Les enseignants du Cégep forcés d'abandonner la grève

Plusieurs actions de contestation des mesures d'austérité du... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Plusieurs actions de contestation des mesures d'austérité du gouvernement libéral auront lieu dans la région à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Une vaste journée de contestation populaire est à prévoir ce vendredi au Québec, comme dans la région, à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs. Les enseignants du Cégep de Trois-Rivières devaient tenir une grève sociale d'une journée pour dénoncer les mesures d'austérité, mais devant le jugement de la Commission des relations du travail (CRT) qui bloque ce débrayage, ceux-ci sont contraints d'abdiquer.

Le jugement de la CRT concerne près de 10 000 enseignants du collégial répartis dans une trentaine de cégeps de la province. La CRT ordonne aux syndicats de «prendre toutes les mesures» pour que leurs membres soient au travail comme prévu. Si les enseignants ne respectent pas cette décision, de fortes amendes peuvent être imposées.

Réunis en assemblée générale hier soir, les enseignants du Cégep de Trois-Rivières ont décidé d'abandonner la grève sociale. Les activités d'enseignement auront donc lieu comme prévu aujourd'hui. Le syndicat tiendra toutefois au cégep entre 11 h 35 et 12 h 10 une activité de sensibilisation.

La secrétaire générale de l'Association générale des étudiants du Cégep de Trois-Rivières, Raphaelle De La Durantaye Guillard, affirme que les coupes se font sentir ces dernières années, notamment en ce qui concerne les services aux étudiants. Par exemple, l'association ne sait pas si la sexologue du collège, dont le salaire est payé en partie par l'AGE, sera de retour l'an prochain. De plus, la fermeture de l'observatoire est dénoncée par les étudiants. L'association avait même contribué financièrement l'an dernier afin de maintenir en vie l'observatoire.

Bien que les professeurs du Collège Shawinigan n'ont pas emboîté le pas de le grève sociale, les trois syndicats du collège tiendront de 11 h 45 à 13 h un «tailgate austère» pour dénoncer les mesures d'austérité. Le président du syndicat des professeurs, Luc Vandal, indique que les services aux étudiants font les frais des coupes budgétaires.

D'ailleurs, le conseil d'administration du Collège a adopté lors de sa dernière séance une résolution qui dénonce la nouvelle compression récurrente imposée par Québec. Le Collège fait face à une nouvelle coupe de 466 100 $, qui s'ajoute aux coupes de 1,65 million $ imposées depuis 2011. Le directeur général du Collège, Guy Dumais, avoue que «cette nouvelle compression oblige le collège à faire un exercice de réduction des dépenses qui est sans précédent et cela engendrera une diminution de certains services».  

Une grande manifestation régionale

En fin de journée, une «Grande manifestation régionale» est organisée dans le centre-ville de Trois-Rivières. Le rassemblement est prévu pour 16 h au parc Champlain. «Rigueur budgétaire et austérité obligent, cette journée se tiendra sous le thème de la lutte contre l'austérité et pour la survie du communautaire. Apportez vos pancartes, votre colère et votre sourire», peut-on lire sur la page Facebook de l'événement.

Les groupes communautaires veulent aussi se faire entendre. À Trois-Rivières, le Carrefour d'aide aux non-syndiqués (CANOS) et le Mouvement Action-Chômage Trois-Rivières participeront à plusieurs actions. Ces organismes dénoncent l'augmentation insuffisante, selon eux, du salaire minimum - celui-ci passe aujourd'hui à 10,55 $ - et indiquent que les femmes sont les principales victimes des mesures d'austérité, car elles représentent près de 61 % des personnes au salaire minimum.

Réunis au sein de la Coalition Main rouge, une centaine de groupes sociaux de la région, dont la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie, «ont appelé à une journée de grève, d'actions, de mobilisations sociales et de perturbations économiques».

De son côté, le Regroupement des organismes d'éducation populaire autonome de la Mauricie tient à dénoncer «les injustices vécues par les travailleuses et les travailleurs». Le Regroupement rappelle que, selon Statistique Canada, une hausse de 2 % des prestataires d'assurance-emploi réguliers a été notée en février dernier. En ce sens, l'organisme soutient que les nouveaux emplois créés ces dernières années ont un caractère plus précaire que les emplois perdus, entraînant de l'incertitude économique et psychologique auprès des travailleurs.

Des manifestations sont également prévues dans le milieu de la santé. Plusieurs membres du Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes, infirmières auxiliaires du Coeur-du-Québec (SIIIACQ) prendront part à des activités de contestation un peu partout dans la région. «Depuis un an, non seulement le gouvernement Couillard s'acharne à démolir les services publics, mais il menace de manière méprisante et insidieuse les acquis des travailleurs», dénonce Andrée Guillemette, présidente du SIIIACQ.

Le mouvement d'opposition rejoint également La Tuque. Une marche contre l'austérité partira du Centre de santé et des services sociaux (CSSS) du Haut-Saint-Maurice à 16 h. Pour l'occasion, les travailleurs du CSSS porteront des chandails noirs. Cette manifestation s'adresse à l'ensemble de la population et des organismes communautaires du Haut-Saint-Maurice.

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