La perception de la vieillesse et le désir d'en finir

Marie-Michelle Lacerte, doctorante en neuropsychologie.... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Marie-Michelle Lacerte, doctorante en neuropsychologie.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Y a-t-il un lien entre les demandes d'euthanasie ou les refus de traitements et la perception qu'ont les gens de la vieillesse?

Cette question pour le moins délicate n'a jamais vraiment fait l'objet d'une étude scientifique, jusqu'à présent, mais elle est sur le point d'être approfondie par Marie-Michelle Lacerte, doctorante en neuropsychologie à l'Université du Québec à Trois-Rivières sous la direction de la professeure Sylvie Lapierre.

Cette étude pourrait d'ailleurs être reprise ailleurs dans le monde, par la suite, en collaboration avec l'UQTR, précise-t-elle, afin de voir si les résultats québécois seront les mêmes dans d'autres cultures où les personnes âgées sont plus valorisées qu'ici.

«Quand une personne se perçoit comme n'ayant plus d'utilité dans la société ou que la vieillesse est considérée comme quelque chose de négatif, qui n'apporte rien, est-ce que ça va faire en sorte qu'elle va demander plus d'abréger ses souffrances? Est-ce qu'elle va être plus portée à accepter l'euthanasie ou le suicide assisté?», demande-t-elle.

Il n'y a pas encore d'hypothèse de départ à ce sujet, précise Mme Lacerte. «On peut supposer quand même que si quelqu'un perçoit le vieillissement comme quelque chose de négatif, il va être plus enclin à faire des demandes d'euthanasie», dit-elle.

En fait, plusieurs éléments pourraient susciter une demande de fin de vie, notamment la souffrance physique, la dépression ou l'impression d'être un fardeau, fait-elle valoir.

Pour y voir plus clair, la chercheuse voudrait bénéficier de l'opinion de 200 personnes âgées de 65 ans et plus qui sont aptes à répondre à un questionnaire.

Ce que Marie-Michelle Lacerte vise, par cette recherche, c'est «d'améliorer les connaissances et pouvoir éventuellement développer des interventions appropriées», dit-elle. «En connaissant les craintes des personnes âgées par rapport à leur santé et à toutes les années au cours desquelles elles vont vivre ce vieillissement, on va pouvoir déterminer sur quel aspect vont travailler les intervenants, leur donner des pistes d'intervention et les outiller», explique Mme Lacerte.

Cette dernière estime que cette recherche arrive à point. En juin dernier, en effet, le Québec est devenu le premier endroit au Canada à autoriser l'aide médicale à mourir alors que les connaissances de ce phénomène ne sont pas légion.

Contrairement à certains pays européens, «on commence à peine à se questionner sur le sujet», indique la chercheuse.

Pour participer à l'enquête de Marie-Michelle Lacerte, il faut appeler Mme Lacerte au laboratoire de gérontologie de l'UQTR au 819-376-5090 et laisser son nom et numéro de téléphone en indiquant que c'est pour prendre part à la recherche de Mme Lacerte. «Je fournis les timbres, les enveloppes et tout», dit-elle «et tout se fait de façon confidentielle», précise-t-elle. Le questionnaire peut être rempli en 30 à 60 minutes, selon les personnes.

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