Marie-Sol St-Onge offre une toile à ceux qui l'ont soignée

Marie-Sol Saint-Onge et son conjoint Alin Robert sont... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Marie-Sol Saint-Onge et son conjoint Alin Robert sont allés rencontrer les membres du personnel des soins intensifs pour les remercier et leur remettre une toile.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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(TROIS-RIVIÈRES) Il y a de ces endroits qui sont tellement chargés de souvenirs difficiles qu'il est extrêmement pénible d'y retourner. Pour Marie-Sol Saint-Onge et son conjoint Alin Robert, l'unité des soins intensifs du centre hospitalier de Trois-Rivières est un de ces endroits. Ce lieu est synonyme pour eux d'angoisse intense, de bactérie mangeuse de chair, mais aussi d'espoir et d'entraide. Mercredi, Marie-Sol et son compagnon de tous les instants sont allés à la rencontre des professionnels des soins intensifs. L'artiste tenait à leur offrir toute sa reconnaissance pour leur immense dévouement en leur offrant une toile.

En 2012, la bactérie mangeuse de chair s'est attaquée à Marie-Sol Saint-Onge, une artiste peintre professionnelle de la région et mère de deux jeunes garçons. La bactérie l'a terrassée et conduite à l'unité des soins intensifs. Durant 48 heures, Marie-Sol oscillait entre la vie et la mort, tant sa condition était préoccupante. Pour limiter la propagation de la bactérie, les médecins n'ont eu d'autre choix que de lui amputer les quatre membres. L'artiste perdait ainsi ses outils de création, mais nullement sa grande force.

Depuis, Marie-Sol Saint-Onge a entrepris l'ascension d'une gigantesque montagne. Après des efforts colossaux en réhabilitation, la jeune femme a appris à marcher avec ses prothèses et manipuler des objets fins grâce à ses deux mains robotisées. Ces nouvelles mains lui ont permis de reprendre la peinture et de poursuivre les activités de son entreprise, Les Illusarts.

C'est donc accompagnée de son amoureux que Marie-Sol est retournée pour la première fois rencontrer les professionnels qui ont pris soin d'elle, il y a maintenant trois ans. «Ça fait longtemps que je voulais revenir. J'espérais toujours en croiser certaines, ce que j'ai fait au salon du livre ou au parc. Chaque fois, j'étais contente. Mais de venir aux soins intensifs pour leur dire merci, ça prend un courage... que je ne trouvais pas encore», avoue-t-elle.

Marie-Sol a offert une toile aux membres du personnel des soins intensifs afin de leur manifester toute sa gratitude. Nommée L'éveil, cette toile représente une fleur soutenue par un tuteur entourée de papillons en plein vol. Cette toile sera affichée dans la salle d'attente des soins intensifs afin qu'elle puisse, on le souhaite, apporter du réconfort et de l'espoir aux proches des patients hospitalisés.

«J'ai peint cette toile en pensant à l'hôpital, autant aux patients qu'au personnel. Et vraiment tout le personnel, allant de ceux de l'entretien ménager, les préposés, les médecins, les infirmières et même les petites madames de la cafétéria. Tout le monde a été tellement gentil et important dans ma guérison», explique l'artiste.

«Revenir et offrir une toile, c'est pour moi beaucoup d'émotions. Je souhaite que ça donne espoir aussi aux proches des patients. Alin a passé tellement de temps dans la salle d'attente. Il sait ce que c'est de regarder toujours les mêmes enseignes. Je souhaite que les gens voient avec cette toile que c'est possible de pouvoir s'en sortir.»

Visiblement très inconfortable de retourner à l'unité des soins intensifs, Alin Robert avoue avoir passé à cet endroit des jours d'angoisse terrible, sans connaître le sort qui attendait sa conjointe.

Une vingtaine d'infirmières et d'infirmiers sont venus à la rencontre de Marie-Sol. Tous étaient heureux de la voir en si bonne forme avec son grand sourire contagieux. Certains avaient même les larmes aux yeux, tant ils avaient été touchés par les épreuves qu'elle a dû traverser. Ces professionnels savent à quel point l'artiste peintre a dû se battre pour survivre.

L'infirmière Josée Loranger était parmi les professionnels qui se sont occupés de Marie-Sol lors de son séjour au soins intensifs. «Nous avons toujours une inquiétude et nous sommes attachées à ces patients. Elle est jeune et elle a des enfants. Ça nous touche, car nous aussi nous sommes jeunes et avons des enfants», souligne l'infirmière. «Elle est handicapée de ces mains, mais elle réussit encore à peindre mieux que nous qui avons tous nos morceaux. La revoir et recevoir une toile de sa part, c'est véritablement notre paye.»

L'artiste a dû depuis ses amputations adapter sa technique et composer avec ses membres robotisés.

«Au début le trait bougeait, mais j'ai décidé de le laisser aller et qu'il bouge plus pour que ça amène une personnalité et un caractère que je n'avais pas avant», explique Marie-Sol Saint-Onge. «Aujourd'hui, je suis capable de faire des lignes un peu comme avant, mais je laisse mon trait s'exprimer pour qu'il parle plus.»

La vie d'Alin Robert et de Marie-Sol Saint-Onge a repris un cours normal ou presque. Les parents des deux jeunes garçons assisteront à chaque match de soccer de leurs fils cet été. «J'ai même repris une équipe cette année», précise Alin Robert, pour démontrer que le quotidien a repris sa place, pour le mieux.

Un documentaire sur Marie-Sol

Marie-Sol Saint-Onge est allée à la rencontre des professionnels qui l'ont soignée à l'unité des soins intensifs dans le cadre d'un documentaire de 60 minutes qui traite de son épreuve, mais surtout comment l'artiste a pu se relever. Lors de son passage au centre hospitalier de Trois-Rivières, Marie-Sol était donc suivie par une équipe de tournage. Le documentaire est réalisé par Iprod médias, la boîte de production d'Isabelle Maréchal. Le documentaire sera présenté l'automne prochain sur les ondes de Canal Vie.

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