«Les travailleurs ne sont pas du bétail»

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Des employés du CSSS de Trois-Rivières manifestaient, mercredi, pour marquer l'entrée en vigueur du projet de loi 10. Plusieurs autres manifestations du genre avaient lieu devant d'autres établissements de santé de la région

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La grogne est loin de s'essouffler dans le milieu de la santé au lendemain de l'entrée en vigueur du projet de loi 10. Les manifestations se sont en effet poursuivies, mercredi, partout en région,  en cette première journée de «nouveau régime» dans le secteur de la santé et des services sociaux.

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La CSN avait adopté un thème mortuaire pour ses manifestations tenues à Shawinigan, au CSSS de l'Énergie (photo) et à Louiseville, au CSSS de Maskinongé.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Sur l'heure du dîner, des travailleurs de plusieurs établissements de la santé et des services sociaux sont sortis manifester, dont une trentaine du défunt Centre de santé et de services sociaux de Trois-Rivières, membres du SQEES-FTQ. Ils soulignaient ainsi l'entrée en vigueur du projet de loi 10 qui force la fusion des établissements de santé en Mauricie et au Centre-du-Québec. Les manifestants disaient aussi lancer un message à la nouvelle direction qui entamait son mandat, mercredi.

«Nous avons choisi de faire carrière dans le réseau de la santé et des services sociaux parce que nous voulons aider et soigner des gens. La réforme qui débute aujourd'hui obligera tout le monde à investir des niveaux considérables d'énergie et de temps dans la réforme et les coupures, plutôt que pour la population et les malades, a dénoncé Rosaire Hamelin, président du Syndicat du personnel auxiliaire, paratechnique et des métiers. Ce n'est pas notre choix, on nous impose cette réforme et les coupures qui viennent avec. On sort à peine de la réforme de 2005, et tout est à recommencer.» 

Le président du syndicat a aussi voulu lancer un avertissement aux nouveaux dirigeants du CIUSSS qui entraient en poste mercredi: «Vous n'arriverez nulle part en méprisant et en bousculant le personnel. On n'impose pas des changements aussi grands sans mobiliser les gens et expliquer nos gestes. La nouvelle réforme éloigne les directions du terrain: vous auriez tout intérêt à venir passer quelques jours directement dans les différents services et unités de soins pour comprendre notre quotidien et constater notre dévouement», a plaidé M. Hamelin.

Par ailleurs, plusieurs employés se plaindraient déjà de changements dans leurs conditions de travail. Les porte-parole syndicaux ont donné comme exemple des changements apportés aux journées de congé, des quarts de travail déplacés et une certaine rigidité dans la gestion de la liste de rappel et du choix des vacances du personnel. «Les travailleuses et les travailleurs que nous représentons ne sont pas du bétail. On demande un peu plus de respect», a conclu le porte-parole syndical.

De son côté, la CSN posait des actions symboliques devant les CSSS de Maskinongé et de l'Énergie et ce autant pour marquer l'entrée en vigueur du projet de loi 10 que pour protester contre ce que la centrale appelle «les offres méprisantes du gouvernement» dans le cadre de la négociation. Des couronnes mortuaires ont été déposées devant quelques établissements.

Claude Audy, vice-président régional de la FSSS-CSN, a rappelé que le projet de loi 10 menant à la création «de structures mammouths» a été adopté sous le bâillon par les libéraux avec pour conséquence de concentrer tous les pouvoirs entre les mains du ministre de la Santé.

«L'objectif de ce gouvernement est clair: il veut affaiblir le réseau public de santé. Il n'a pas hésité une seconde à bafouer notre démocratie pour y parvenir. Le projet de loi entre en vigueur aujourd'hui (hier) ce qui annonce la mort des agences de santé et de services sociaux et la fin de l'autonomie de nos établissements. Nous le dénonçons encore une fois par des actions qui se mènent simultanément partout au Québec.»

M. Audy ajoute craindre que le réseau, qui peine déjà à mettre en application cette loi,  soit aux prises avec des changements administratifs pendant des mois encore. Il prédit aussi que les récentes demandes du gouvernement, incluant le gel de salaire et une augmentation de l'âge d'admissibilité à  la retraite, auront pour effet de nuire au réseau quant à l'attraction et la rétention de la main-d'oeuvre. «Et c'est sans compter les compressions budgétaires de plusieurs millions qui atteignent directement les services à la population. Nous devons absolument poursuivre les actions pour défendre nos services publics», a-t-il conclu.

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