Le journal de rue La Galère se restructure

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Devant la chute jusqu'à zéro du financement accordé par le gouvernement fédéral pour son journal de rue La Galère, l'organisme Point de Rue a dû abolir le poste de rédacteur en chef de la publication le 1er avril dernier. Refusant de voir mourir le journal, le directeur général de Point de Rue Philippe Malchelosse a imaginé un concept de «comité de soutien» pour en assurer la survie.

À sa création en 2002, le journal de rue La Galère a bénéficié d'un financement de 150 000 $ du programme de lutte à l'itinérance. Puis la contribution fédérale annuelle a dégringolé de 89 000 $ en 2007, à 67 000 $ en 2011, 47 500 $ en 2014 et 9950 $ en 2015, pour complètement disparaître en 2016. C'est que la Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance, un programme qui finançait des projets comme La Galère, a réorienté ses priorités pour favoriser l'approche du logement d'abord.

«Je ne surprendrai personne en disant que le gouvernement fédéral actuel n'est pas très emballé par des projets comme des journaux de rue...», observe M. Malchelosse en mesurant ses paroles. Pour son organisme, le directeur général de Point de Rue peut demander le financement pour quatre postes.

Considérant les orientations du gouvernement fédéral, il n'a pas pris le risque de se faire refuser un poste de rédacteur en chef pour le journal de rue; il a plutôt formulé des demandes pour quatre postes d'intervenants psychosociaux appelés à agir en centre de jour et en accompagnement.

Philippe Malchelosse devait donc chercher d'autres sources de financement pour La Galère, en refusant de se tourner vers le recours à la publicité. «Je veux que ça demeure un journal pour les gens de la rue par les gens de la rue. Pour moi, La Galère c'est un média alternatif, mais c'est aussi une ressource et un outil en santé et services sociaux», indique-t-il.

«Dans le contexte de restrictions, on se fait dire qu'il faut trouver comment faire plus avec moins. Mais ce n'est même plus ça l'enjeu. On est rendus à trouver comment faire autrement. Il faut faire preuve d'innovation et de créativité. C'est ultra important dans le domaine de la santé et des services sociaux», ajoute-t-il.

Philippe Malchelosse a libéré un intervenant de Point de Rue quelques heures par semaine pour coordonner les actions du journal et a créé un «comité de soutien» à la suite d'un appel à la solidarité auprès de partenaires de la région oeuvrant en travail de rue. Des représentants de Centretien de Nicolet, du Refuge La Piaule de Drummondville, du Centre le Havre de Trois-Rivières et de Sidaction siègent sur le comité de rédaction avec M. Malchelosse et un infographiste.

«La Galère, c'est une voix pour les sans-voix. C'est un moyen d'expression. Un jeune révolté par la société qui fait des graffitis, son message ne sera pas bien reçu. Mais si on lui fournit des moyens socialement acceptables de communiquer, son message sera mieux reçu», illustre le directeur de Point de Rue en rappelant que les habiletés communicationnelles acquises pour contribuer à La Galère pourront être transposées dans d'autres aspects de la vie de la personne marginalisée.

Point de Rue a comme mission de répondre à l'urgence sociale auprès de gens qui sont, justement, en situation de rupture sociale. Un autre volet de son action touche le concept de la quête de sens, qui passe entre autres par des plateaux de travail et le journal La Galère. Les ateliers de création de vitraux avec Jean Beaulieu comptent parmi les réalisations inscrites dans ce volet qui, souhaitent les intervenants, permet aux jeunes de retrouver leur dignité.

«La Galère, c'est un laboratoire pour pratiquer ses habiletés sociales», conclut le directeur de Point de Rue, qui refuse de se laisser décourager par le climat morose.

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