1800 femmes qui courent

Mère et fille, Renée et Marie-Ève Plaisance ont... (Photo: Émilie O'Connor)

Agrandir

Mère et fille, Renée et Marie-Ève Plaisance ont couru ensemble dix kilomètres dans le cadre de la course Une fille qui court, jour de la fête des Mères.

Photo: Émilie O'Connor

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Marie-Ève Bergeron pesait 320 livres. Atteinte d'obésité morbide, elle n'aurait jamais pu espérer, même dans ses rêves les plus fous, courir sur une distance de 21 kilomètres. Et pourtant, c'est l'exploit qu'a réalisé la jeune femme en moins de deux heures et quinze minutes.

Atteinte d'obésité morbide il y a quelques années,... - image 1.0

Agrandir

Atteinte d'obésité morbide il y a quelques années, Marie-Ève Bergeron a relevé avec brio le défi du 21 kilomètres, parcourant cette distance en deux heures et quinze minutes, devançant ainsi l'objectif qu'elle s'était préalablement fixé.

Après avoir pris sa santé en main, après avoir suivi un entraînement intensif de boxe pendant trois ans et demi, après avoir perdu plus de 153 livres, Mme Bergeron a franchi la ligne d'arrivée du défi Une fille qui court, dimanche, à l'égal des 1850 autres participantes et des milliers de partisans venus pour les supporter.

Dès le dernier pas posé sur l'asphalte du parc Pie-XII de Trois-Rivières, aussitôt qu'on lui a remis autour du cou sa médaille de victoire personnelle, Mme Bergeron a fondu en larmes. Ainsi que ses proches, dont les yeux brillaient davantage de fierté que de tristesse. Car non seulement la jeune femme venait de repousser d'un cran ses limites, mais qui plus est, elle avait battu au chronomètre son objectif de parcourir 21 kilomètres, son «premier» 21 kilomètres, en deux heures et quarante-cinq minutes. Une petite demi-heure pour certain, mais une immense réussite pour elle.

«Pour moi, c'est une grande étape de franchie. C'est comme si à chacun des kilomètres que je courais, j'ôtais dix livres que j'avais perdues, dix livres que je mettais en arrière de moi. Je ne croyais pas que j'étais capable de le faire. En plus, j'ai dépassé mes objectifs! À la maison je ramène de la fierté et la solidarité de tous les membres de mon équipe de boxe de Saint-Tite qui sont venus me voir et m'encourager. Maintenant, c'est une nouvelle étape. Maintenant que je sais que je suis capable de faire ça, les défis vont s'enligner», assure Mme Bergeron dont le souffle, quelques secondes après sa course, était à peine haletant.

C'est pour des femmes comme Marie-Ève, et pour toutes les autres femmes, que le couple formé par Nathalie Sansfaçon et Hugo Gaillardetz a mis sur pied, l'an passé, le défi Une fille qui court. Un défi lancé comme un appel au dépassement de soi, certes, mais également un moment privilégié durant lequel les femmes ont l'occasion de prendre soin d'elles en suant sang et eau. En moins d'un an, les inscriptions ont plus que doublées.

«Le but de la course, c'est que les femmes se dépassent et qu'elles courent pour elles-mêmes. Cette course-là est vraiment faite pour les femmes», affirme sans ambages M. Gaillardetz, en assurant que les sommes amassées lors de l'événement sont par la suite redistribuées «à gauche et à droite» à divers organismes. «Nous ne sommes pas associé à un organisme en particulier. Si on organise cette course, c'est pour les 1850 femmes. La cause, notre cause, c'est la femme.»

Ce n'est donc pas un hasard si le circuit Une fille qui court s'est ouvert cette année le jour de la fête des Mères. «C'est beau de voir la grand-mère, la mère et la fille qui courent ensemble», ajoute l'organisateur. «Qu'elles finissent première ou 500e, les femmes sont là, elles sont contentes, elles sont fières, elles terminent toutes avec le sourire. C'est pour ça qu'à l'avenir, ce happening se tiendra toujours à la fête des Mères.»

Une occasion en or, en somme, pour que mère et fille s'encouragent mutuellement, malgré l'humidité, malgré les crampes aux jambes, malgré une douloureuse fasciite et une non moins encombrante périostite. Marie-Ève Plaisance et sa mère, Renée, l'ont bien compris. Toutes deux ont couru dix kilomètres côte à côte, la fille tirant tantôt sur sa mère, la mère poussant tantôt sur sa fille. Au final, mère et fille ont terminé en même temps, bras dessus, bras dessous.

«C'est un défi qu'on souhaitait relever ensemble, et en plus pendant la journée de la fête des Mères, alors c'est super!», lance Mme Plaisance sur la ligne d'arrivée. «On le fait pour être en forme, mais également pour la fierté de l'avoir fait les deux ensemble. Pour moi c'est important, d'autant plus aujourd'hui», enchaîne-t-elle. «Ma mère a été importante pour les deux derniers kilomètres parce que je souffrais le martyre. Je courais pour la suivre», renchérit la fille. «Les cinq premiers kilomètres, c'est elle qui m'a tirée, puis on s'est suivies, ensuite je l'ai tirée un peu. C'est l'avantage d'être deux», avoue la mère Plaisance avec une pointe d'humour.

«La symbolique de la fête des Mères est très forte. En tant que mère, on est le premier exemple pour nos enfants. Je pense qu'on s'en va vers un mouvement où les gens vont devoir se prendre en main très jeunes. Et les mamans sont les premières idoles de leurs enfants. Si on commence avec maman, on rejoint la fille, et parfois grand-maman décide de se joindre aussi. On touche donc à toute la famille. Quand mes enfants me voient partir pour l'entraînement et qu'ils me félicitent à mon retour, je sais que j'ai un impact positif sur eux. C'est vraiment ça l'esprit de cette course», conclut l'organisatrice Nathalie Sansfaçon.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer