Fermeture de l'usine de Rivière-aux-Rats: «On veut arrêter une hémorragie»

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Produits forestiers Mauricie (PFM) à La Tuque a pris la décision de fermer l'usine de Rivière-aux-Rats pour une période indéterminée.

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Audrey Tremblay
Le Nouvelliste

(La Tuque) Les employés de l'usine de Rivière-aux-Rats sont sortis du travail, jeudi en fin de journée, sans savoir quand ils allaient y revenir à nouveau. Outre les 125 employés de l'usine, près de 175 travailleurs en forêt sont directement touchés par la décision prise par Produits forestiers Mauricie (PFM) à La Tuque de fermer l'usine pour une période indéterminée.

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Claude Dupuis, directeur général de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice, actionnaire de Produits forestiers Mauricie avec PFR.

Photo: Le Nouvelliste

«Ce ne sont pas des bonnes nouvelles, mais les gens ont été professionnels dans les circonstances et il n'y a rien à redire. [...] On accompagne les travailleurs là-dedans. On ne lésine pas sur le soutien pour nos travailleurs affectés par ça. On met tous les efforts nécessaires», a souligné Karl Blackburn, directeur principal, affaires publiques et relations gouvernementales chez Produits forestiers Résolu (PFR).

Il ne restera qu'une poignée de travailleurs à l'usine principalement pour garder les lieux, jusqu'à la reprise des activités. 

 «C'est le marché, et quelques éléments, qui vont dicter la suite. On se croise les doigts et on espère que l'usine va redémarrer le plus tôt possible», a lancé Claude Dupuis, directeur général de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice, actionnaire de Produits forestiers Mauricie avec PFR.

Ce dernier a confirmé que l'ambiance n'était pas à la fête durant les derniers jours, et ce pour tous les gens touchés de près ou de loin.

«L'ambiance est macabre, c'est certain que personne ne veut aller au chômage. Peut-être pas macabre, mais il faut dire que les gens ne sautent pas très haut. Tout le monde se croise les doigts pour qu'on redémarre cette usine-là le plus tôt possible, et c'est autant au niveau des employés, des cadres que des deux actionnaires. On ne ferme pas cette usine-là de gaieté de coeur, on veut arrêter une hémorragie au niveau des pertes de l'usine», a ajouté M. Dupuis.

D'ailleurs, la fermeture a eu lieu une journée plus tôt à la demande du syndicat des travailleurs qui sentait que les employés avaient la tête ailleurs.

«C'était censé être vendredi (hier), par contre, j'ai demandé à l'employeur de devancer d'une journée en reportant un congé férié. On sentait que les travailleurs n'étaient pas tout à fait là. Quand tu sais que tu t'en vas vers une fermeture indéterminée, tu n'as pas vraiment la tête au travail. [...] Ce n'est pas la première secousse qu'on a à Rivière-aux-Rats. Ça devient fatigant pour les travailleurs», a confirmé Herman Martel, président du syndicat.

Ce dernier a affirmé que le syndicat allait travailler fort pour trouver une solution et amener l'employeur vers une réouverture.

«Le signal que la compagnie me donne, c'est que le marché va décider. Quand le marché va être meilleur, on va recommencer, mais on ne s'arrête pas à ça. Syndicalement, on essaie de mettre des choses en place, de brasser des idées pour trouver une manière de forcer la réouverture», a-t-il confirmé.

Si certains employés avancent qu'il s'agit d'une stratégie de négociations, l'employeur a réitéré qu'il s'agissait d'un problème de marché. Le syndicat, quant à lui, va garder l'oeil ouvert.

«L'employeur nous dit que ce n'est pas ça, mais présentement on ne sait pas si c'est ça ou non. Par contre, si ça devient une stratégie de négociation, on ne négociera pas les portes fermées, il va falloir qu'il ouvre pour négocier. Mais ce que l'on nous dit, c'est qu'il s'agit d'un problème de marché», a mentionné M. Martel.

Le maire de La Tuque craint pour sa part les impacts économiques pour la ville et pour la région, mais il reste toutefois confiant vis-à-vis la reprise des opérations.

«Ce sont de bons salaires, alors c'est certain que ça va avoir un impact majeur pour la région. Il faut faire avec, mais on va essayer de se relever de ce coup-là. [...] C'est très triste et je sympathise avec les employés qui sont mis à pied. Ce n'est pas évident, ce sont quand même des employés qui ont fait des sacrifices et ils se retrouvent devant rien pour le moment», a affirmé Normand Beaudoin.

Investissements

Cette fermeture en vigueur à la scierie de Rivière-aux-Rats survient alors que PFM avait en tête un projet d'investissement majeur qui devait permettre la consolidation de 90 emplois en forêt et la création de 40 nouveaux postes par l'ajout d'une troisième faction à l'usine. Évidemment, le projet a été mis sur la glace.

«Le projet est arrêté pour le moment, mais on espère que tous les arbres vont se réaligner, parce qu'il y avait beaucoup de travail de fait là-dedans et il y avait un volume proposé par le ministre, alors on espère redémarrer tout ça dans un avenir très proche», a lancé Claude Dupuis. 

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