Déglaçage: deux résidences touchées par un début d'incendie

C'est ce tuyau qui a vraisemblablement surchauffé....

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C'est ce tuyau qui a vraisemblablement surchauffé.

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(Trois-Rivières) La crise des conduites d'eau gelée est somme toute terminée alors qu'il n'y a plus de résidence sur la liste d'attente à Trois-Rivières. Si certains citoyens ont été privés d'eau pendant plusieurs jours, d'autres ont connu des problématiques plus graves alors qu'ils auraient été victimes d'un début d'incendie à la suite d'une opération de déglaçage, et ce, malgré les propos rassurants de la Ville qui a toujours affirmé que la machine à impulsion électrique qu'elle utilise est sécuritaire.

Germain Rouleau a dû ouvrir le mur pour... - image 1.0

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Germain Rouleau a dû ouvrir le mur pour constater les dégâts et procéder au nettoyage et aux réparations nécessaires.

Ce fut le cas le 17 mars pour des résidents de la rue Saint-Olivier, ainsi que possiblement le 7 mars, sur la rue Mgr-Cloutier, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. Si la Ville admet ses torts pour le cas de la rue Saint-Olivier, c'est tout le contraire pour ce qui est du début d'incendie sur la rue Mgr-Cloutier. «Sur la rue Saint-Olivier, on reconnaît que c'est nous. Ça a causé certains dommages, mais on a dit tout de suite à la personne de remplir les papiers nécessaires, et on va payer les réparations», mentionne Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières. C'est le panneau électrique qui a été affecté, selon la Ville. De la fumée en sortait.

Pour ce qui est de la rue Mgr-Cloutier après avoir mentionné qu'aucune opération de déglaçage n'avait eu lieu à cet endroit le 7 mars, la Ville s'est ravisée en mentionnant qu'une équipe de cols bleus s'était bel et bien rendue sur les lieux, mais qu'elle n'avait pas pu faire le travail. «La machine n'est pas partie. La journée du 7 mars, il n'y a pas eu de travail qui a été effectué. On ne peut pas avoir mis le feu si la machine n'est pas partie», affirme M. Toutant.

Pourtant, le propriétaire de la résidence, Germain Rouleau, est persuadé que c'est l'opération de déglaçage qui est en cause. En après-midi, il a quitté son domicile. Des cols bleus étaient sur place pour dégeler la conduite de son voisin d'en face. Ils se sont branchés à la valve de M. Rouleau pour faire passer le courant. En quittant, il a demandé aux cols bleus s'il y avait un quelconque danger. On lui a répondu qu'il pouvait partir l'esprit tranquille. De retour, trois heures plus tard, il a eu tout un choc. «En rentrant dans la maison, c'était plein de boucane. Les alarmes incendie fonctionnaient à plein. Le sous-sol était rempli de boucane», raconte M. Rouleau. Pour ce qui est des travailleurs, ils n'étaient plus sur place. Ils n'avaient d'ailleurs pas réussi à dégeler la conduite du voisin.

Les pompiers sont évidemment venus sur les lieux. Ils se sont assurés que le feu ne couvait pas dans les murs. Il semble que l'entrée d'eau a surchauffé. La laine minérale était carbonisée tout comme la trappe donnant accès à la tuyauterie. «Le tuyau est venu tellement chaud que ça a pratiquement mis le feu à la laine et au bois autour. C'était tellement chaud que la poignée de plastique qui se trouvait sur le tuyau pour fermer l'eau a fondu», décrit M. Rouleau.

Le lundi suivant, il a contacté les travaux publics pour les aviser de la situation. On lui a simplement dit de remplir une réclamation. «J'espérais que quelqu'un vienne voir. C'est quand même dangereux. Je ne veux pas que ça se reproduise. Ils n'ont même pas pris mon nom ni mon adresse.» Une façon de faire qui l'a déçu grandement. «Ça m'a mis hors de moi. J'ai eu l'impression qu'on me disait: On s'en fout. Faites votre réclamation et sacrez-nous patience».»

La Ville réitère que l'opération de déglaçage n'est pas en cause, selon elle, ce qui explique sa façon de faire. «On est convaincu que ce n'est pas nous. C'est pour ça qu'on a dit au monsieur de présenter une réclamation. Des gens vont l'analyser et lui donner une réponse», précise M. Toutant.

La compagnie d'assurance de M. Rouleau a fait venir une entreprise de nettoyage. Ils sont restés de trois à quatre jours. «Ils m'ont fait ouvrir le mur d'à peu près six pieds par six pieds pour enlever toute la laine. Ils sont venus décontaminer tout ça.» Les dommages s'élèvent à environ 2500 $. M. Rouleau réclame à la Ville seulement la franchise de l'assurance. À Trois-Rivières, différentes façons sont utilisées pour dégeler les conduites comme la vapeur et l'électricité. La Ville a toujours mentionné que la machine à impulsion électrique était sans danger en raison de la présence d'un dispositif de sécurité. Comment expliquer alors le problème sur la rue Saint-Olivier? «Une surutilisation, c'est l'explication qu'on m'a donnée. Après (l'incident sur la rue Saint-Olivier), on tentait de l'utiliser seulement en cas de nécessité importante. On essaie toutes les autres solutions avant», explique M. Toutant.

M. Rouleau n'est pas rassuré pour autant. «Moi, ce qui m'inquiète c'est qu'il y a un faux sentiment de sécurité dans la ville présentement. Il faudrait peut-être dire aux gens de rester sur place lorsqu'ils déglacent les conduites. Tu reviens de prendre un café et les trois détecteurs de fumée sur les trois étages crient et ta maison est remplie de boucane. Nous, on a eu peur.»

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