Relève agricole: «C'est le coeur même des régions»

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Selon la présidente de la Fédération de la relève agricole du Québec en Mauricie, Marie-Christine Brière, la relève agricole est le coeur des régions.

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Anne-Sophie St-Gelais-Nash
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La relève agricole est une grande préoccupation dans toutes les régions du Québec. Les défis sont grands. La disparition de nombreuses fermes, l'accaparement des terres par des groupes d'investisseurs et l'incapacité pour plusieurs jeunes de réaliser leur rêve en s'établissant sur une ferme ont provoqué récemment un débat en commission parlementaire à l'Assemblée nationale. Des recommandations sont attendues sous peu. Le Nouvelliste et les cinq autres quotidiens du Groupe Capitales Médias publient aujourd'hui un dossier sur toute cette question.

La relève pour les entreprises agricoles de la région est bel et bien présente, mais l'incertitude que laisse planer le gouvernement pourrait rendre l'accessibilité de plus en plus difficile aux jeunes qui souhaitent s'établir dans le domaine de l'agriculture.

Selon une étude menée par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation à l'automne 2011, c'est au Québec que la proportion de la relève des entreprises agricoles est la plus élevée avec 22 %, suivi de l'Ontario et des provinces des Prairies, chacune avec 16 %. Parmi ce nombre de jeunes agriculteurs établis dans la province, 3 % se trouve en Mauricie.

«La relève est présente, il y a beaucoup de jeunes et aussi beaucoup de démarrage d'entreprises. En Mauricie, on est assez créatif puisqu'on touche à plusieurs domaines différents. C'est la continuité des entreprises de la Mauricie. C'est le coeur même des régions», indique la présidente de la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ) pour la Mauricie, Marie-Christine Brière.

Avec les nombreux changements de gouvernements et les nouvelles mesures instaurées par celui présentement en place, la relève agricole est en période d'incertitude. «Le gouvernement joue un rôle important, mais en ce moment, il n'est pas positif avec la relève. Aujourd'hui, il y a beaucoup de propriétaires de plus de 55 ans. On risque de perdre environ 250 entreprises s'il n'y a pas de relève», mentionne Mme Brière.

En plus du phénomène d'accaparement des terres et la grande valeur des terrains, l'abolition des forums jeunesse figure parmi les mesures qui affectent grandement l'avenir de la relève alors qu'ils offraient un appui important aux jeunes sur les territoires du Québec. Selon la présidente de la FRAQ, il est «plus difficile pour les jeunes de s'établir ou de partir une entreprise dans ce climat d'incertitude.»

L'avenir du plan de développement de l'agriculture et de l'agroalimentaire de la Mauricie (PDAAM), une entente spécifique lancée en 2011 entre la CRÉ et d'autres organisations incluant notamment l'Union des producteurs agricoles du Québec (UPA) et les CLD de la région, est aussi remis en question. «On ne sait pas trop ce qui va advenir de l'entente, on est un peu dans l'incertitude pour les actions à prendre», signale Marie-Christine Brière. Le PDAAM offrait des fonds de 1,91 million de dollars jusqu'en 2015 afin de soutenir la réalisation de projets.

Selon une jeune agricultrice, Florence Lefebvre St-Arnaud, il en revient au gouvernement de prendre ses responsabilités. «Le gouvernement devrait favoriser le développement des entreprises. Si son intérêt ne se concrétise pas et ne se manifeste pas plus, les conséquences pourraient être tristes», considère-t-elle.

Transfert non familial

Un autre facteur pourrait influencer l'avenir de la relève agricole: le statut de transfert non familial. En 2011, les établissements en agriculture dans la région de la Mauricie comptent 65 % de transferts familiaux, 24 % de démarrages d'entreprises et seulement 11 % de transferts non familiaux.

«S'il n'y a pas de parents pour faire le transfert non familial, les gens sont moins à l'aise de transférer», explique Mme Brière. Selon elle, il manque de moyens pour préparer le transfert des entreprises. «La relève est là, mais il y a de l'éducation à faire sur le sujet avec les personnes qui vont vendre dans les prochaines années», observe-t-elle.

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