Les beaux jours des oies blanches

Chaque année, elles sont quelques milliers d'oies blanches... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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Chaque année, elles sont quelques milliers d'oies blanches à se reposer dans la cour arrière de l'agriculteur Michel Guevin.

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Baie-du-Febvre) Elles seront près de 500 000 à venir casser la croûte sur les berges du lac Saint-Pierre jusqu'à la mi-mai, pour le plus grand bonheur des milliers de personnes qui se déplacent et s'émerveillent de leur arrivée. Dimanche, les champs étaientnoirs d'oies blanches qui se pavanaient sous les puissantes lentilles des ornithologues amateurs venus d'un peu partout au Québecpour croquer sur le vif un portrait animalier digne d'une carte postale.

Directrice du Centre d'interprétation de Baie-du-Febvre, Julie Pellerin voit décoller tous les matins des nuées d'oies blanches. Vers 5 h 30, le spectacle est saisissant.

Dès le lever du soleil, les oiseaux migrateurs battent des ailes pour gagner l'intérieur des terres, où elles se gavent des racines des plantes et des grains de maïs tombés lors de la récolte précédente. La plupart reviennent seulement au couchant.

En période de grand achalandage, soit jusqu'au week-end prochain, elles seront près de 250 000 simultanément. Durant la saison de migration, plus d'un demi-million de volatiles se poseront tour à tour sous les fenêtres de son bureau.

Cette année, la saison des oies blanches s'est envolée un peu plus tard en raison du printemps tardif et de la persistance d'une épaisse couche de neige.

«Les champs se sont dégelés plus tard, ce qui a retardé l'arrivée des oies. Les oies marchent avec la nature. Elles savent si la neige est fondue ou non, entre autres grâce aux courants des vents. Si le vent vient du nord, elles savent que ce n'est pas le bon courant d'air et que les sites ne seront pas propices. Si le vent vient du sud,premièrement elles peuvent remonter sans faire d'effort de la Caroline et, généralement,c'est un courant propice», explique Mme Pellerin.

Certaines «téméraires», parties des Grands Lacs dès le mois de mars, ont fait des allers-retours quotidiens jusqu'à Baie-du-Febvre, la plus importantehalte migratoire en Amérique du Nord, pour constater de visuoù en était rendue la fonte des neiges.

Une oie blanche peut parcourir plus de 1000 kilomètres chaque jour, avec des pointes pouvant atteindre jusqu'à 90 kilomètres à l'heure, à plus de 1000 mètres d'altitude.

Leur migration prend fin en Arctique, après un périple de plus de 5000 kilomètres.

Si l'oie blanche, aussi nommée la grande oie des neiges, vient dormir à Baie-du-Febvre, c'est en raison de la présence d'eau dans les champs, une bordure de terre de six kilomètres qu'on appelle la plaine inondable.

D'ailleurs, des digues ont été aménagées autour des champs pour retenir l'eau qui, à la mi-mai, sera pompée vers le lac Saint-Pierre.

L'agriculteur Michel Guevin, qui habite en bordure de la route 132 et qui accueille dans sa cour, à quelques mètres de sa maison, des milliers de volatiles, pourra alors semer ses cultures.

«À vue d'oeil, je trouve qu'il y a plus d'oies que les autres années. Pour mes champs, ça ne change rien. Ils vont partir le pompage au mois de mai, l'eau baissera et je vais pouvoir semer.»

Effet inhérent d'une publicité diffusée sur un site Internet rédigé en mandarin, la communauté asiatique de Montréal s'est déplacée en grand nombre cette année pour saluer au passage cet oiseau également prisé pour son duvet et pour sa chair, semble-t-il excellente en fondue chinoise.

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