Yvon Carignan veut reprendre son «château fort»

Yvon Carignan estime que ses chances de reprendre... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Yvon Carignan estime que ses chances de reprendre la barre de la maison de thérapie qu'il a fondée il y a 25 ans sont «en béton».

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Yvon Carignan n'a pas dit son dernier mot. Le fondateur du centre de thérapie en dépendances, remercié de ses services en décembre 2014 après une longue saga médiatique, ne désespère pas de se rasseoir bientôt sur le siège de la direction générale qu'il a occupé pendant 25 ans. En septembre prochain, M. Carignan plaidera sa cause devant un juge de la Commission des normes du travail (CNT) pour invalider son licenciement qu'il juge non justifié.

Selon M. Carignan, trois plaintes ont été retenues par le tribunal de la CNT, soit une plainte pécuniaire d'une valeur de 16 307,72$, une «plainte pour une pratique interdite», ainsi que «des plaintes pour un congédiement fait sans une cause juste et suffisante». Rappelons que le conseil d'administration de l'organisme, présidé par Rosaire Hébert, avait éconduit la tête dirigeante de l'organisation à la suite d'une enquête administrative menée par la firme Deloitte et dont les conclusions révélaient «une gestion hautement déficiente» et des «pratiques administratives incompatibles» avec sa responsabilité de directeur général.

Nonobstant la kyrielle de reproches alors formulés à son corps défendant, M. Carignan n'en démord pas: il prévoit son retour dès septembre. «C'est sûr qu'eux ne veulent plus que j'y retourne. Ils ne sont pas intéressés à me revoir, mais moi je veux y retourner. C'est moi qui va décider quand je quitterai la maison que j'ai fondée. Je vais reprendre la direction», assure-t-il avec aplomb. «D'ici le mois de septembre, c'est réglé. À la CNT, j'ai un dossier que je calcule béton», croit le principal intéressé qui, lors des instances, sera représenté par un avocat.

M. Carignan espère que plusieurs zones d'ombre seront mises en lumière lors de son passage à la barre de la CNT. Entre autres, il ne comprend toujours pas pourquoi on lui a versé pendant 10 mois un plein salaire avant de le congédier. Qui plus est, il estime étrange que le conseil d'administration ait nommé un remplaçant à la direction générale alors qu'il était toujours salarié, une irrégularité qui, souhaite-t-il, plaidera en sa faveur. «Tu ne peux pas te débarrasser d'un gars comme ça, surtout lorsqu'il est fondateur de l'organisme», ajoute M. Carignan.

Toujours en contact avec des travailleurs qui oeuvrent au sein de la maison de thérapie, M. Carignan dit avoir eu vent que le changement de direction a entraîné dans son souffle une refonte de la philosophie d'intervention. Déjà, il table sur un plan d'action qu'il mettra en branle lorsqu'il reprendra les fortifications du «château fort» Carignan. «Moi, je ne travaille pas pour de l'argent. Quand je vais y retourner, je vais m'arranger pour médiatiser la mission à la planche pour qu'on en parle en bien. Je vais également recréer tous les ponts qu'on avait développés avec les organismes communautaires», mentionne-t-il.

Sur le plan personnel, Yvon Carignan ne nourrit pas de regrets amers à la suite du traitement qui lui a été réservé. Hésitant sur le mot à employer pour décrire son état d'esprit, il préfère répéter ad nauseam que jamais il ne baissera les bras. «Je ne sais même pas quel terme utiliser. J'ai l'impression d'avoir été la victime d'un geste diabolique. Aujourd'hui, je suis très posé, je ne suis pas en colère. Mais quand on m'écrase, au lieu de prendre la forme du coin, je me redresse comme un chêne. J'ai repris l'entraînement physique, je fais ce que j'ai à faire. Je suis très encouragé, d'autant plus que je suis sûr de gagner ma cause. Ça me donne du gaz», estime-t-il.

Bien qu'il avoue être peu renseigné sur les démarches entreprises à la CNT, le directeur général de la Maison Carignan, Alain Poitras, constate qu'il y a belle lurette que le centre de thérapie ne s'est pas aussi bien porté. À son avis, «la tempête est finie.» Même si son organisation doit faire les frais des mesures d'austérité du gouvernement du Québec, M. Poitras souligne que «ça n'a jamais été aussi bien que ça.»

«On a eu des félicitations du ministère de la Santé, on a regagné la confiance de toutes les instances, des services correctionnels, etc. On a gagné nos lettres de noblesse. Il a fallu qu'on travaille fort, mais là ça va numéro un, c'est excellent.» Quant à la possibilité que M. Carignan reprenne le gouvernail de l'organisme, M. Poitras ne s'en inquiète pas outre mesure. «Ça me surprendrait énormément. On ne met pas un directeur général et fondateur dehors pour le fun», laisse-t-il tomber.

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