«Brûlons les planches» atteint les coeurs

Les artistes du spectacle Brûlons les planches se... (PHOTO: ÉMILIE O

Agrandir

Les artistes du spectacle Brûlons les planches se sont succédé, vendredi soir, sur la scène de la salle Anaïs-Allard-Rousseau.

PHOTO: ÉMILIE O"CONNOR

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Deux semaines. C'est le court laps de temps dont ont bénéficié les organisateurs pour mettre sur pied un spectacle de haut calibre réunissant une bonne part du milieu artistique trifluvien, tantôt assis sur scène, tantôt assis dans la salle Anaïs-Allard-Rousseau. Les profits tirés des 130 billets vendus 20 $ pièce allégeront le fardeau financier et moral des sinistrés de la rue Sainte-Angèle qui ont vu leurs biens s'en aller en fumée le 19 mars dernier.

«Brûlons les planches», ont scandé les artistes invités, rappelant non sans humour le nom donné à ce spectacle monté au pied levé et présenté sans répétition générale sous la baguette du coordonnateur artistique Jacques Crête.

«Dans un élan de coeur, les artistes ont répondu positivement à notre appel très rapidement. C'est pour nous un grand bonheur. Les gens ont embarqué là-dedans, y allant à fond de train, acceptant de venir jouer gratuitement», souligne Luc Martel, président du Théâtre des gens de la place. Déjà le lendemain de l'incendie, alors même que les cendres fumaient encore, une quinzaine d'étoiles régionales avaient confirmé leur présence sur les planches. 

Ce spectacle aura probablement été l'un des moins onéreux à produire de l'histoire de Trois-Rivières. Tout compté, c'est 260 $.

«La Corporation de développement culturel de Trois-Rivières nous a prêté la salle à un coût préférentiel. À cela s'ajoute le salaire de deux portiers. Deux cent soixante dollars, c'est la totalité des dépenses, les techniciens acceptant de travailler bénévolement», signale M. Martel. Le salaire généralement alloué à ces techniciens a été versé à la cagnotte de la soirée.

Même les artistes sur scène - et les journalistes dans la salle - ont dû débourser 20 $ pour se procurer un billet. Un élan de générosité artistique, en somme, prolongeant le mouvement de générosité citoyenne qui avait permis d'amasser meubles et vêtements pour épauler ceux qui avaient tout perdu dans l'incendie.

«Il y a seulement quatre billets de faveur, donnés aux sinistrés et à leur compagne», indique M. Martel.

Si l'on dit parfois que le milieu artistique est pauvre financièrement, on pourra dès lors affirmer sans conteste que sa richesse se trouve ailleurs.

«Je ne suis pas surpris de cette solidarité», estime M. Martel. «J'ai toujours pensé qu'il y avait une belle générosité dans le milieu artistique trifluvien, mais qu'elle soit exprimée de façon aussi intense, c'est vraiment agréable à voir.»

Une intensité que l'homme de théâtre, Jacques Crête, souhaiterait revoir naître chaque année, au profit d'une cause sociale ciblée.

«J'ai constaté une certaine fraternité entre les artistes. On est tous des artistes, personne n'est riche dans la gang, alors pourquoi ne pas faire front commun», croit M. Crête.

«Qu'on arrête de séparer le milieu artistique. Je peux comprendre si on vit à New York ou à Paris, mais là on est à Trois-Rivières. Cette solidarité artistique est une bonne leçon à retenir. C'est malheureux, mais il fallait qu'un malheur arrive pour voir ça. Maintenant, il faut que ça reste. Une fois tous les ans, par exemple, les artistes pourraient se réunir bénévolement pour une cause», lance M. Crête.

Une idée qui n'est pas sans déplaire à Martin Bergeron, l'un des sinistrés, qui évolue dans le milieu théâtral trifluvien depuis plus de vingt ans.

«Ça serait génial. Il faut redonner au suivant. Je serais même prêt à organiser le prochain spectacle!»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer