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Forcé d'abandonner la prière, le maire de Louiseville veut combattre le niqab et la burka

Yvon Deshaies va respecter la décision du plus... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Yvon Deshaies va respecter la décision du plus haut tribunal du pays et abandonner la prière.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Louiseville) «Maintenant, au Québec, on n'est plus chez nous. Le niqab et la burka, j'espère qu'il n'y en aura pas. Il faut combattre le niqab et la burka.»

Après avoir souhaité le retour de la peine de mort au Canada pour des crimes particuliers il y a quelques mois à peine, voilà qu'Yvon Deshaies pense à prendre le bâton du pèlerin pour convaincre les Québécois de la nécessité d'interdire le port de ces deux signes religieux.

Le maire de Louiseville réagit ainsi après avoir appris la décision de la Cour suprême du Canada qui interdit à la Ville de Saguenay de réciter une prière lors des séances du conseil municipal. Fervent catholique, M. Deshaies tenait à conserver la prière aux séances du conseil louisevillois. Il assure qu'il va respecter la décision du plus haut tribunal du pays.

«Le jugement est rendu et je vais m'y plier. À partir de la prochaine séance du conseil, c'est fini, la prière. Je ne dépenserai pas l'argent des citoyens pour ça. Je ne suis pas heureux de la décision, mais le dossier est réglé. Maintenant, il faut que les Québécois se tiennent debout et disent: ça fait. Tantôt, nos Québécoises vont se promener avec le niqab. Dans les années à venir, il y aura des soirées sociales où on va obliger le port du niqab. Je le prévois. Nos jeunes vont vouloir aller à ces soirées, car leurs amis seront là, et les jeunes devront porter le voile. Ça va commencer comme ça. On va se faire envahir et on ne sera plus chez nous. On s'en va vers ça si on laisse aller les choses.»

M. Deshaies revient sur un récent jugement de la Cour fédérale qui permet le port du niqab durant la prestation du serment de citoyenneté canadienne. Voilà une autre preuve, soutient-il, qui devrait inciter les citoyens à se manifester.

«Faire assermenter comme citoyens canadiens des gens voilés, ça commence à me fatiguer. On m'enlève la prière (au conseil municipal). Les gens de l'extérieur doivent vivre comme nous», lance M. Deshaies, qui a pigé dans son compte de banque personnel pour envoyer un chèque de 50 $ à la Ville de Saguenay dans son combat pour le maintien de la prière à l'hôtel de ville.

À Trois-Rivières, le retrait de la prière aux séances du conseil date de septembre 2010. Yves Lévesque avoue ne pas avoir été surpris par la décision de la Cour suprême.

«Je m'attendais à ce résultat, car on est dans une société dite laïque, sans religion dans les espaces publics. À Trois-Rivières, on est allé aussi loin qu'on pouvait pour défendre cette tradition sans dépenser l'argent des contribuables. Il faut choisir ses batailles et celle-là était perdue d'avance», estime le maire de Trois-Rivières.

Trois-Rivières n'a pas mis d'argent dans la défense de cette tradition devant les tribunaux, mais la Ville a consacré plus de 10 000 $ pour faire face aux doléances de Louise Hubert. Cette citoyenne avait porté plainte à la Commission des droits de la personne afin d'exiger que l'institution municipale se dissocie de tout signe ou de toute référence religieux. Les sommes versées par la Ville ne concernaient que la consultation d'avocats afin de savoir de quelle façon elle devait agir dans ce dossier.

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