L'UQTR a déjà payé plus de 2 millions $ pour la collection Robert-Lionel-Séguin

Ce marche-à-terre trônant dans le hall du Musée... (Photo: archives Le Nouvelliste)

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Ce marche-à-terre trônant dans le hall du Musée québécois de culture populaire fait partie de la collection Robert-Lionel-Séguin.

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les négociations entre l'Université du Québec à Trois-Rivières et le Musée québécois de culture populaire concernant la cession de la collection Robert-Lionel-Séguin mettent en scène une autre partie, soit la veuve du collectionneur. Un contrat signé le 1er avril 1983 garantit à Huguette Servant le versement d'une somme de 65 000 $ par année jusqu'à concurrence de 2 795 000 $. Âgée de 86 ans, Mme Servant a reçu à ce jour plus de 2 millions $ de l'UQTR.

Robert-Lionel Séguin est décédé en 1982. L'UQTR a acquis une grande partie de sa collection d'artefacts témoignant de la culture matérielle québécoise en 1983, en établissant un contrat avec Huguette Servant. Le document décrivant les conditions et obligations de l'université en matière de conservation, d'aménagement, d'amélioration, de gestion, d'utilisation et de promotion de la collection, stipulait aussi l'obligation pour l'Université de verser les 65 000 $ annuels à Mme Servant de son vivant, plus une somme de 150 000 $ payable à sa succession lors de son décès.

En 1991, la gestion de la collection a été confiée au Musée des arts et traditions populaires, aujourd'hui le Musée québécois de culture populaire. Une entente entre le Musée et l'Université a pris fin en 2001, puis fut renouvelée jusqu'en 2003. Depuis, aucun contrat formel ne dicte les conditions de gestion et de conservation de la collection par le Musée, et la direction de celui-ci souhaite que l'Université la reprenne si elle ne consent pas à lui verser une compensation pour les coûts de sa gestion.

L'UQTR offre pour sa part de céder la collection au Musée, mais refuse d'accorder toute compensation financière. Le 15 mars dernier, le Musée envoyait une facture de 24 132,67 $ à l'UQTR pour couvrir «les frais mensuels de gestion de la collection Robert-Lionel-Séguin pour le mois de mars 2015». Cette somme était aussi réclamée pour les quatre mois précédents, pour un solde total de 123 598,08 $.

Dans une lettre adressée au président du conseil d'administration du Musée Jean Asselin le 27 mars 2015, la vice-rectrice à l'administration et aux finances de l'UQTR Johanne Giguère confirme le refus de payer cette somme et rappelle que «dès l'automne 2014, vous [le Musée] nous avez indiqué que si nous ne vous dégageons pas de toutes les responsabilités en lien avec le contrat qui nous lie avec Mme Servant, vous n'êtes pas intéressé par la collection».

Mme Giguère précise que l'Université est en négociation depuis l'automne 2014 avec Mme Servant.

«Nous avons toujours et encore des obligations financières et de conservation concernant la collection qui ne font pas partie de notre mission. Nous souhaitons donc obtenir un règlement final et définitif de ces obligations qui engagent l'UQTR afin de répondre à vos exigences dans l'hypothèse d'un transfert de la collection au Musée», écrit aussi Mme Giguère.

Le président du conseil d'administration de l'UQTR Yves Tousignant confirmait lundi que des négociations sont toujours en cours avec Mme Servant pour modifier le contrat, dans le contexte des discussions avec le Musée.

«Le contexte a évolué depuis 1983... Des discussions sont en cours pour favoriser une entente avec le Musée. Nous voulons respecter l'entente avec Mme Servant», affirme M. Tousignant, questionné sur le maintien de l'octroi des 65 000 $ à Huguette Servant.

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