Quand le trésor d'une vie ne peut attendre

Nancy Matteau avec ses enfants Alysson et Lily-Jade.... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Nancy Matteau avec ses enfants Alysson et Lily-Jade.

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Bécancour) Nancy Matteau de Bécancour n'a pas eu des grossesses, ni des accouchements comme les autres. Ses deux fillettes sont arrivées trop tôt, trop vite et trop petites. Et pourtant, elle se définit comme une maman comme les autres, trop souvent mère-poule, qui veut toujours donner son 200 % pour ses enfants et qui essaie de concilier travail et famille.

Avec deux enfants nés prématurément, la vie a... (PHOTO: STÉPHANE LESSARD) - image 1.0

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Avec deux enfants nés prématurément, la vie a pris un autre sens pour David Beauce et Nancy Matteau de Bécancour. On les voit sur la photo avec leurs deux fillettes, Alysson à gauche âgée de six ans, et Lily-Jade, à droite, âgée de trois ans et demi.

PHOTO: STÉPHANE LESSARD

La vie lui a réservé son lot d'obstacles, de stress et d'insécurité comparativement à la moyenne des mamans puisque ses deux enfants sont nés prématurément. Sa première fillette, Alysson est née à 25 semaines en 2008, la norme étant de 40 semaines. Elle ne pesait que 850 grammes. L'accouchement a pris tout le monde par surprise, même le personnel médical. «On m'avait prévenue qu'il y avait un risque que j'accouche prématurément, à 37 semaines peut-être, mais pas à ce point. Je suis allée au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières parce que je croyais avoir une pierre au rein tant j'avais mal au dos. En baissant ma petite culotte, les infirmières ont vu la tête du bébé qui sortait. Ça s'est passé tellement vite. En l'espace de quelques minutes, on emmenait mon enfant dans une autre salle. Je me rappelle que ça courait partout dans les corridors. Je trouvait ça terrible! C'est mon conjoint qui m'a informée que les médecins étaient en train de réanimer la petite», raconte-t-elle.

Dès lors, la vie a pris un tout autre sens pour le jeune couple de Bécancour. «Il a fallu apprendre à vivre au jour le jour avec Alysson», précise David Beauce. Non seulement la petite était-elle minuscule, mais elle a été brûlée au deuxième et troisième degré partout sur le ventre, le dos et les aines lors de son intubation par le nombril. Le produit désinfectant utilisé par personnel était en effet trop fort pour sa peau délicate. 

Alysson a ensuite été transportée par ambulance au CHUL à Québec. Les 48 premières heures ont été particulièrement à risque. «On ignorait alors si elle allait survivre. Si oui, il y avait un risque de séquelles comme des retards mentaux et des handicaps physiques», ajoutent les parents. 

Leur coeur bascule au fil des complications qui s'accumulent. «Il y a eu les brûlures. Par la suite, elle a eu des problèmes avec ses poumons qui n'étaient pas encore formés complètement, des problèmes avec son coeur et enfin avec ses yeux. Elle a dû avoir deux interventions chirurgicales dont une qui a endommagé une corde vocale. En fait, elle est restée 107 jours à l'hôpital», mentionnent-ils. 

La jeune maman doit non seulement faire un deuil de sa «bedaine» et d'un accouchement normal mais aussi des premiers câlins à prodiguer à son poupon. «Elle était dans un incubateur, branchée de partout. Au début, nous ne pouvions même pas la toucher, la prendre dans nos bras, la caresser parce que sa peau était trop fragile. Nous pouvions seulement déposer la main sur son corps et toucher très délicatement ses petites mains. Elle était tellement petite et fragile», précise Mme Matteau. 

Toutefois, même si la croissance d'Alysson n'était pas terminée encore, la jeune maman est catégorique: sa petite comprenait et la reconnaissait. «Au CHUL, on nous invitait à manifester notre présence en parlant au bébé. Et je peux vous dire que c'est vrai: à chaque fois que je partais par exemple, je lui disais que maman allait bientôt revenir. Et quand je revenais, je voyais dans ses yeux et son petit sourire qu'elle savait», raconte Mme Matteau en ayant peine à retenir ses larmes. 

Par la suite, le retour à la maison se fera accompagné d'un appareil à oxygène et d'un moniteur. La petite doit aussi être rencontrée régulièrement par une cohorte de spécialistes: infirmière, inhalothérapeute, médecins du CHUL, ergothérapeute, physiothérapeute et neuropsychologue.

Le temps a passé et les efforts des parents ont été payants. Leur bébé miraculé a maintenant six ans. Elle est petite pour son âge, porte des lunettes, doit compenser pour la perte d'une corde vocale mais elle n'a aucune autre séquelle physique ni mentale. 

Compte tenu du suivi médical dont il a bénéficié et de l'amour qu'il voue aux enfants, le couple a décidé d'avoir un second bébé. Lily-Jade est née à 34 semaines. Heureusement, on ne rapporte aucune complication hormis une jaunisse. Elle a maintenant trois ans et demi. 

À l'approche de la Fête des mères, Nancy Matteau réitère qu'elle est une mère comme les autres mais avoue que le lien avec ses enfants est tissé très, très serré vu les épreuves des dernières années. Son conjoint confirme qu'elle a même mis sa carrière en veilleuse (elle travaille 20 heures par semaine comme infirmière) pour être plus près des enfants. «Dans la vie, mes enfants et mon chum sont mes priorités. Les dernières années n'ont pas été faciles. Elles ont été épuisantes, stressantes. Encore aujourd'hui, ce n'est pas évident mais je suis contente de ce que j'ai fait. Il a fallu donner du temps mais les enfants sont corrects», a-t-elle conclu.

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