Soeur Béatrice Naud souffle 110 chandelles!

Soeur Béatrice Naud, née le 7 avril 1905... (Photo: Sylvain Mayer)

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Soeur Béatrice Naud, née le 7 avril 1905 à Saint-Adelphe, a vu couler bien de l'eau sous les ponts de l'histoire.

Photo: Sylvain Mayer

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Elle est née le 7 avril 1905 à Saint-Adelphe. À l'époque, l'humanité n'avait encore connu aucune grande guerre mondiale, la Saskatchewan et l'Alberta n'avaient pas encore le statut de provinces canadiennes, l'Afghanistan venait à peine de recevoir son indépendance et la Russie était plongée dans le bain d'une révolution populaire. Cent dix ans plus tard, soeur Béatrice Naud, toujours vive, alerte et lucide, nous recevait dans sa petite chambre lumineuse des Filles de Jésus à Trois-Rivières.

Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis la naissance de soeur Béatrice. Sous ses yeux, plusieurs chapitres de l'histoire récente se sont écrits. Toujours aujourd'hui, elle regarde le monde à travers des yeux brillants d'amour pour la vie et de passion pour Jésus-Christ.

Soeur Béatrice marche dans les pas de la religion depuis plus de 90 ans, une foi qui nourrit son optimisme inébranlable. Cette attitude positive teinte le secret de sa longévité: vivre et laisser vivre, mais surtout ne pas s'en faire avec les petits aléas qui parsèment le chemin du quotidien.

«Mon secret c'est d'accepter au jour le jour ce qui arrive de beau, de bien, de moins beau, de moins bien, mais de l'accepter avec amour. L'amour, c'est ça le secret. Au fond, tout revient à ça. Au fond, notre vie, c'est une vie donnée, c'est une vie partagée, c'est une vie qui ne nous appartient pas. On appartient au Bon Dieu alors, que voulez-vous de meilleur et de mieux? Je me laisse aller entre les mains du Seigneur, c'est lui qui trace mon chemin. Entre ses mains, on est dans le bon chemin», mentionne la religieuse d'une voix franche et pleine de reconnaissance pour son Créateur.

Lorsqu'on lui demande ce que l'avenir lui réserve, Mme Naud éclate d'un grand rire. «Vous savez, l'avenir est très proche pour moi. Je pense beaucoup à l'au-delà, je ne peux pas faire autrement, même si parfois j'oublie mon âge. Moi, je regarde l'avenir avec confiance. Le Bon Dieu s'est toujours occupé de moi, pensez-vous qu'Il va changer de bord? Le Seigneur m'a créée, ce n'est pas pour rien. Le Seigneur m'a gardée, ce n'est pas pour rien. Il me garde encore, ce n'est pas pour rien. Quand j'irai avec Lui, un jour, je serai au top», illustre soeur Béatrice avec un accent de jeunesse.

Son regard teinté d'une éclatante intelligence et d'une sensibilité indéniable a vu évoluer la société, parfois pour le mieux, parfois pour le pire. «La société a changé comme le jour et la nuit», lance-t-elle sans hésiter après un long soupir. Même si elle avoue ne pas avoir lu tous les chapitres de l'histoire, étant pensionnaire dans un couvent, soeur Béatrice souligne avec un brin de tristesse que «bien des choses se sont passées et dont je n'ai pas eu connaissance», entre autres la grippe espagnole qui a bien failli l'emporter dans la tombe. «Bien des gens mourraient à l'entour de moi. C'était quelque chose, ça. Ce n'était pas rigolo», se rappelle soeur Béatrice. «Mais on a passé à travers», ajoute-t-elle aussitôt.

Tous les jours, la supercentenaire sort de sa chambre, assiste aux célébrations de la congrégation religieuse et, sur le chemin du retour, fait un petit détour vers la cour où elle discute et chante avec «son petit oiseau, son ami, son copain. Elle lui compose une nouvelle chanson chaque jour», mentionne soeur Thérèse Masson. «Soeur Béatrice aime beaucoup le chant, elle compose très bien, et la musique, et pour le théâtre. Elle a même écrit des pièces.» Femme de théâtre, donc, la fêtée n'en démord pas: c'est l'amour qu'elle porte envers les petites et les grandes choses de l'existence qui lui a permis de franchir un siècle et des poussières.

Lorsqu'on lui souhaite longue vie, soeur Béatrice s'empresse de conclure à brûle-pourpoint: «On en a déjà fait un bon bout!», s'exclame celle qui pourrait bien être la doyenne du Québec.

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