Conversion à la biomasse: «Un modèle en agriculture»

Le président des Entreprises Claudelaine, Jean-Claude Parr.... (Photo: Marc Rochette)

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Le président des Entreprises Claudelaine, Jean-Claude Parr.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Remplacer chaque année 415 000 litres de propane et 1400 litres de mazout par de la biomasse forestière industrielle pour le système de chauffage: voilà le tour de force que vient de réaliser Les Entreprises Claudelaine, de Bécancour, au coût de 1,8 million de dollars.

«Notre seul but, c'est d'avoir le coût de production le plus bas en cas d'épreuve», a indiqué le président, Jean-Claude Parr. «On ne sait pas c'est quoi l'avenir», a renchéri son fils Stéphane.

Au chapitre des coûts, on évalue à 80 % les économies d'énergie qui pourront être réalisées par l'entreprise familiale. Celle-ci pourra aussi approvisionner en énergie deux fermes voisines.

«C'est un projet novateur et un modèle de développement durable pour l'agriculture», a lancé Laurie-Anne Matte, chargée de projet chez MCI ingénierie, une firme qui a réalisé 15 projets en chauffage à la biomasse depuis 2010. Selon l'ingénieure jr., en plus des impacts économiques, l'initiative permet d'éliminer les risques d'incendie et, du même coup, de diminuer les primes d'assurance. C'est sans compter les économies au niveau de la surveillance et de l'entretien.

Donc, l'objectif du projet était d'éliminer la totalité du propane pour le chauffage des bâtiments et le séchage des grains. Le site Claudelaine et le site voisin comprennent six poulaillers, un centre de séchage de grains et trois garages.

En plus d'améliorer le bilan carbone, cette conversion à la biomasse réduira de manière substantielle les émissions de gaz à effet de serre de la ferme, soit 640 tonnes par année, ce qui est l'équivalent de 190 voitures de classe moyenne de moins sur les routes.

«Ce sont de 900 à 1000 tonnes de résidus de bois de construction, de rénovation et de démolition et de biomasse forestière résiduelle qui sont détournés des sites d'enfouissement», a souligné Mme Matte.

Lors de la conférence de presse qui a réuni de nombreux dignitaires et plusieurs agriculteurs, on a souligné la contribution du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques qui a consenti une aide de 800 000 dollars pour la réalisation du projet et l'implication du député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.

Celui-ci est intervenu auprès du gouvernement pour s'assurer que le soutien financier soit finalement au rendez-vous alors qu'à un certain moment donné, «il n'y avait plus d'argent dans les coffres», et ce, après que le promoteur eut pourtant été admis au programme et réalisé son projet.

«C'est un beau modèle de développement. Il y a beaucoup d'agriculteurs qui ont de l'intérêt pour ça et il faut les considérer comme des entrepreneurs», a commenté M. Martel.

Finalement, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a salué l'esprit d'avant-gardisme de la famille Parr et leurs deux grandes qualités, soit l'énergie et la simplicité.

«On parle beaucoup d'entrepreneuriat, mais on ne parle pas assez souvent d'agriculture alors que 90 % de l'occupation de notre territoire est agricole et 20 % des taxes provient de l'agriculture», a conclu celui qui accueille favorablement tout projet en développement durable.

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