembre, faites ce que vous voulez entre les deux». On les accompagne tout au long de l'année. Neuf mois, un peu comme une grossesse, au cours desquels les filles suivent un programme spécifique», mentionne la coorganisatrice de l'événement, la Dre Chantal Guimont.

«L'objectif ce n'est pas de former des athlètes de niveau olympique. L'objectif c'est d'amener les filles à aimer l'activité physique, à trouver du temps dans leur horaire pour en faire. Certaines ont étudié, se sont mariées, ont eu des bébés, ont eu leur ménopause, il y a plein d'étapes dans la vie d'une femme où tu t'occupes des autres et où tu ne t'occupes pas de toi. Alors on leur dit: maintenant prend le temps de t'occuper de toi.»

Pour Caroline Rouillard, directrice de l'école secondaire du Rocher de Shawinigan, bouger n'était pas une priorité avant qu'elle s'inscrive au Défi des Roses. Tranquillement, cependant, bouger est devenu une habitude dont elle ne se passerait plus pour tout l'or du monde. Celle qui cumule autant de responsabilités professionnelles que familiales a même entraîné dans son sillon les autres membres de sa famille.

«Ce n'est pas toujours évident de mettre l'activité physique dans nos priorités. Il faut faire des choix. J'ai ma famille, mon fils, ma fille, mon travail. Avec le temps, je m'aperçois que c'est une priorité qui paye à long terme. Ce que j'aime c'est que nous avons intégré l'activité physique dans notre vie familiale. Mon chum est ici avec moi aujourd'hui», souligne Mme Rouillard. Et pour faire des choix, certes, il lui a fallu réécrire la liste de ses priorités, donc «tasser certaines choses et être plus efficace», quitte à retarder d'un jour les tâches... ménagères.

Selon Mme Rouillard, fondre l'activité physique dans une vie déjà remplie à pleine capacité, ce n'est pas ajouter un stress supplémentaire sur le lot. Au contraire. «On a parfois l'impression d'être super occupée tout le temps. Mais, en fait, à la longue ça fait du bien et ça devient facile à placer. Le sport devient vite inclus dans notre rythme de vie. Rapidement, on se dépasse, on s'accomplit et on est fière de soi, une fierté que l'on trouve en dehors de son travail ou de ses enfants.»

Un son de cloche similaire motive Caroline Leblanc, de Saint-Boniface. À ses yeux, l'activité physique est non seulement bénéfique pour sa santé physique, mais également pour son équilibre mental. À l'instar de ses comparses de selle, c'est le Défi des Roses qui lui a permis de retrouver un certain aplomb, voire une harmonie existentielle.

«On a tellement des vies de fou ces temps-ci, le travail, la famille, ça n'arrête pas. On met tout le temps le sport de côté en prétextant qu'on n'a pas le temps. Pourtant, pour notre santé mentale, on n'a pas le choix de bouger. On parle souvent d'hygiène de vie, bien manger, bien se reposer, méditer, mais le sport, si on n'en fait pas, on ne peut pas atteindre une forme d'équilibre physique et psychologique.»

Son acolyte de route, Danielle Proteau, en est à son troisième Défi des Roses. D'emblée, elle s'était inscrite pour se remettre en bonne forme à la suite d'une maladie. Aujourd'hui, elle privilégie l'esprit d'entraide et de groupe qui cimente les Roses entre elles. Arrivée en queue de peloton la première année, après six heures et cinquante-neuf minutes assise sur sa selle, les pieds engourdis sur les pédales, Mme Proteau tire dorénavant son énergie en dépensant... de l'énergie.

Rencontré dans le stationnement quelques minutes avant le départ, le maire de Shawinigan, Michel Angers, résume par un adage bien connu la pensée de bien des Roses présentes samedi: «Un esprit sain dans un corps sain», conclut-il avant d'enfoncer avec assurance sa chaussure dans un cale-pied.

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