Une aidante naturelle lance un appel à la solidarité populaire

Manon Lupien espère qu'une âme charitable entendra son... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Manon Lupien espère qu'une âme charitable entendra son appel et qu'elle pourra ainsi prendre soin de Mélanie sans brûler la chandelle par les deux bouts. À l'arrière, Jessy, Mélanie, Réjean et Jade.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Manon Lupien est au bout du rouleau, bien qu'elle ne soit pas au bout de ses peines. Depuis un an et demi, non seulement la Trifluvienne doit se battre quotidiennement avec un budget qui fond comme peau de chagrin au même rythme qu'augmentent les besoins de sa famille, mais qui plus est elle voit partir à petit feu celle qu'elle regarde comme sa propre fille.

Depuis 25 ans, Mme Lupien s'occupe de Mélanie, une femme de 39 ans qui vit avec une anomalie chromosomique, ou trisomie 21, qui souffre d'épilepsie, de dysphasie et, la goutte qui fait déborder le vase, qui doit composer avec des crises de démence parfois très violentes et un Alzheimer naissant. Outre Mme Lupien et Mélanie, trois autres personnes complètent le tableau de la petite maisonnée, soit le frère de Mme Lupien, également atteint de trisomie 21, son fils de 13 ans et sa fille Jade.

«Je n'arrive plus, je ne dors plus, je vais tomber», résume celle qui lance un appel à la solidarité populaire pour lui venir en aide. Mme Lupien ne «demande pas grand-chose». Précisément, comme Mélanie doit désormais utiliser un fauteuil roulant, elle souhaiterait disposer d'un véhicule adapté afin de pouvoir se déplacer plus facilement avec toute sa famille. Sans quoi, elle est condamnée à la réclusion à l'intérieur de son appartement qui, lui aussi, ne répond plus aux besoins exponentiels de Mélanie.

«Je souffle, je souffle, parce que je n'ai presque pas d'aide du système», lance la femme au bord des larmes. «C'est un cri du coeur que je fais. J'ai pensé placer Mélanie, mais ça fait 25 ans que j'en ai la garde légale. Elle est comme mon enfant. Jamais je ne voudrais placer un de mes enfants parce qu'il est en fin de vie. C'est le cas de Mélanie. Dans mon coeur à moi, Mélanie, c'est comme ma propre fille. Elle occupe la même place que mes enfants biologiques.»

Avec ses revenus modestes provenant de l'aide sociale, Mme Lupien ne parvient tout simplement plus à répondre aux exigences financières de la vie. Tout au plus arrive-t-elle à mettre un peu de nourriture dans le réfrigérateur. Ainsi, abandonné le désir de son fils de 13 ans de faire du football, abandonnées les fournitures scolaires des enfants, abandonné même le désir d'une petite balade dans le quartier. «Ça fait un an et demi que je suis prisonnière de ma maison», indique-t-elle.

«Je n'ai pas été capable de payer une cenne noire de frais scolaires cette année. Ce sont les fondations des écoles qui ont payé. Tout l'argent que je suis capable de mettre de côté, c'est pour manger. En plus, Mélanie a tellement maigri dans les derniers mois qu'il faut que j'aille l'habiller, mais je n'ai pas les moyens. Mon garçon voulait s'inscrire au football à l'école, un compte de 700 $, mais j'ai pas d'argent pour ça. J'ai d'autres choses de plus urgentes à payer. On va manger avant de jouer au football», se désole-t-elle en s'inquiétant du peu de temps et d'énergie dont elle dispose pour prendre soin de son frère et de ses autres enfants, Mélanie l'accaparant quasiment 24 heures sur 24.

Cet été, Mme Lupien pourra profiter d'un petit répit de douze heures par semaine offert par le Centre de santé et de services sociaux de Trois-Rivières. Douze heures durant lesquelles elle reprendra son souffle. D'ici là, elle espère qu'une âme charitable allumera à nouveau la lumière au bout du tunnel en lui permettant d'acquérir ce véhicule tant espéré.

Plusieurs démarches ont été entreprises auprès de garages, de concessionnaires automobiles, d'amis et du député de Trois-Rivières. En vain, nonobstant l'appui moral du député de Trois-Rivières, où elle dit avoir reçu un accueil humain et réconfortant.

«J'ai cogné partout, mais sans succès. J'ai hâte que l'aide arrive, car je suis débordée», avoue-t-elle à bout de nerfs.

Les personnes qui souhaiteraient soutenir Mme Lupien et sa famille peuvent visiter le site Internet www.haricot.ca/project/une-fin-de-vie-pour-melanie, voire communiquer directement avec elle par courriel au manonjade@videotron.ca.

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